CHAPITRE XVII
strophe de César » n'est qu'un badinage d'esprit fort; niais ost-cc bien à un monarque à plaisanter en parlant de poignard et d'assassinat? Quelle étrange coïncidence! Précisément, en écrivant ces lignes, Frédéric, [à son insu, <i pronostiquait l'avenir « ! Nous n'allons pas jusqu'à dire qu'il lappclait de ses vœux.
Cette impératrice mal disposée et si défavorablement prévenue, n'y avait-il donc aucun moyen de la convaincre et de la désarmer? Dans ce but, Gustave III revient à l'idée qu'il avait naguère conçue de la visiter et de s'expliquer face à face avec elle.
Le l(j février, il fait appeler le comte de Vergennes et l'entretient derechef de son projet de voyage en Finlande et en Russie. Il n'en méconnaît ni les difficultés ni les dangers; non pas qu'il suppose que sa sûreté y serait menacée : «L'impératrice de Russie, suivant lui, se pique de générosité; elle ne voudrait attenter ni à sa liberté ni à sa personne.
« — Mais, lui demande l'ambassadeur, Votre Majesté a-t-elle quelque indice que sa présence soit désirée à Pétersbourg et qu'elle y sera agréable? — Pas le moindre, répond le roi.
« — Eh bien! supposons que l'impératrice Catherine la désire; que dira l'Europe de voir Votre Majesté tenter une pareille démarche sans aucun présage de réussite, bien plus avec la presque certitude d'un échec, après le refus qu'a exprimé cette princesse d'admettre votre ambassadeur? Qu'en penseront les Turcs? On ne manquera pas de leur représenter cette visite comme un hommage rendu à leur ennemie. Plus la chose est incroyable, plus facilement ils la croieront, et ils ne verront dans ce voyage que la défection des principes sur lesquels ils s'étaient flattés de baser leur alliance avec la Suède. Jusqu'alors ils s'étaient refusés à conclure la paix avec la tzarinc; peut-être s'y précipiteront-ils aussitôt. En tout cas, Votre Majesté peut être assurée de refroidir l'intérêt qu'elle avait commencé à leur inspirer.
« — Tout cela, assurément, mérite de sérieuses réflexions.
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