‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 3)Chapitre 145 sur 204 · ET LA ROCHE JAQUELE IN · texte numérisé non relu

ET LA ROCHE JAQUELE IN

d'ôter à M. de la Rochejaquelein son régiment; mais avant le conseil, j'écrivis au duc, ainsi que je le faisais dans les occasions délicates, afin de le préparer aux deux destitutions que nous avions jugées indispensables.

<( Comme je fermais ma lettre. Barbé- Marbois vint me trouver au nom de la réunion des pairs pour me dire que tout le monde nous abandonnerait si nous persistions dans notre faiblesse. Je le priai de faire prendre patience à nos amis en leur annonçant qu'ils seraient bientôt plus satisfaits. Le Journal de Paris de ce jour et celui des Débats publièrent chacun un article où le ministère ripostait à l'attaque furieuse de Canuel. La faiblesse de ces deux articles et surtout leur inélégance et leur incorrection ne me laissèrent pas de doutes sur leurs auteurs. Le premier était de Decazes et le second de Pasquier. Je ne pus m'empêcher d'en écrire aussi à M. de Richelieu et de lui faire sentir l'inconvénient et l'inconvenance de ce rôle de journaliste auquel mes collègues avaient recours quelquefois et malgré leur peu d'aptitudes. Il faut être arrivé au ministère avec une réputation éclatante et incontestée d'écrivain comme Chateaubriand pour s'y passer de pareilles fantaisies, encore ferait-on mieux de s'en abstenir.

<( M. de Richelieu s'était fait attendre à notre première réunion; nous commençâmes par y débattre entre nous six la proposition relative à Vitrolles et à la Rochejaquelein; nous fûmes unanimes, et Laine, que depuis quelque temps les ultras traitaient fort mal, fut plus qu'aucun autre d'avis de faire promptement ces exemples. M. de Richelieu ayant pris place, Decazes dit qu'il savait de bonne source que Vitrolles s'avouerait l'auteur de la note secrète. « Qu'il le fasse, s'écria notre président, qu'il le fasse

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