N* VU
6)Undi noftQciË t>tt dôEDoufi, 8Àmt-irÉEdi2tAm>. (Page 401).
M. Joseph Lavallée, auteur d'une histoire d'Espagne, écrite
avec l'exactitude consciencieuse d'un savant et la brillante
vivacité d*un artiste, n'a rien laissé à dire après lui sur ce
Bionument si vanté. (Univers pittoresque. — Espagne, p. Ï56. 1844.) i-3f »f >
Les chroniques désignent toujours sous le nom de saint Roi don Ferran ou FemaD> le roi Ferdinand lU, qui réunit
à perpétuité les royaumes de Léon et de Castille. C'est surtout en combattant les Mores que Ferdinand se couvrit de gloire ; il fit, en 1236^ la con<}uètede Gordoue. contraignit le roi de Grenade à lui payer tribut et à lui céder Jaên^ s'empara de Séyille en 1248y et remplaça la population musulmane de cette Taste cité par une population chrétienne. Son premier soin, après s'être rendu maître de chaque débris de l'empire de Mahomet, fut de purifier les mosquées et de les convertir en églistô. C'est ainsi qu'à Cordoue, il arbora une croix sur la tour de la grande mosquée, et planta la bannière royale sur la tour de l'Alcazar ou palais des rois Mores. Don Juan, évêque d'Osma, qui représentait l'archeTèque de Tolède, alors à Rome, marchait en tète de la procession; la nouvelle cathédrale, purifiée par ses bénédictions et ses prières, fut mise sous l'invocation de la Vierge Marie; le peuple, néanmoins, a continué à l'appeler la Mezquita. A la prise de Cordoue, on retrouva dans cette ville les cloches de Saint- Jacques de Compostelle qui avaient été enlevées par Almanzor; elles avaient été apportées comme des trophées sur les épaules des chrétiens; on usa de représailles en les faisant reporter en Galice sur les épaules des Mores.
Saint Ferdinand fut pour l'Espagne ce que saint Louis a été pour la France; mieux traité par la fortune, il mourut vain-
aueur des infidèles (1252), et lut inhumé dans l'église cathérale de Séville, témoin de son principal triomphe. Il est à remarquer que don Juan Manuel a cité le Gid en
Première ligne, et n'a fait aucune mention de Bernard de arpio; aurait-il considéré aassi comme un être imaginaire celui que les romanciers appellent le vainqueur de Roncevaux, et qu'ils accolent ordinairement comme premier type de l'héroïsme gothique à Roderic de Vivar et au comte ternan Gonzalez? L'omission est surprenante; toutefois on ne
Êeut en tirer aucune induction si positivement négative. [. Damas Hinard, qui a enrichi notre littérature de vingt autres romances relatives à Bernard de Garpio, repousse, par des rapprochements historiques, la fiction supposée, et tire une preuve, sinon décisive au moins très-forte, du fondmém»^ de ces poésies nationales animées de sentiments si grands et si nobles : a Gomment, dit-il, les poète s populaires d'un temps à demi barbare auraient-ils imaginé cela s'ils ne l'avaient pas eu en quelque sorte sous les yeux, s'ils n'avaient pas vu, pour ainsi dire^ poser devant eux la réalité vivante? Romancero Général^ tom. i, p. 20.)
Quant au comte Fernan Gonzalez, voir plus haut exemples XVI et XXXVII, ainsi que l'Appendice n" 6.
APPKKBICl. 489
N* Vin.
TEXTE DE l'exeuplb xxvui (Page 343).
L'exemple xxviii» ainsi c^ue nous en aTons fait la remarque» manque oans les deux éditions imprimées du Comte Lucanor, Cette lacune s'explique par Tétat du manuscrit qu'Argote de Molina parait avoir consulté; le feuillet 160 bis a été enleyé, et on ne lit sur le feuillet 161 que la fin de l'exemple, ainsi qu'il suit :
a Fizo le escrevir en este libro et fizo eslos viersos que dizen assi :
» Muchas cosas parecen sin razon
» Et quien las sabe en se buenas son. »
Ainsi qu'on l'a vu plus haut, ce manuscrit, enref^istré sous le numéro 34 de la Bibliothèque nationale de Madrid, est précisément celui que l'on croit provenir du couvent^ de Peflafiel, et que Ton suppose copié du temps même de Tauteur. Par bonheur, on a retrouvé dans l'autre manuscrit de la Bibliothèque nationale, portant le numéro 100, tout l'exemple qui manque au premier. En voici le texte, tel qu'il a été relevé sur les loi. 54 et 55, par don José Amador de los Bios, que j'ai déjà cité plusieurs fois; en remerciant pour mon compte ce savant écrivain de son obligeante communication, ie suis heureux de livrer son nom à la reconnaissance de tous les amis de la littérature espagnole.
ENXEMPLO XXVlll.
DE LO QUE COTfTESÇIO A DON LORENZO XUARES GALLINATO, QUANDO DESGABEÇO EL CAPELLAN REXEGADO.
« El conde fablava un dia con Patronio su consejero en esta gnissa : Patronio , un omme vino a mi por guareçer con migo, et como quier que vo se ques buen omme, pero algunos disen me que ha fechas algunas cosas desaguidadas. Et por el buen entendimiento que vos avedes rruegovos que me consejedes lo que faga en esta razon. Seflnor conde Lucanor, dixo Patronio, paraque vos fagades en esto lo que yê cuydo que vos mas cumple, plasermehia que sopiessedes lo que acaesçio à don
400 jLffiHDici.
