‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 2)Chapitre 17 sur 232 · LES ÉLECTIONS DE · texte numérisé non relu

LES ÉLECTIONS DE

nous renverser si nous ne voulions les laisser gouverner sous notre nom.

<( Je réunis chez moi Rover, le duc de Broglie et Guizot pour m'assurer de leurs dispositions. Rover, l'homme le plus grave de cette coterie, et Guizot, qui en était le plus actif, me parurent satisfaits des projets de lois que nous avions préparés pour la session. Ils la regardaient, cette session, comme devant être décisive et disaient qu'ils voulaient vaincre ou périr avec le ministère, dont ils se déclaraient les appuis, depuis ce qu'ils appelaient son changement «le directian. Ces dernières paroles n'étaient pas proférées sans dessein et je ne m'abusais pas sur leur véritable sens. Elles annonçaient évidemment le projet de rejeter sur M. de Richelieu, et surtout sur Laine, toutes les fautes réelles ou prétendues que les doctrinaires ou le côt<; gauche nous reprochaient.

« LtîS élections commençaient et tout ce que nous enapprenionsélait favorableaux libéraux plutôt qu'aux doclrinaires. Cependant grâce aux efforts de Germain à Mulun, M. de la Fayette avait été écarté, mais déjà Miinuel était nommé dans la Vendée, Rédoch dans la Corrèzj, Grenier à Metz, Rodec à Bourg, etc. Decazes s'alarmait pour sa majorité. 11 sentait, sans se l'avouer, qu'il était incapable de gouverner en s'appuyant sur des principes et en faisant franchement la guerre aux deux partis. Toutefois, il n'en était que plus actif dans ses intrigues, et il ne manquait pas une occasion de brouillir un doctrinaire avec moi.

<» Li plus jeune d'entre eux, Charles de Rémusat,' travaillait alors sous mes yeux. Sa mère, avec laqutîlle j'étais lié depuis vingt ans et qui habitait Lille où son mari était préfet, m'avait prié de me charger de lui, de le préparera une carrière, en un mot de diriger j<a

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