‹ Le comte de VergennesChapitre 55 sur 237 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Quelque graves que soient les préoccupations de Gustave III en venant prendre possession du trône auquel l'élevait la mort du roi son père, il demeure comme fasciné par le délicieux spectacle dont, à Versailles, ses yeux et, ainsi qu'il l'avoue lui-même, son esprit et son cœur ont été pénétrés.

La vivacité de ces chers souvenirs de jeunesse s'atténuera à peine avec le temps ; elle est encore, à ce moment, dans toute sa ferveur, et il y a un charme étrange à feuilleter, après tant d'années écoulées, les confidences intimes qu'il épanche à ce sujet.

Nous les trouvons, tout d'abord, dans une lettre à un ami dont nous avons déjà prononcé le nom et sur lequel nous aurons longuement à revenir : Frédéric de Hesse, comte d'Hessenstein, fils naturel du roi de Suède Frédéric l' r , officier supérieur suédois, très connu et apprécié à la cour de Louis XV, où il se trouvait encore, et qui venait de recevoir le titre, accompagné d'une pension, de lieutenant général des armées françaises.

» Ekolsund, 9 juin 1771.

« Mon voyage et les affaires, qui m'ont occupé depuis mon arrivée ici, m'ont empêché de vous répondre plus tôt et de vous remercier, mon cher comte, de votre lettre de Choisy.

« Je compte ouvrir la Diète moi-même, et je vous enverrai mon discours traduit en français. Dites, je vous prie, à Mme de Brionne que c'est la seule réponse que je compte

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