‹ Le comte de VergennesChapitre 199 sur 237 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

tenir, dans la branche cadette, la descendance qui paraissait improbable cri ligne directe (I); car. ainsi que nous l'avons déjà dit, d'après M. de Vcrgennes, la cause de la stérilité prolongée de l'union royale ne faisait alors doute pour personne. L'ambassadeur écrit, à ce propos, au duc d'Aiguillon : « Il est heureux que le roi de Suède s'occupe de perpétuer sa maison. Il ne le peut pas lui-même, c'est une chose connue, et le prince Charles est en quelque sorte le seul des frères sur lequel on fonde une espérance à cet égard ; cependant, il est d'un tempérament très faible et presque aussi usé qu'on peut l'être à cinquante ans (2). »

De même il avait déjà dit en parlant du roi : » Né sans ces passions physiques qui donnent du ressort et de l'énergie à lame, le goût seul du travail et des affaires pourrait lui en tenir lieu et combler le vide qui l'environne. Mais ce goût n'est pas en lui ; son esprit, prompt à concevoir, ne s'arrête pas volontiers aux objets de détail; toute application suivie lui parait extrêmement pénible et presque insupportable (15). n

Quoi qu'on pense de la rumeur publique concernant le roi de Suède, dont l'ambassadeur de France se fait l'écho répété, ce prince devait, à cinq années de là (1778), avoir un fils, lequel, à l'âge de quatorze ans, après la mort de son père (1792) lui succédera sous le nom de Gustave IV. Il est vrai d'ajouter que la légitimité de cet héritier imprévu a été.

(1) L'année précédente, il avait été question île marier le prince Charles à la princesse l'hilippinc-Augusta du lirandeboui g-Schwcdl; le projet d'union avait été soumis aux Ktats de Suède, mais le Comité secret avait refusé son assentiment par ce motif ou plutôt ce prétexte « que la situation des finances du royaume ne permettait pas d'assigner au prince un traitement proportionné à son rang » .

(2) Dépêche du 18 février 1773. Archives du ministère des affaires étrangères, Suède, 1773, vol. 263. — Le prince Charles n'eut pas d'enfant. A la mort de son frère Gustave 111, il fut nommé tuteur de son neveu Gustave IV élevé au trône. Ce jeune prince ayant été renversé par une révolution en 1809, le duc de Sudermanie fut élu à sa place et devint roi de Suède à son tour sous le nom de Charles XIII. Ce fut lui qui adopta, en qualité de prince héritier de Suède, Hcrnadotte.

(3) Dépêche au duc d'Aiguillon du 3 février 1773. Archives du ministère des affaires étrangères, Suède, 1773, vol. 263.

par beaucoup d'écrivains, très sérieusement contestée (l) Une ,e g ende quelque peu scandaleuse, répandue partout n Europe, prétendait que Gustave III, 'uL^fiE

nX'e T r 6 T ^ ^"^ a " rait ° Sé **>*»™ 1 - ZZ t en eff t "m ""*«*> "" ^ ™ <*"™bellan.. On s"; uTs ' a Sa ' ^ T ° rCane ' - — ncement du

" e ; ; ul c : rrr é Munck ' qui ^-^^0*

âge, et qui contait volontiers à tous venants 1-, ™ aventure dont il se flatt.it k , romanesque

le héros (2) ' pr ° bablement à 'ort, d'avoir été

^puis qu'elle était revenue à de meilleurs sentiments a

donner le jour. " SerV ' r de P a ™ à >'«*«» «"quel elle allait

« Si le ciel daigne .n'accorder un fils leur dit il il monter après moi sur le trône de r . L ' '' sera dl fîne un jour de

n'oubliera ja ,„ais „ ue li n ^ Gl,stave W ^a et de Gustave Adolphe. 11

d'honorer un peupirL^sT" ^"Y 1 "" ™ de Suède est de chérir et cette couronne P S '' V ' ent J™ à 'oublier, qu'il perde à l'instant

de l^S^^brfSrX d U " £,S J6UX J0U " S ^ '•— «ne jeune et robuste pay annede Si ' T H' T""" 6 aU ^" e P ri " ce dois qui tint caché pendant In," 6 " e ^ *" bra ™ Sne-

Suède, pour le dérober a ^ D ou "^T G " StaVe WaSa - '* '"dateur de la rent au prince royal le Zfeux "T n r' 1 "" Ghr, ' St '' an - LeS ÉtatS d °»»tow * Gustave III.) * *" Gustave -Adolphe. . (P 0SSEI . T , «^

croîpo^ir: d.;;ilT::Za , u1 e i SUr & "*-°W»«. * de Heidenstam famille royal de Suède atteT ^T 7™* ^ ,CS archives d «= ■•

Selon cette JZmIT ÏllT^ "" f '' S V^^ ^ aurait bien joué un rô e ans siinvr 'iTn Uy6r ^ " der " ier P rin -, -ncedel'hinierde^o u " .7*"?' r" 3 "'' *" ' a ^ n'aurait été que secondaire ' ^ ^ d ètre P rin «"'P al . ° r °>e