Lorenzo Xuares Galtinato. Et el conde le pregunto como fuera aquelto. Seflor conde Lucatior, dixo Patronio, don Lorenzo Xuares Gallinato vivia con el Rey de Granada et vivio con él alla en su rreyno gfant tfempo; et despues que plogo a Dios
Sue vino a la merçed del Rey don Ferrando, preguntole un ia el Rey que pues él tanto desservlcio avia fecho a dios con les Moro§, aynndandolos contra los Cristianos, cuydava que 1% avria Dios merçed por que non perdiease el ulma. Et don Lorenzo Xuares le respondio que nunca (isiera cosa por que euydava que le non avria Dios merçed^ si non que niatara una vcs a un clerigo de misa. Et esto tovo el rey don Ferrando por mucho extranno, et el Rey le pregunto que como podia ser esto. Et él le respondio que vivicndo cl con cl rey de Granada, que aquel Rey fiava mucho del, et que era guarda-mayor dcl su cuerpo : é yendo un dia con el Rey cava'gando por la villa, oyo ruydo de ommes que davan voses, é
fior quel cra guarda del Rey, dio de las espuelas al caballo et lego à donde fasian cl ruyao et fallo un clerigo qucstava re- Testido. Et devedcs saber queste mal clerigo tuera xristiano et tornarasc moro, et acaescio un dia que por faser plascr a los Moros, dixo les (]ue si cllosquisiessen quel les daria aquel Dios en que los Cristianos creian et fîavan et tenian por Dios. Et los Moros le rogaron que gelo dicssc : et est on ces el clerigo traydor etmalo flso faser unas vestimentas et mando faser un altar, et dixo la misa et consagro una hostia. Et desquc fué consagrada, dio la a los Moros et andavan la arrastrando por el lodo et fasiendo délia muchos escarnios. Et quando don Lorenzo Xuares, esto vido, como quier quel vivia con los Moros, membrando se como él era xristiano, et creycndo verdaderamcnte que aquel era el cuerpo de dios, et pues que Jhu Xpo muriera por redemir los peccadores que séria el de muy buena Ventura sy muriesse por le vengar et por le sacar daquella desonra que aquel la falsa gente le fasia. Et desque esto ovo pensado, coa el £rant plaser et pesar que ovo , endereço contra el traydor clerigo renegado que aquella tan grant tfayçion fisiera, et cortole la cabeca. Et desçendio dcl cavallo et tinco los ynoios en tierra^ et adoro el cuerpo de Dios que los Moros irayan pot el lodo arrastrando ; et luego aue finco los ynoios^ la hostia qucstava dél alongada, dio un satto del lodo, et salto en la falda de don Lorenzo Xuares Gallinato; et quando los Moros esto vieron, ovieron ende muy grant pesar et metieron inano à las espadas, et con palos et piedras, vinieron todos contra eldon Lorenzo Xuares, para lo matar^^ et él metio mano a su espada con que descabeçara el mal clerigo, et commenço 6é a denenaer. Et quando el Rey moro oyo esté roydo, et vio
que auerian matar a don Lorenzo Xuares, mando que ninguno nol' tisiesse ningun mal^ et pregunto que cosa fnera a(|ucllo. Et los Moros questavan con grant quexa et bravesa, dixieron al Rey como passara aquel ifecho. Et el Re^ se quexo et le pesso mucho desto et pregunto muy sanudamientc a don Lorenzo Xuares que porqué fisiera aquello sin su niandado. Et don Lorenzo Xuareâ lô dito ((ue b en sabia auel non et*a de la su ley et quera xri&tiano et que maguer quel esto conosçia que sabia bien que fiava dél el su cuerpo, pensando que era leal et que por miedo de la muerte non dexaria de lo guardar. Et pues , 5y él por tan leal le tenia^ que cuydava que faria esto por el que era moro^ que parasse mientes^ sy cl leal era, que devria faser, pues que era xristiano, por guardar el cuerpo de Dios^ ques Rey de los reyes etsenner de los sennores; et que si por esto lo mandasse matar que nuncaél veria mejor dia. fit qoando el Rey lo oyo, plogo le mucho de lo que don Lorenzo Xuares fissiera et amole et presçio te mucho mas daquel dia en adelante.
9 Et vos, sennor conde Lucanor^ sy sabedes que aquel omme,
Sue con vusco quiere guareçer es buen omme en si el podees dél bien fiar^ quanto por lo que vos discn que fiso aigunas cosas sin rason^ no lo devedes por esso partir de vuestra compania : càpoir aventura aquello que los ommes etiydan que Aie sin razon no lo vieron nin fue ansy ; como cuvdo el Key don Ferrando de lo que don Lorenzo Xuares Gallinato, que fesiera desaguisado en matar un cléri^o, fasta que sopo la rason dello, et asy podemos désir ^pe don Lorenzo Xuares ftso el mejor ffecho del mundo. Mas si vos sopiesscdes que lo quel dso esta mal fTécho, faredcs bien de lo non querer en vuestra compafSia. Et al eonde plogo mucho de lo que Patronio le dixo e ftsolo ansy et fallo se ende bien. Et entendio don Juan queste enxemplo era muy bueno et mando lo escrcvir en este libro et fiso estos versos que disen asy :
» MuchÀs cosas paresçen sin razon, » Et desquie las omme bien sabe en sy buenas son. »
Dat» cette vaHatite, le second vers est allongé de six pieds, quoique le sens reste le même.
Vie de l'infant don juan manuel^ auteur du COMTE LUCANOR i
Examen de ses oeuvres. — Introduction de l'apologue d'orient en occident. — Origine et caractère DE l'apologue espagnol 91