‹ Le comte LucanorChapitre 59 sur 64 · Le Larron qui vendit son âme au Diable. (C'est le conte · texte numérisé non relu

Le Larron qui vendit son âme au Diable. (C'est le conte

si bien narré par don Juan Manuel, sauf lé dénouement qui n'est pas le mémo.)

Dans ces vingt-huit fables, contes ou apologues, si Juan Ruiz ne s'est rencontré que quatre fois avec don Juan Manuel, ainsi que j'en ai fait l'observation, il a eu des rencontres plus fréquentes avec Romulus et Saint-Cyrille, fabulistes latins du moyen-âge qui ont reproduit les fables de Phèdre. *

L'inçénieux archi prêtre a pu connaître aussi le Roman du Renatdy qui fut achevé en 1339; son poème semble taillé sur 1q même patron; outre une infinité de fables d'origine indienne, le Roman du Renard renferme des fictions burlesques telle que la Bataille des vins, de V Enfer contre le Paradis, des vices contre les vertus et le Grand combat de Charnageet Carnaval, qui a beaucoup d'analode avec celui de Carnaval et Cûréme, célébré par Juan Huiz.ll est fâcheux que M. Méon,qui a édité avec tant de soin le Roman du Renard, n'ait pas connu le poème espagnol ; il n'aurait pas manqué, sans doute^ de

saisir les rapports qui existent entre ces deux compilations et d'en chercher Toriginc. Les poésies de Marie de France appelleraient aussi un parallèle intéressant. Les sources du Midi et du Nord y sont bizarrement confondues; car à côté des fables empruntées aux imitateurs de Phèdre^ on trouve des lais tirés des romans des anciens Gallois ou phitôt des Bas-Bretons.

N'o IV.

PREMIEBS TRADtXTËtRS CLASSIQUES DE L'ESPAGNE (Page 1 48) .

Simon AbriL — Cet illustre savant a tradu p sur texte original Aristote, Euripide, Térence, Aristophane, Cicéron, saint BazilCy saint Chrysostôme et Lucien. Sa traduction d'Esope^ faite à la fois en latin et en espagnol, est intitulée ainsi : Fabulas de Esopo en latin i romance traducidas del Oriego, por PafroSiwJon j46n7.Zaragosa, porLorenzodeHoblès,1575, in-8'.

Riniicius, dont le véritable nom est Ranutius d'Arezzo, avait traduit du grec en latin la vie et les fables d'Esope, avant t4o9, mais Simon Abril pouvaitse passer de son secours, et il est à présumer qu'il n'en a pas fait usage.

Il serait difficile de déterminer ù quelle époque ont eu lieu en Espagne les diverses traductions qui ont précédé l'invention de rimprimerie. Voici les plus anciennes que l'on connaisse :

Virgile, — Traduction de l'Enéide, faite directement du latin par le mai'uuis de Villena, en 1427.

Ovide, — Traduction en prose dans les premières années du XVI* siècle, par Luis Hurtado de Toledo, réimprimée en lo9i, il Anvers, par Pedro Bellero. — Autre traduction en vers par Antonio Perez Sigler, à Salamanque, en IhSO. — Autre traduction également en vers par Diego Mexio, en 1596. — Traduction des Métamorphoses, en 1586, par Felipe Mey, en octaves. — Traduction des lléroïdes, en 1628, par D. Sébastian de Levarado y Alvear.

Pline. — Traduit du latin, en 1599, par Geronymo Gomès de Huerta. •

Sénèque. — Traduit du latin, en 1555, par Juan Martin Corder 0.

Lucain. — Traduit du latin, en 1544, par Martin Lasso de Oropesa.

Bvéce, — Traduit par Fr. Alberto de Aguayo; Sevilla, I52i .

Plutarque, — Neuf traducteurs différents dont les versions avaient été réunies à Venise par Nicolas Jonson^ en 1478^ avaient traduit Plutarque du grec en latin; il a été traduit du latin en espagnol, par Alonso de Palencia. SeviSla, 1491.

PROVEBBES ESPAGNOLS (Page 152).

Suivant Saumaise, les Espagnols l'emportent sur tous les autres peuples de l'Europe pour les proverbes: les Italiens viennent ensuite, puis les Français : Iiispani in his excellunt : Itali vix cedunt ; Galli prqximo sequuntur intervallo.

Le père Martin Sarmiento s'est livré à une dissertation remarquable sur cette matière (Memorias para la historia, etc, i). 171 et suiv.). Il cite pour les proverbes hébreux, el Flori" legio de Plantavicio; pour les proverbes arabes, Erpenio; pour les Persans, Lewin Warner; pour les Grecs, André Scot, etc.; pour les Latins, la Collection d*Erasme,

L'Anglais James Howell a réuni dans son dictionnaire Tetraglotte les proverbes français, italiens, anglais, bas-bretons, espagnols.

Le Rrahme voxjageur de M. Ferdinand Denis offre une composition non moins substantielle, resserrée dans uncalre mieux ordonné et beaucoup plus attrayant. Nous devons aussi à M. C. de M<';ry une Histoire générale des proverbes, et à M. Leroux de Lincy le L'vre des proverbes français.

La collection de proverbes espagnols, faite par Hernan Nufiez Pinciano, en 1555 {Salamancn^ Juan de Canova), contient, avec le commentaire de Juan de Malara, plus de six mille adages. (Refranes o proverbios en romance y la filosopa vulgar de Juan de Milara. Van Juntamente las quatro carias de Blasco de Garay hechas en refranes. Madrid, La Cuesta, ano 1619, in-4»)

Un recueil encore plus ancien est celui du marquis de Santillane. On en connaît un exemplaire imprimé en 1508 à Séville, par Cromberger. (Bibliothèque de lord Granville). Dans les éditions suivantes on a souvent réuni aux mêmes proverbes glosés, c'est-à-dire paraphrasés et commentés par le docteur Pero Diaz de Tolède, les copias ou rimes de Minffo Revulgo, glosés par Hernando de Pufgar et la belle élégie de Jorge Manrique, glosée par Francisco de Guzman. C'est là toute la philosophie du xv* siècle ; le marquis de Santillane

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en a résumé les principes généraux, Pulgar en a fvi^l l'|:ppliealion au peuple, et Fr. de Guzman à la cou?} ilMis e'esi à deux ffénies du siècle suivant, aux auteurs de la CéleHim et de Don Quichotte y qu'appartient incontestablement l'honneur d'avoir le plus contribué à faire circuler les aphorismes de l'esprit castillan.

N'oublions p;:s de raentionuer ici la bjUc édition des œuvres du marquis de Santillartc, que la litlcrauire espagnole doit au zclc si éclairé de don Jozé Amador de Los Rios. Ce livre magnifique renferme une étude qui supplée à tous les commentaires antérieurs.

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