‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 2)Chapitre 177 sur 232 · Arch. (le Ch · texte numérisé non relu

Arch. (le Ch

PROMOTlOPi,-»E CORDONS BLEUS. 375

Nous allons finir l'affaire de la Maison d'ici deux ou trois jours. Ce sera, je crois, une bonne affaire.

« Au nom de Dieu, ne m'en veuillez pas trop, et croyez que je vous suis inviolablement attaché, quelque chose qui arrive.

C'était un samedi. M. Mole remit au lendemain de se rendre au château et se contenta de se promener au jardin des Tuileries. « J'y rencontre, dit-il, le duc de Lévis qui me raconte tous les traits de courage de la princesse en accouchant, puis Jules de Polignac et Chateaubriand. Tous deux justifient mes prédictions et mes craintes. Le premier veut qu'on casse la chambre ; le deuxième, amer et sombre, dit que la faiblesse du ministère lui ôte d'avance la force de se réjouir.

« Le lendemain dimanche je vais à la Cour. Le Roi me fait toujours le même accueil. J'y vois les nouveaux Cordons bleus. Je dis à Laine que le Sieur Laine sur cette liste m'a paru une ligne d'histoire égarée dans l'Almanach de la Cour. Plusieurs me disent des^choses flatteuses sur ce que je n'y suis pas. Pasquier me fait des tendres-ses, Mounier me dit que la Maison va se faire, mais qu'il voudrait me consulter sur une dernière rédaction. Je lui dis que je pars le mardi et ne peux différer au delà.

« Le duc de Richelieu, incommodé, ne paraît pa-s. Je vais le voir. Il me saute au col et me conjure de ne pas lui en vouloir, ajoutant que si je m'irrite, lui, au lieu de s'irriter aussi, ne cherchera qu'à me calmer, il me dit que le Roi ne peut me pardonner d'avoir rompu avec Decazes et s'étonne, comme d'un manque de parole, qu'il ne m'ait rien dit aujourd'hui. Il me prie de revenir dîner avec lui. »

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