CHAPITRE XIV
assemblés en cetle Diète heureusement terminée', tant on notre nom que comme députés loyalement élus de nos frères absents, faisons savoir que le très puissant prince Gustave III, roi de Suède, des Goths et des Vandales, etc., notre très gracieux roi et seigneur, ayant trouve nécessaire, à l'occasion du décès du roi Adolphe-Frédéric, d'heureuse mémoire, roi de Suède, etc., de nous convoquer, le 13 juin de l'année dernière, en une assemblée générale avant la date fixée par la précédente Diète, nous, pour obéir aux ordres gracieux de Sa Majesté et pour, remplir le devoir de sujets, avons commencé, au nom du Tout-Puissant, une très longue Diète, qui s'est continuée jusqu'à ce que, par l'effet de la Providence divine et des démarches sages et courageuses de Sa Majesté, nous avons vu arriver l'heureux événement que souhaitaient la sollicitude et le zèle ardent d'un roi généreux pour un peuple chéri, et qui a été couronne par le renouvellement d'une forme de gouvernement revue , consentie et confirmée par serment. Cette nouvelle forme de gouvernement, avec l'aide de Dieu, préparera, sous un roi soumis aux lois, le bonheur et l'indépendance du royaume. assurera la liberté légitime des sujets, et contribuera à la prospérité publique et au maintien des droits et de la sécurité de tous. »
Le reces, composé de dix articles, continue en vantant les mérites, la bonté et la générosité du roi; puis il constate que « des usurpations avaient été faites sur la puissance royale, d'où il était résulté de nombreux désordres » . » Mettre lin à un tel état de choses, devait être l'œuvre de notre chéri, le magnanime Gustave 111, et ce sera sa gloire iinnu telle d'avoir, avec l'aide du Tout-Puissant, qui tient dans ses mains le sort des nations, par son intrépidité, son courage, non moins que par l'amour de la patrie de Leurs Altesses Royales les princes Charles et Frédéric-Adolphe, sauvé le royaume sur le penchant de sa ruine, et d'avoir lui-même brisé les chaînes qui accablaient des citoyens libres. »
Et, après ces extraordinaires flatteries, le recès des États
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se termine par cette conclusion, à peine croyable dans la bouche de députés qui viennent d'être écrasés par la force ■ « Les choses étant ainsi, la Suède a enfin un vrai roi sur le trône; et tous les habitants du royaume en peuvent laisser désormais, sans inquiétude, l'administration dans les mains d un monarque qui a à cœur de le gouverner et de le sauverqu. est souverain, non pour son avantage personnel, maii pour celui de ses sujets, et qu. met sa plus grande gloire à régner sur un peuple indépendant et à être le premier citoyen d'un pays libre. »
La formule servant à légitimer, au nom de la liberté 1 usurpation de la souveraineté n'était pas encore trouvée • on n avait point songé à asseoir sur le trône « la Révolution couronnée n .
La réponse de Gustave III fut ce qu'elle devait et pouvait être : un peu vague, mais élevée et ferme.
« En finissant cette Diète, dit-il, l'une des plus mémorables dont nos annales feront mention, je me sens pénétré de la plus vive reconnaissance envers la bonté du Très-Haut qui a daigne protéger d'une façon si admirable le royaume, et qui a dissipe s. visiblement les orages qui menaçaient d'une ruine totale la liberté de la patrie et des citoyens.
« Cette assemblée, commencée dans le deuil et les regrets les plus tendres pour la perte d'un bon roi et d'un père chéri a continué ses délibérations dans le feu de la discorde et de acharnement des partis. La Providence n'a paru vouloir laisser aller à leur comble tous les malheurs qui ont accablé nos ancêtres que pour nous faire mieux reconnaître sa main puissante dans le changement remarquable qui vient de s'accomplir.
« Cette heureuse révolution, ouvrage exclusif de l'Être toutpuissant, a fait disparaître tout d'un coup les maux qui depuis plus de cent ans, ébranlaient et minaient le royaume U un peuple divisé, elle a fait un peuple libre, fort, dévoué pour le véritable bien de la patrie. C'est dans cette situation