‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 3)Chapitre 163 sur 204 · MOUNIER · texte numérisé non relu

MOUNIER

life, dans sa réponse, se mettait aux pieds du favori et se confondait en soumission, hommages et offres de services. Rien n'a plus donné aux ennemis de la religion catholique de prétextes et de préventions contre elle, que cette politique de la cour de Rome, qui l'a fait si souvent se prostituer devant la faveur et obtenir par la bassesse ce qu'elle ne peut attendre de sa force. Mais ce qu'il faut remarquer ici, c'est à quel point M. de Richelieu avait laissé partout Decazes prendre sa place, même auprès des cabinets étrangers.

(( C'est dans cette séance du 24 août que Bellart et Jacquinot nous lurent enfin leur rappport général sur la conspiration. Il s'agissait toujours de savoir si on produirait aux débats la lettre de Donadieu surprise, ou plutôt dérobée, par la police. On décida qu'elle serait d'abord représentée à Donadieu dans son premier interrogatoire, afin de s'assurer s'il n'en pouvait pas donner une explication satisfaisante.

(( Le procureur général et le procureur du Roi s'étant retirés, M. de Richelieu nous proposa de le faire accompagner par Portalis au congrès. Cette proposition inattendue me surprit d'autant plus que je l'avais depuis longtemps averti de la dépendance où Portalis était du favori. Mais ce qui m'étonna davantage et ce que je ne m'explique pas encore aujourd'hui, c'est que le favori lui-même m'appuya quand j'indiquai Mounier à la place de Portalis. Toujours est-il vrai que Mounier n'a dû qu'à moi d'aller à Aix-la-Chapelle et que c'est à ce voyage qu'il a dû plus tard son élévation aux fonctions ministérielles et le crédit qu'il prit sur M. de Richelieu.

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