‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 3)Chapitre 146 sur 204 · RÉPONSE · texte numérisé non relu

RÉPONSE

et qu'il porte sa tête sur l'échafaucl. » Et, saisissant aussitôt sa plume, il rédigea l'ordonnance de destitution pour la faire signer le soir même au Roi. — Mais quand Decazes en vint à la Rochejaquelein, M. de Richelieu baissa la tête, sa respiration parut gênée, bientôt son émotion fut au comble, il éclata : « Messieurs, dit-il, c'est déchirer le drapeau blanc, faites-le si vous le jugez nécessaire, mais qu'il me soit permis de dire combien j'en suis malheureux; voilà ce qui empoisonne ma vie, c'est cette nécessité de frapper successivement les hommes qui ont montré le plus de dévouement à la cause des Bourbons. » Personne ne répliqua; la destitution de la Rochejaquelein demeura convenue et pour en adoucir l'amertume au duc nous désignâmes pour le remplacer Arthur de la Bourdonnaye que ses sœurs protégeaient et que lui-même il aimait.

« Le Moniteur du 26 renferma, en effet, l'ordonnance qui ôtait à Vitrolles sa place de ministre d'Etat, mais l'affaire la Rochejaquelein resta encore en suspens. Je retournai au Marais pour recevoir M. de Richelieu qui venait y voir jouer la comédie. Frappé de l'émotion que j'avais remarquée en lui au dernier conseil et persuadé que le cœur d'un si honnête homme pouvait surpasser en prévoyance des esprits plus éclairés que le sien, je concevais quelques scrupules sur la destitution de la Rochejaquelein. L'idée me vint et je la soumis au duc en me promenant avec lui, l'idée me vint, tout en châtiant la conduite factieuse de ce colonel,, de faire duc, au même moment, son neveu, fils du général vendéen, tué en combattant pendant les Gent- Jours. « De cette manière, dis-jeàM. de Richelieu, on ne pourra nous accuser de déchirer le drapeau blanc. » / Il ne me fit point de réponse positive et le mercredi

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