‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 2)Chapitre 134 sur 232 · CONSTITUTION DU MINISTERE DECAZES · texte numérisé non relu

CONSTITUTION DU MINISTERE DECAZES

long entrelien, au cours duquel il lui offrit d'entrer ■dans le cabinet à telles conditions qu'il voudrait. Royer refusa et crut constater que les ministres inclinaient à croire qu'il était impossible de rien faire sans le duc ■de Kiclielieu. Il conseilla même à M. de Serre de faire écrire au duc par le Roi, ce qui semble avoir été fait. ■Cela n'arrêta pas Decazes, qui continua ses négociations; il fit des ouvertures à MoUien, Roy, Ricard et Daru (18 novembre). Le même soir, M. MoIé doniiail à la princesse de Vaudémont un diner suivi d'une réception à laquelle prirent part de nombreux députés venant apporter les nouvelles. « Pasquier luimême, rapporte M. Mole, vint à son tour, la physionomie troublée, sa perruque sur l'oreille. Je ne lui parlai que de la pluie et du beau temps. » Germain, sans doute chargé d'une mission, survint et informa M. Mole que Decazes pensait lui offrir l'ambassade de Rome, qu'il se rappelait lui avoir entendu souhaiter et de laquelle il rappellerait M. de Blacas. « Au reste, ajouta Germain, demandez l'ambassade que vous voudrez, on vous la donnera. »

Decazes continuait ses démarches, mais sans succès; Daru, Mollien et Ricard refusèrent, de même que M. de Broglie, qui eût été pour le cabinet un appoint doctrinaire. Une nouvelle tentative auprès de Royer-Collard échoua également. Celui-ci non seulement refusa obstinément, mais chercha à détacher M. de Serre de la combinaison, « voulant sauver son honneur en l'arrachant à Decazes, et très affecté d'être confondu lui-même avec Guizot et les rédacteurs du Courrier. Sa devise était toujours : « Avec Decazes point de salut. » Il se rapprochait de M. de Corbières ■et de la droite.

Mollien avait refusé de suivre Decazes dans son

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programme. Il voulait de^ lois libérales, le moins de changement possible à la loi électorale, et avant tcmt le respect de la Gbarte. Royer-Gollard se tenant à l'écart, il lui déplaisait de faire partie d'un gouvernement où « une place importante, disait-il, allait être tenue par de jeunes présomptueux sans expérience, tels que Guizot, Barante, de Broglie, Germain et de Serre lui-même ».

Enfin le 19 novembre 1819 le ministère était constitué et les nominations paraissaient au Momteitr, M. Decazes était président du conseil et ministre de l'Intérieur. M. Pasquier avait les Affaires étrangères^ le comte de la Tour-Maubourg, ambassadeur à Londres, le ministère de la Guerre ; M. Roy, les Finances. Les autres portefeuilles conservaient leurs anciens titulaires, M. do Serre restait à la Justice et Portai à la Marine. Aucune ambassade n'était donnée à M. Mole.

La composition du nouveau cabinet fut une déception pour ceux des royalistes qui rêrvaient l'union de Decazes et du duc de Richelieu ; malgré la présence de Pasquier, qui représentait le centre droit, le ministère! était d'opinion doctrinaire de gauche, s'appuyant sur la gauche. Les royalistes s'étaient laissé mystifier par Decazes. Aussi ne s'opposèrent-ils plus à la campagne de pres.se que les Débats avaient voulu mener coiitre le favori. « Bertin de Vaux a enfin obtenu de ces imibéciles royalistes, écrit M. Mole, de lai laisser la bride sur le col. »

Le Journal des Débats^ publia l'article suivant:

« L'ancienne organisation du ministère est conservée, il n'y a de nouveau que la promotion des trois ministres qui remplacent MM. Des^solle, Gouvion Saint-

♦. Niiniiéro du 2* nove'm.bpe 1849.

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