INTERVENTION »E MONSIEUR
« Dites à votre maître, que ni lui, ni moi nu serions assez forts pour mettre autre chose à la place de Bonaparte que le Roi légitime. »
* Talleyrand me raconta encore que, Caulaincourt étant venu lui dire adieu en janvier 1844 en partant pour Châtillon, il lui proposa d'y trahir Bonaparte el d'y agir pour le rétablissement des Bourbons. Caulaincourt refusa froidement cette ouverture, mais n'en avertit pas son maître, el laissa [ïalleyrand conspirer à Paris. »
La conversation s'orienta alors sur les ëyénefments du jour et M. de Talleyrand finit par reconnaître qu'il fallait laisser les ultras succéder h M. de Richelieu, »l s'user d'eux-mêmes au gouvernement.
Louis XVIII, circonvenu par la Cour et spécialement par le comte d'Artois, avait renoncé à la dissolution. C'était, dès lors, obliger le ministère à se retirer. Cependant les royalistes, à cause de l'Europe et par égard pour le Roi, voulaient encore tenter de maintenir M. de Richelieu et M. de Serre. Monsieur fit appeler le duc et insista pour que, gardant seulement de tous les ministres actuels M. de Serre et M. Roy, il formât UH nouveau ministère avec M. de Villèle aux Finances et M. de Gorbièresà l'Intérieur. La droiture de caractère de M. de Richelieu lui dicta sa réponse. Il fit comprendre au comte d'Artois que son honneur était engagé à ne pas se séparer de ses collaborateurs et qu'il ne pouvait consentir ni à constituer ni à présider un gouvernement . dont la majorité professerait des idées qui n'étaient pas les siennes. Il traça ensuite le tableau des intrigues du côté droit contre le cabinet et dit qu'il dépendait de Monsieur d'y mettre fin. Le prince, visiblem^ent embarrassé, refusa d'en convenir et revint à son thème habituel de la nécessité de faire quelques concessions