CHAPITRE XVII
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tiblc diplomate; car soudain son opinion à l'égard du souverain de la Suède redevient favorable et bienveillante.
« J'ai eu l'honneur, mande-t-il à Versailles le 12 mars, de conférer hier au soir avec le roi de Suède au sujet des nouvelles inquiétantes qui nous sont venues de Pétersbourg. Cet entretien a été extrêmement long, et je suis sorti pleinement satisfait de la fermeté et de la sagesse que j'ai remarquées dans ce prince. Sa Majesté Suédoise voit toute l'étendue du danger qui la menace; elle ne le brave point; elle ne s'en laissera pas ébranler; elle y opposera une résistance courageuse. Elle pourra succomber, niais elle s'ensevelira sous les ruines de son État plutôt que de consentir à rien qui pourrait donner atteinte à son indépendance et aux droits de sa couronne.
» Nous n'avons pu qu'ébaucher, dans cette première conversation, les mesures préparatoires qu'il est instant de prendre. Le roi de Suède les arrêtera définitivement dans un conseil privé qu'il a résolu de tenir le 15; il n'y admettra que les personnes dont il est indispensable qu'il prenne l'avis... Je dois revoir le roi après la tenue de ce conseil (1). »
La Suède se préparait donc à la guerre, et l'ambassadeur de France était encore une fois le confident du prince dans l'exécution des mesures de défense que nécessitaient les menaces de plus en plus accentuées de la Russie
(1) Archives du ministère des affaires étrangères, Suède, 1773, vol. 264.