LE CARDINAL CONSALVI
(les transmissions en ligne collatérale : « En ce cas, s'écria M. de Richelieu, il faut que je me détache de la plus douce récompense de mes travaux, il faut que je renonce à transmettre à mon neveu ma pairie avec mon titre et mon nom. »
« Cet incident termina le conseil et on se sépara mécontents les uns des autres. M. de Richelieu me dit, en sortant, de venir causer avec lui des élections le lundi 24 de grand matin. J'y fus à sept heures. Je le trouvai rempli d'alarmes que M. Laine avait jetées dans son esprit; il me dit que ce dernier désespérait des choix, que les préfets lui écrivaient tous que les candidats libéraux l'emporteraient sur les ministériels. 11 se reprochait d'avoir présenté la loi des élections et me reprochait bien plus encore mes efforts pour la lui faire adopter malgré M. Laine, qui voulait les deux degrés. Sa disposition pour moi et mes amis n'était pas pour le moment aussi favorable que de coutume. Je le reconnus quand il me dit que M. Greffulhe, que je lui demandais depuis si longtemps et avec tant d'insistance de nommer pair, ne le serait qu'après le congrès. Il m'avait très formellement promis de le nommer avant de partir pour Aix-la-Chapelle, mais je me gardai bien de le rappeler dans cet instant. Seulement, dès le soir, je remis sous ses yeux sa promesse dans une de ces lettres auxquelles on ne refuse rien quand on aime celui qui l'a écrite; et la suite apprendra que ma lettre ne fut pas sans effet.
« Au conseil, Decazes nous fît donner lecture par M. de Richelieu d'une lettre qu'il avait reçue du cardinal Gonsalvi et dont avec un peu plus de tact sa vanité aurait été plus embarrassée que réjouie. Elle répondait à celle que Decazes avait écrite au cardinal par Portails. Le secrétaire d'Etat du Souverain Pon-