‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 2)Chapitre 215 sur 232 · CHUTE DU MINISTERE · texte numérisé non relu

CHUTE DU MINISTERE

AUX royalistes. S'animant peu à peu, M. de Richelieu lui rappela la promesse qu'il lui avait faite, lors de la chute de Decazes, de le soutenir et de le faire soutenir par ses amis, promesse qui l'avait seule déterminé à rentrer dans les affaires.

« — C'est, dit-il, de cette parole de prince donnée à un L^entilhomme que je réclame l'accomplissement. » Monsieur s'écria d'un air dégagé :

« — Ah ! mon cher duc, vous avez pris aussi les syllabes trop au pied de la lettre. Et puis les circonstances étaient alors si difficiles 1 »

M. de Richelieu, indigné, le regarda fixement, lui

tourna le dos et, sans prononcer une parole, sortit en

fermant violemment la porte. Puis, courant chez

M. Pasquier, il se laissa tomber dans un fauteuil en

disant :

« — Il a manqué k sa parole, à sa parole de gentilhomme ! »

Le ministère n'avait plus qu'à se dissoudre, et le jour même, 12 décembre, tous les ministres remirent leur démission entre les mains du Roi.

Louis XVUI accueillit avec indifférence le départ de M. de Richelieu. « M"* de Montcalm, écrit le comte Mole, me raconta que le Roi ne donna pas à son frère un seul tém.oignage de regret, de bienveillance ou de reconnaissance. Il montra la même froideur et la même insensibilité aux autres ministres partants. Depuis quatre jours, le Roi intriguait avec Monsieur. <^e dernier a eu enfin publiquement une longue conférence avec lui. Les deux frères se sont embrassés ot Louis XVUI semble avoir abdiqué entre les mains de Oharles X. »

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