‹ Le comte de VergennesChapitre 76 sur 237 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Le couronnement n'avait pas encore pu être célébré. Cette solennité était tenue en échec et indéfiniment ajournée par les regrettables et interminables discussions auxquelles, durant tout l'été, la Diète s'était livrée au sujet de Yacte d'assurance, sorte de charte rédigée par les États, que les rois de Suède, lors de leur sacre, devaient s'engager par serment à respecter et à maintenir. Tant que les quatre ordres ne se trouvaient pas d'accord sur le texte de ce document, Gustave III devait se résigner à n'être pas couronné, c'est-à-dire à n'être pas complètement roi : Non est rex nui coronatus.

Les contestations entre les ordres portaient sur trois points principaux.

Lorsque, quelque temps auparavant, il avait été question de la nomination d'un vice-président au Parlement de Finlande, siégeant à Abo, le Sénat avait profité de l'occasion pour rappeler que les nobles seuls étaient en possession du privilège de remplir les grandes charges de l'État. Les trois autres ordres crurent devoir protester, déclarant un tel principe contraire aux règles fondamentales de la constitution suédoise ; et, pour qu'à l'avenir une pareille prétention ne pût plus être soulevée, ils demandaient que l'acte d'assurance portât que le mérite et les services seuls constitueraient des titres aux emplois publics ; spécialement qu'un bourgeois, aussi bien qu'un noble, aurait le droit d'occuper une place de sénateur.

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