CHAPITRE XIX
échapper de ma plume quelques réflexions tristes. Regardezles comme non avenues. Je présume trop de votre raison pour recourir à des détours. Si j'avais de nouveaux sacrifices à exiger de votre patience, je vous dirais avec franchise l'état des choses, et je suis persuadé que vous m'en sauriez gré.
« Comptez, ma chère amie, sur cette assurance, et ne vous livrez pas à une prévoyance affligeante Quelquefois mes lettres respirent la tristesse; assignez-en le motif à la rigueur d'un éloignement qui me sépare de tout ce qui m'est le plus cher.
« Mon frère paraît être content de ses travaux à Toulongeon (son château de Bourgogne). Il me tarde d'être à portée de joindre mes éloges aux siens et de pouvoir jouir de tous les agréments que vous me préparez. Ce sera, s'il plaît à Dieu, l'année prochaine (1). »
Une autre lettre, datée du même jour, achèvera de nous édifier sur le vœu que formait M. de Vergennes de rentrer en France. Elle nous montrera en même temps quelle irritabilité de caractère avait développée chez lui L'ennui qu'il éprouvait de continuera résider en Suède.
En se rendant a Stockholm, l'ambassadeur y avait emmené, en qualité d'attaché à sa mission, l'aîné des fils de l'ancien premier président de la Chambre des comptes, Aimai-Jean de ISicolaï. Ce jeune homme, paraît- il, ne donnait guère de satisfaction à son chef. Était-ce un motif suffisant pour adresser au père un billet aussi sec et aussi désobligeant que celui-ci ?
« On ne peut disconvenir, Monsieur, que notre siècle soit fertile en talents; mais, en général, ils sont plus tournés à l'agréable qu'à l'utile. On se contente d'une nomenclature facile à acquérir, et on néglige la substance. On veut être universel, et l'on se contente d'effleurer de légères superficies. Tel est le ton dominant de notre siècle.
« Je voudrais pouvoir vous dire que ce n'est pas celui de
(1) Archives du ministère des affaires étrangères, Suède, suppl., 1769- 1774, vol. 12.
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necessue et la convenance, mais jusqu'ici avec assez peu de
« Je l'ai souvent exhorté à se rendre compte par écrit des remarques et des réflexions que ses lectures peuvent lui donner oooa.cn de faire, afin de se former un style. Je ne crois pas que jusqu'à présent il s'en soit occupé; L moins je "i "en vu, de sa part, qui me donne lieu de penser qu'il s'y applique. C est cependant une partie nécessaire dans notre" camere qu d serait très important qu'il s'attachatà acquérir « Je ne p uls trop vous remercier, Monsieur, de l'intérêt que vous voulez bien prendre à ma santé; elle est assez bien retabhe pour me donner l'espoir d'être moins inquiet cet Wer que je ne l' ai été les précédents. Cependant je ne désire pas mo.ns de von- un terme à mon séjour dans ce pays-ci M a.ndle et mes affaires domestiques réclament ma' présence quand ce ne serait que pour quelques mois (1) „
On comprend combien, de son côté, la comtesse de Vergennes deva lt être impatiente de revoir son mari. Depuis près de trois années déjà elle vivait loin de bu, dans sa 'erre de
Toulongeon, avec ses deux fils en pleine adolescence; elle ne sa pa seul .^ préoccupée ^ ^ ganté ^ ^^
ab-sent qu elle savmt éprouvée par le climat du Nord. Aussi fit-elle bure en dehors de lui, par des amis sûrs, de discrètes démarches auprès du duc d'Aiguillon. Le ministre répondit sans doute qud ne pouvait examiner la question d'un congé vaut que M. de Vergennes bu en eût au moins parlé. L W bassadeur se vit de la sorte presque obligé de rompre le siience sur ce point avec son chef.
im, vtflï-Lifd' 1 ' *"■ aWaireS étran « ères ' Suède ' -PP<- 1769- «an S cette île, péS^T^St t "' î°* " Z ^°" Charles-Marie de Nicole I , "" '"* ^ Cadet Ai ™-
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