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POÈMB StR LE COMTE FERNAN GONZALEZ (Page 3$^}.
Argotc de Molina, dans son Discours sur Vanciennê poésie Castillane, a cité qmatre strophes ou quatrains du poème narratif sur le comte Fernan Gonzalez. Nous avons rapporté le dernier verset, où l'on rappelle le surnom de vautour carnassier donné au héros par les Mores. (Voir l'Exemple Itvi). Un autre fragment a paru dans VHistoirede la Littérature espagnole, par Bouterwek (trad. franc., p. 154-161). M. Damas Hinard, qui a traduit cmq romances sur l'illustre comte, avec le même bonheur que les autres chants du Romancero gênerai, exprimait le regret en lS4i que le poème narratif, dont nous venons de parler, fût égaré ; mais, grâce au zèle du professeur Ga^angos. qui a retrouvé le manuscrit à la bibliothèque de l'Escurial, M. George Ticknor a pu nous le faire mieux connaître (Ilistory ofthespanish literature, tom. l, pag. 91-92). ft Le poème en question, dit-il, est presqu'ezclusivement consacré à la gloire du comte. 11 commence à l'invasion dç l'Espagne par les Goths, et s'étend jusqu'à la bataille de Moret en 967. Là, le manuscrit s'arrête brusquement, sans dire un seul mot des trois dernières années du héros castillan. Le style est prosaïque et monotone ; il ne se relève ^ et là (]ue par ces traits de vigueur héroïque ou de simplicité sublime que Ton rencontre dans les poésies primitives. Tout est à peu près aussi rude que dans le poème d'Apollonius; les stances ou strophes sont irrégulièrement coupcosj elles sont tantôt de trois vers au lieu ae quatre; quelquefois de cinq et même de neuf. De même aue dans le poème de San Domingo de Silos^'par Berceo, le aébut est une invocation^ et ce qull y a
êe ftIflgttKêf i è'M qu'elle est copiée mot pour mot d'après celle de Berceo : Au nom du Père» auteur de toutes ehoses, eto.^ etc. Le récit reproduit ensuite^ sans presque rien changer^ les traditions populaires oui se mêlent à Tnistoire nationale depuis le temps des Gotns. 11 n'y a de différence au'en ce qui concerne l'invasion des Mores. La belle Gava> objet de tant de malédictions plus ou moins poétiques, n'est pas même citée; te comte Julien est représenté comaae un traître qui a livré son pays au roi de Maroc, sans y avoir été poussé par aucun grief; il a persuadé à don Roderic, dads l'assemblée des Cortès, de désarmer ses soldats pour en faire des laboureurs, en telle sorte que lorsque les Mores en- Tabissent l'Espagne, ils surprennent le pays sans défense. D'un autre côté, (a mort du comte de Toulouse est racontée comme dans la Chronioue générale d'Alphonse le Sage, ainsi que la vision de saint Millan et les combats corps à corps de Fernan Gonzalez avec un roi More et le roi de Navarre. En somme, plusieurs passages du poème ressemblent tellement aui parties correspondantes de la Chronique, qu*il est de toute évidence que la Chronique a servi de modèle au poème qui Tamplifie au lieu de l'abréger. » (Voir Cronica genertU, éd. 1604, parte ni, f. 55, b, 60 à 65 b.) La Chronique dit (parte ni, c. i8) : < Non cuentan de Alexandre los dias nin los afios : mas los buenos fechos e las sus cavallerias que fizo. — On ne compte ni les jours ni les années d'Alexandre, on ne compte que ses belles actions et ses hauts faits. Le poème se borne à HméT la même pensée ainsi qu'il suit :
Non cuentan de Alexandre las noches nin los dias; Cuentan sus buenos fechos e sus cavalleryas.
Partout les preuves de l'imitation sont flagrantes.