« Le rôle de Muncl, dit \T J„ u ■ i

ce.uidmtermédiairetn teG^st e netirre' * ^.^ *~ T» qu'il a poussé son intervention i„ •„ » / j et d ""'«'"«»•• " est vrai

la part du roi, qui p u a ^ T ' * mteS . ,n ° UÏe8 ! e,,e dé ">°"^> de

impudeur pre le £ croyable , , ' "^ ™?« J™* * »- cynisme, à une etd'enflam P m erlroi ni du di inerir; 'i^f d ' end °— '* reine capacités, vaincre ses heZ ? r " de GuStaVe IH Sur ses P">P«.

nZ, le'condu ^ resÏued foL r C r'T r ' T **"- C ' fi " ale " )a nuit, à la chambre nup iale Ta ' . "» ^ " tremb ' ant ' ^ le S6Cret de » ai - Qu- ju ge d'à' ' eIa u" e .T" ^ """ "" ^ "*'

CHAPITIiK XIX.

l'égard du roi de Suède, Catherine II, par une de ces métamorphoses dont elle avait le secret, semblait tout spécialement s'intéresser à ce prince et à l'avenir de sa dynastie. Elle avait même prié le roi de Prusse de proposer de marier le duc de Sudermanie à la troisième tille du landgrave de Hesse- Darmsladt : offre que Gustave III dul immédiatement décliner dans une lettre empreinte de la plus respectueuse courtoisie, par ce motif qu'il projetait d'unir son frère Charles à l'une de ses cousines, la princesse Hedwige-Elisabeth-Gharlotte, fille du prince de Holslein-Eulin, évéque de Lubock.

Au reçu de cette communication, l'impératrice s'était empressée de répondre u de la manière la plus affectueuse » , témoignant au roi de Suède « une véritable sensibilité de la confiance qu il avait bien voulu lui marquer » . Elle ne cachait pas que c'était à son instigation que Frédéric II avait fait ci l'insinuation du mariage avec la princesse de Hesse-Darmstadt » ; elle expliquait qu'elle n'avait eu cette pensée que parce qu'elle supposait que le roi « n'avait encore aucune idée fixe pour établir le prince son frère n . Elle louait sincèrement le projet d'union avec la princesse de IIolstem-Eutin, " leur parente commune, qu'elle affectionnait beaucoup et au bonheur de laquelle elle ne s'intéressait pas moins qu'à celui de toute la maison de Holslein » . Enfin, elle félicitait le roi « d'une vue si propre à resserrer les liens de l'amitié et de la plus étroite union entre les branches de cette maison et, par là, de contribuer au maintien de la paix dans le Nord, que la Providence a mise entre leurs mains » .

Le prince de Holstein-Eutin, père de la fiancée du due de Sudermanie, était frère du feu roi Adolphe-Frédéric, auquel il avait succédé dans l'évéché de Lubeck, lorsque ce prince avait été élu en 1743 héritier du trône de Suède. Avec une réelle satisfaction, il avait fait savoir au roi son neveu n combien il était flatté de l'honneur que Sa Majesté Suédoise faisait à la princesse sa fille » , et heureux d'accorder son consentement au mariage projeté, « s'en rapportant à tout ce que le roi de Suède trouverait bon de faire » .

L'automne fut employé à préparer les bases de cette union pnncmre Le père de la future duchesse de Sud rn W

Tooïïr: T? ûon de constituer à - fiiie » *pp

12,000 ecus de Holstezn ; mais, par un louable désintéresse- «£ sous lequel néanmoins peree une nuance a peine Zmulee d orgued, Gustave III, trouvant le chiffre un peu *< mesquin „ , ne voulut point l'accepter, . tenant, dit-il à que son frère prît sa femme sans dot,,

M. de Vergennes avait pensé que l'époque de calme et -termede de manifestations joyeuses résultant de ee ma

::L p n°:; ai s e T aut r r à reprendre - *«*« * «^

t rance. S û n ava.t encore osé s'en entretenir avec le ministre des affa.es étrangères, i, en avait fait la confidence

orreZ:; ~"7. ^ " «™P"*«- -ime. Cette correspondance revela.t chez lui une telle lassitude et une si pemble melancohe, que la comtesse de Vergennes, prise d'une

cX e fd " na r eIle ' ^^ P " é ~ ™» d * - « rien cache, et de s esphquer avec elle en toute sincérité. H lui

« Stockholm, le 5 novembre 1773.

« Je réponds ma chère amie, à votre lettre du 12 octobre

mie n n e ne m d e u7 7 P VV" *" * PUIS «"* »«** ^ mienne du 17 septembre, mais, si vous l'avez pris pour un

ficatmn qu e les ne devaient pas avoir. Je n'avais pas afors Plus de moufs que je n'en ai maintenant de craindre que „o perances communes (de son retour) ne fussent inter

tTourl' "^ V* T P0SSiWe dC ^ Mutuellement de la tournure que les choses peuvent prendre, j'ai plus de

rasons pour espérer que pour craindre. Cependant if serai abusif de se livrer à un excès de confiance

Plus ^n' tt Cè 7 dC " "" m0ndC CSt SUJeUC --itudes.es P s .n ttendues, et ce n'est pas ma volonté seule qui peut et

m voT T" mani0ntre - GCS COnsidé -^ns, qui peuvent >n avoir frappe en vous écrivant, peuvent bien avoir fait

Page 1