AVEC M. MOLE
t-on de l'union qui règne entre les membres de la famille royale? — Fi donc! — Gitera-t-on l'article du Times, auquel on doit répondre? — Cela ferait lire le Times, gardez-vous en bien. — En ce cas, Monseigneur, veuillez me donner des instructions plus précises, car je n'imagine pas ce que la réponse désirée par Son Altesse Royale pourrait renfermer. — Il le faut prendre de très haut, en Jupiter; enfin j'ai la parole du Roi, faites l'article et envoyez-le moi, pour que je l'examine avant qu'on ne l'imprime. »
« A peine Decazes avait-il fini son récit, mot pour mot, tel que je viens de le rapporter, que du premier mouvement je m'écriai : « Heureusement, aucun journal français n'a encore osé parler de l'opposition de Monsieur au gouvernement du Roi, il serait d'un grand danger pour lui de rompre ce silence ; il faut à tout prix en obtenir qu'il renonce à l'idée de répondre au Times. »
(( Un m,oment, interrompit le Roi, je suis engagé; d ailleurs il faut songer que mon frère menace d'écrire ou faire écrire dans les journaux si nous ne le prévenons pas. »
« — Sire, répliquai-je, cette menace est vaine, Monsieur ne commettrait pas une pareille imprudence. »
« Alors le Roi, changeant de visage, proféra ces paroles mémorables en me regardant :
(( Le 33 janvier pendant ma promenade j'étais loin de croire possible ce que je lus à mon retour » *.
« Tout le monde se regarda, baissa les yeux et Louis XVIII en se levant ordonna à Decazes de s'essayer
1. C'est au retour de cette promenade que Louis XVUI reçut la lettre de son frère, que j'ai rapportée textuellement. (Note du comte Mole.)