‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 2)Chapitre 6 sur 232 · MONSIEUR ET L ORDONNANCE · texte numérisé non relu

MONSIEUR ET L ORDONNANCE

cher dans ce genre les choses les plus indiquées.

« Ainsi que nous en étions convenus, le mercredi 30 septembre à midi, nous nous rendîmes chez le garde des Sceaux. A peine étions-nous assis que Laine nous dit : « Je serais d'avis de rendre l'ordonnance de dissolution de la garde nationale si j'étais sur d'empêcher Monsieur de donner sa démission etd'éclater publiquement. Mais comme je suis loin d'avoir cette certitude, je suis d'avis de déclarer que nous avons reconnu la nécessité d'une loi sur cette matière et que nous la présenterons aux chambres. » Après ce peu de mots, Laine nous lut une lettre qu'il venait de recevoir de M. de Richelieu, où ce dernier annon^jait qiiî le principal obstacle à l'alfranchissement imméJiat de notre territoire était l'idée que Monsieur avait donnée de sa folie aux souverains et h leurs ministres et la crainte qu'avait l'Europe d'une révolution nouvelle à la mort de Louis XVIIL » Leduc de Wellington, ajoutait M. de Richelieu en finissant, dont l'inlluence et le crédit ici sont incalculables, dit tout haut qu'il faut à tout prix venir à bout de Monsieur, lui conserver malgré lui la couronne en le séparant di ses entours et qu'un coup d'Ktat qui aurait ce résultat sauverait la Maison de Bourbon et la Frau'-e. »

« Aviez-vous donc lu cette lettre, demandai-jî en souriant il Laine, lorsque vous nous avez proposé l'avis que vous venez d'ouvrir? Pour moi je ne me rendrai point complice d'une faiblesse dont toutes les conséquences seraient si bien prévues et je proteste contre un ajournement qui influeraitd'une manière non moins funeste sur 1 is prochaines élections que sur les délibérations du Congrès*. »

t. Ce même jour, Mounier adressait à M. Mole la lettre sui-

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