DE DISSOLUTION UE LA GABDE NATIONALE
« Gouvion et Corvette se réunirent à moi et le conseil ne s'arrêta ni aux scrupules de Laine, ni aux mol-
vante sur l'état des esprits à Aix-Ia-Chapelle (Archives de ChamplAtreux) :
 Aix-la-Chapolle. le 30 septembre 1818.
« Je vous écris, mon cher Ministre, pour le plaisir de m'entretenir avec vous, biea plus qu*^ dans l'espérance de vous mander quelque chose qui vous intéresse. Vous savez que l'arrivée des souverain'» a été un peu retardée et que nous avons par conséquent passé quelques jours dans l'inaction. Aujourd'hui les négociations proprement dites ne sont pas même ouvertes, mais les auspices Tavorables sous lesquels nous avons quitté Paris ne se sont p»int démentis et il est de plus en plus évident que la grande affaire de la libération de notre pays ne sera pas un point de discussion. La meill«^ure volonté se manifeste de toutes parts et quoi qu'on ait annoncé des exigences financii^res de nos hôtes actuels, je pense qu'il y a raisonnablement lieu d'espérer une diminution sur les sommes que nous devrions payer. Je rci^arde. ainsi que j'ai déjà eti occasion de vous le répéter, quelques millions obtenus dp la sortd comme plus importants que plusieurs personnes se l'imaginent, tant pour notre crédit intérieur que pour adoucir l'aigreur du sentiment de nos pertes et favoriser par là la réconciliation nationale et consolider cette paix si nécessaire à l'Europe. Quand vuuî: écrirez ici, il sera peut-être bon de parler dans ce sens.
« On reconnaît ce que le gouvernement a fait depuis deux ans pour s'affermir sur des bases solides et fonder nos institutions. On apprécie nos réformes, on n'a point oublié l'énergie de la nation, on vante sa prospérité, on no dissimule point les forces qu'elle pourrait développer au besoin, gn est plutôt tenté de les exagérer. Dans cette disposition des esprits et l'état des choses, il me paraissait sage d'éviter tout ce qui nous présenterait comme attribuant le départ des troupes étrangères à la crainte que nous inspirons. Ce serait un moyen de faire naître des idées toutes contraires et de tran-* former en intentions malveillantes, en ressentiments hostiles les intentions favorables qui nous sont témoignés. Je fais cette remarque parce que j'ai trouvé que quelques-uns des articles publics dans nos journaux indiquaient un certain fond d'orgueil, qu'il ne me semble ni prudent, ni de bon ;,'oût de montrer en ce mo'nent. Il n'est point question, comme de raison, des journaux quasi périodiques hors de l'action du ministère. Ceux-là imprimeront assez de rodomontades, il n'y a pas moyen de les empêcher de dire que l'armée d'occupation se retire effrayée de nos embryons de légions, pas plus que d'empêcher les lithographes de dessiner un grenadier de la s^arde .irrétant un tmtaillon entier. C'est un ridicule sans grand inconvénient et d'ailleurs inévitable. Il en est tout autrement de ce que l'on croit publié par ou du mdns sous l'influence du gouvernement. Dans ce genre une circonspection même outœe ne s.iurait avoir de danger et il y en aurait beaucoup à blesser ceux avec lesquels nous avons à traiter. Je croirais que les textes
20 MONSIEUR ET L ORDONNAiNCE
lesses de courtisans qui s'emparèrent de Decazeset Pasquier. Il fut donc décidé que nous présenterions l'ordonnance au Roi en lui demandant d'adresser à son frère une lettre telle qu'il était fort capable de l'écrire, pleine, à la fois, d'onction et d'autorité. Nous partîmes pour les Tuileries. Decazes entra seul dans le cabinet
convenables à commenter sont les dispositions paciûquesde la nation, le besoin qu'elle a du repos, sa confiance dans les déclarations des gouvernements, dans leur désir d'exécuter fidèlement les traités et de ne point les interpréter dans un sens rigoureux. Il serait bon d'y joindre quelques louanges, des louanges méritées, j'entends, et il y en a. Leurs troupes, par exemple, ont observé la meilleure discipline. En un mot, je voudrais éviter tout ce qui peut déplaire, chercher au contraire ce qui est propre à rapprocher les esprits afin que la séparation fût amicale. Si vous partagez ma manière de voir là dessus, vous pourriez en causer avec le Régulateur de nos opinions quotidiennes.
« J'ajouterai qu'il importe d'autant plus de repousser l'idée des projets de conquête qui s'attachent encore à notre nom, que la Prusse et les Pays-Bas ont plus de motifs de s'en occuper et de le craindre. Je ne concevais pas, avant d'avoir été sur les lieux, à quel degré les Belges ont de répugnance pour la domination hollandaise et manifestent leur goût pour la France. Il en est de même ici. Quoique le peuple ait avec les I*russiens une langue commune, il ne peut sympathiser avec eux. Quand l'empereur d'Autriche est arrivé, on voulait traîner sa voiture, non pour lui, mais pour faire contraster .«^a réception avec celle du possesseur. L'aigle placée sur la principale porte de l'Hôtel de Ville a été soigneusement barbouillée la nuit dernière. Celte disposition des habitants ne doit pas contribuer à rendre le séjour d'Aix-la-Chapelle agréable au Roi et il y trouvera sans doute une raison d'accélérer la marche du Congrès. On m'y semble fort porté, d'autant plus qu'on a l'air de s'ennuyer complètement. Lord Wellington, en particulier, ne cache point son désir d'une prompte conclusion. Je vtîus dirai en passant qu'il est au nombre des mi«ux disposés pour nous, ainsi que M. Capo d'Istria.
« On nous a appris la nouvelle révolution de Madrid. Ces pauvres Espagnols me font grand'pitié! Avez-vous lu l'absurde brochure qu'ils viennent de faire publier à Londres sur les affaires de l'Amérique?
« Seriez-vous assez bon pour vous charger de mes hommages auprès de Madame Mole et de Madame de la Briche et voulez-vous agréer l'hommage de ma respectueuse amitié.
« Encore un petit mot de commérage, il en faut toujours aux eaux et aussi dans la diplomatie. Nous avons ici en sus de .M. de VitroUes, -M. de Scey. Je suppose qu'il a les pleins pouvoirs de la note secrète ou que du moins il est gentilhomme d'amljassade. Regnaultde Saint- Jean-d'Angely a éprouvé un nouvel accès de folie, il est en démence furieuse, enfermé et lié.
« MotTittER. «