‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 2)Chapitre 111 sur 232 · PROMOTION DE PAIRS LIBERAUX · texte numérisé non relu

PROMOTION DE PAIRS LIBERAUX

regardait comme sa sauvegarde. Pour vaincre la résistance de Louis XVIII, Decazes lui présenta un rapport qui avait pour but de rappeler les pair.-j éliminés en 1815 par M. de Talleyrand au second retour du Roi. Celuici, au conseil, éleva de vives objections contre ce projet, qui semblait être un aveu de l'illégalité de la mesure prise quatre ans auparavant, et critiqua en outre son caractère trop général. <( Je veux, dit-il, qu'ils tiennent leur nomination de ma seule volonté et qu'ils m'en gardent reconnaissance. »

Il fallut y renoncer. Decazes fit alors présenter au Roi par Dessolle un mémoire où il exposait nettement la situation. Il y disait (( que le désaccord était complet entre les deux chambres sur la constitution du corps électoral, question fondamentale et le seul principe démocratique de la constitution; il ne restait au Roi qu'à dissoudre la chambre et à constituer un ministère favorable à la majorité de la chambre des pairs, ou à briser la résistance de l'opposition. Ce dernier parti était le plus populaire et était celui auquel le ministère se ralliait. Autrement on créerait une situation telle que les intérêts nationaux seraient gravement compromis à l'extérieur comme à l'intérieur. »

Ce mémoire ébranla Louis XVIII, mais ne le décida pas. Une circonstance vint déterminer sa décision. La chambre des pairs, après son succès dans la question électorale, voulut affirmer sa victoire. Elle alla trop loin et commit la faute de repousser sans discussion l'année financière. Louis XVIII, déjà irrité de la proposition du comte de Gastellane (inspiré par Talleyrand) de révoquer la loi sur les cris séditieux, ne le fut pas moins de ce nouveau vote. Decazes sut habilement profiter de cet état d'esprit du monarque et lui représenta la chambre des pairs comme décidée à

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