PROLOGUE
que je pourrai trouver. J'imiterai en cela les médecinsy qui ne manquent pas , lorsqu'ils ont une maladie de foie à traiter, de mêler à leur remède du miel ou du sucre, ou quelque autre chose de doux, non-seulement parce que les choses douces conviennent au foie, mais parce qu'en les absorbant, il absorbe aussi le remède. On observe la même règle pour toutes les autres parties du corps, quand elles sont malades ; on ne leur applique jamais que les remèdes qui leur sont spécialement propres. Dieu aidant, ce livre sera composé ainsi ; les lecteurs qui aiment les moralités, le trouveront de leur goût et s'en infuseront la substance ; ceux, au contraire, dont elles excèdent la portée, rencontreront d'autres choses qui pourront les amuser ; les récits feront passer les préceptes. Qu'on soit ou non disposé à prendre les uns sans les autres, il sera impossible de les séparer; ils arriveront à l'esprit comme le remède dont j'ai parlé arrive au foie ou aux autres parties du corps à l'aide d'un mélange agréable.
Dieu, dont la bonté et la miséricorde sont la source de tout ce qui est et sera bon, fera, je l'espère, que ceux qui liront ce livre en profitent pour son service, pour leur avantage dans ce monde et leur salut dans l'autre ; il sait que je n'ai pas d'autre but. Quant à ceux qui trouveraient quelque sujet de