NAISSANCE DU DUC DE BORDEAUX
(( Les cordons et les titres auraient eu peu de prix pour moi dans le temps même où ils en avaient le plus, mais j'en attacherai toujours beaucoup à ce que mon nom, mon existence et mes services ne soient pas mis au-dessous de ceux que pour le moins ils égalent. L'omission de mon nom parmi ceux que le Roi récompensera à l'ocjîasion de la naissance d'un héritier du trône sera d'autant plus remarquée, que mon attachement pour vous est mieux connu. Personne ne croira que vous m'ayez oublié, encore moins que vous m'abandonniezjà cette espèce de proscription morale qu'un favori irrité voudrait faire peser sur moi. On pensera donc, et voilà, je l'avoue, ce qui me blesserait au cœur, on pensera qu'il disait vrai, lorsqu'il osait répan Ire que vous-même aviez épousé sa querelle. Quoique jeune d'âge, je suis vieux d'expérience, il y a longtemps que j'ai été en butte aux traits de l'envie et de la calomnie pour la première fois. Mais un chafçrin qui me trouverait sans défense, parce que jamais je n'aurais dû le prévoir, serait que vous ne me rendissiez pas, aux yeux de l'univers, autant d'estime que je vous porte de vénération, autant d'amitié que je vous ai montré de dévouement.
Dans la nuit du 30 septembre, le canon annonça la naissance du duc de Bordeaux. <( M"* Mole l'apprend une heure avant moi et ne me le fait pas dire », constate-t-il. L'allégresse générale n'effaça pas les regrets que lui causait l'omission de M. de Richelieu et il lui écrivit une seconde fois'.
i. Arch. de i.h.