LOUIS XVIII EN DESACCORD
de jours après, en effet, le Roi adopta les propositions que je lui présentai d'envoyer la décoration de la Légion d'Honneur à MM. Vanier et Gliaigneau par les mêmes armateurs, en les remerciant au nom de Sa Majesté de l'accueil fait à notre pavillon, et de choisir deux officiers instruits qui iraient l'année suivante offrir leurs services à l'empereur Gya Long : les deux mandarins étant vieux, il devenait pressant, dans l'intérêt de notre commerce, d'envoyer des sujets propres à les remplacer et à leur succéder en crédit auprès du monarque cochinchinois.
« Mais ce conseil du 22 juillet* fut surtout remarquable par la petite scène qui le termina. Il ne restait plus à entendre que le ministre de la Police qui, d'un air composé et solennel, demanda au Roi la permission de lui rendre compte de ce qui s'était passé entre Monsieur et lui. Ce qu'il allait dire avait été évidemment convenu d'avance avec le Monarque et je devins fort attentif.
(( Monsieur, commença Decazes, m'a envoyé chercher hier pour me dire que le Roi lui avait promis de faire répondre dans les journaux à un article du Times dans lequel on a osé affirmer que les conspirateurs Canuel, etc., voulaient le mettre sur le Trône. « Les journaux, s'est écrié Monsieur, étant dans la main du gouvernement, il accrédite ces infâmes calomnies quand il ne les réfute pas. Le Roi m'a annoncé qu'il vous chargerait de la réfutation et il m'a répondu de vos bonnes intentions sur lesquelles je compte. — Mais, Monseigneur, comment pourrait être conçu un pareil article de gazette ? Son Altesse Royale y serait-elle désignée ou nommée? — Non, sans doute. — Protestera-