VIS, QUEL QUE SOIT TON BIEN, EN HOXNÈTE PERSONNE
Trois fables de La Fontaine mettent en scène la fourmi, et toujours avec honneur : la Cigale et la Fourmi; — la Fourmi et la Mouche; — la Fourmi et la Colombe. La Cigale et la Fourmi est la pièce de début de notre grand fabuliste; la critique a reproché à l'auteur d'avoir préconisé le travail et l'économie aux dépens de la charité.
La fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut.
Et, en effet, elle ne se contente pas de refuser un secours à la cigale, elle lui fait une très-méchante plaisanterie.
Vous chantiez, j'en suis fort aise.
Eh bien ! dansez maintenant.
Peut-être La Fontaine, qui n'inventait pas la nature, mais qui la peignait telle qu'elle est, a-t-il laissé percer avec intention lavarice et la dureté, ces défauts trop fréquents du travail et de l'économie; peut-être aussi (et cette hypothèse me paraît là plus vraisemblable) a-t-il cherché à rendre la
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leçon plus forte en montrant au paresseux Taccaeil qui l'attend lorsqu'il ira demander l'assistance d'autrui. Ceci rcTient au mot si connu de Franklin : (k Voulez-vous savoir le prix de l'argent^ allez en emprunter. »
Don Juan Manuel ne s'e^t pas placé au même point de vue; il n'a pas opposé un insecte prodigue à un insecte laborieux; au lieu d'une fable il a donné un exemple. Après avoir détailléj avec le charme de Pline, l'industrie, la prévoyance et tous les prodiges d'activité de la fourmi, il change de ton et s'élève jusqu'à l'éloquence pour gourmander la paresse de l'homme et surtout du prince qui s'abandonne sans honte à la dissipation et à la fainéantise.
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