‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 3)Chapitre 192 sur 204 · SUR · texte numérisé non relu

SUR

Chambre des députés, Séance du 24 avril 1818

Messieurs,

Votre commission du budget vous a proposé de réduire les dépenses de tous les ministères. La marine est comprise pour 1500000 francs dans sa proposition. Inséparablement uni à mes collègues d'intention et de vues, je ne réclamerai pas plus qu'eux contre ces réductions. Mais je dois à la chambre, je me dois à moi-même, de faire connaître quelles en seront les suites pour le département que j'administre, et de justifier ainsi la demande que j'avais formée. C'est bien moins comme ministre que comme citoyen, que je me présente à cette tribune. Français avant tout, j'ai recherché soigneusement si ma position n'avait pas influé, à mon insu, sur mon jugement ; si, comme Français, comme membre de l'une des deux chambres, j'accorderais 44 millions à la marine, dans la situation actuelle de nos finances. Des faits trop positifs ont déterminé ma réponse, et j'y ai puisé une conviction qui ne me permettrait pas de garder le silence sans trahir et ma conscience et mes devoirs.

Ce n'est pas moi qui considérerai jamais les chambres comme les adversaires du ministère. Dans le véritable esprit de nos institutions, les chambres et le ministère sont deux

parties d'un même tout. Elles se dirigent avec lui vers le même but et en consentant aux mêmes moyens. L'opposition, qui s'élève dans leur sein, n'est qu'un ferment salutaire dont le ministère est dans l'heureuse impuissance de triompher autrement que par une franchise sans réserve et une entière bonne foi. Ils ne peuvent rester divisés que faute de s'entendre, que si les faits qui sont à la connaissance de l'un, n'ont pas été portés à la connaissance des autres. Permettez-moi donc, Messieurs, que je procède devant vous, comme je l'ai fait pour mon propre compte ; souffrez que malgré la fatigue déjà si prolongée de cette discussion, j'entre dans des explications qui me paraissent indispensables.

Quels services la France doit-elle attendre de sa marine, soit en temps de paix, soit en temps de guerre ? Et quelle est la somme annuellement nécessaire pour que la marine puisse rendre à la France les services qu'elle en attend ?

Vous paraîtrais-je. Messieurs, avancer un paradoxe, en disant que c'est pendant la paix que la France peut le moins se passer d'une marine, et d'une marine considérable ? Je croirais cependant n'avoir dit qu'une vérité susceptible de démonstration. Il serait superflu d'examiner ici les chances plus ou moins favorables qu'offrirait une guerre maritime à la France, et le système d'armement qu'elle devrait alors adopter. La guerre est une hypothèse dans laquelle l'heureuse disposition des souverains et des nations rend chaque jour moins nécessaire de se placer. De tous les fléaux qui désolent l'humanité, elle est celui qu'une civilisation aussi éclairée que la nôtre semble repousser davantage. Mais le progrès de cette même civilisation agrandit et rend presque sans limite une autre carrière où tous les peuples rivaliseront à l'avenir et d'efforts et d'ardeur. C'est celle du commerce, de l'industrie ; vaste champ, où toutes les nations vont désormais se rencontrer sans se combattre, et où aucune d'elles ne doit faire une conquête, sans que toutes les autres aient raison de s'en applaudir. C'est pour nous y présenter avec honneur, qu'une marine nous est surtout nécessaire ; c'est pour protéger notre commerce sur toutes les mers, à toutes les latitudes,

^tJR LE BUDGET DE LA MARINE. 437

que nous ne pouvons nous passer de croisières ; c'est pour entretenir les relations de nos colonies avec la métropole et de nos colonies entre elles, que nous avons besoin d'armements ; enfin notre politique elle-même attend une partie de ses lumières de l'exploration de nos marins. Sous ce rapport, comme sous tous les autres, nous sommes tenus, si nous ne voulons abdiquer le rang qui nous est assigné par la nature, nous sommes tenus à user de nos avantages et à ne point rester trop en arrière des autres nations. Pense-ton, par exemple, que nous puissions retrouver, même en partie, nos anciennes relations avec le Levant, si notre pavillon ne s'y montre pas à l'instar de celui des autres puissances maritimes; s'il ne protège pas notre commerce contre les pirates qui infestent ces mers ? Les peuples du Levant mesureront leur confiance sur l'efficacité de cette protection, et ils ne croiront la France redevenue l'ancienne France, que s'ils voient le pavillon blanc se montrer sur leurs rivages, comme il s'y montrait autrefois. Cependant, Messieurs, deux des bâtiments qui composaient notre croisière du Levant viennent encore d'en être rappelés. Le défaut de fonds nous a contraint à ordonner leur désarmement : économie funeste et dont notre commerce et notre politique ne ressentiront peut-être que trop les effets.

Votre honorable rapporteur a dit que les dépenses du matériel pouvaient bien rester pour 1818 ce qu'elles avaient été en 1817 ; mais il ne vous a pas fait connaître, et il ne connaissait peut-être pas lui-même le véritable état de la question. On trouve à la fin de son important travail cette pensée, digne d'un citoyen aussi éclairé et aussi zélé que lui pour le bien de l'État : a Les économies, a-t-il dit, doivent toujours être combinées avec les besoins réels du service public! » Eh bien ! Messieurs, la dotation du matériel en 1817 avait laissé en souffrance les besoins les plus réels de ce service. Le vide de nos arsenaux, le délabrement de nos établissements maritimes, nos chantiers déserts, la rareté de nos expéditions, enfin les réclamations de notre commerce et les plaintes de toute la population ouvrière de nos ports en offrent

la triste preuve. La connaissance approfondie d'un tel état de choses me donna d'abord le besoin d'y remédier ; mais il me sembla en même temps que la situation de nos finances m'imposait le devoir de ne pas demander cette année plus qu'il n'avait été accordé l'année dernière. Je cherchai donc et je trouvai dans les réformes dont le personnel me parut susceptible, le moyen d'épargner de nouveaux sacrifices à l'État. Ces réformes, Messieurs, auront manqué leur but et trompé mon espérance, si elles ont pour résultat le retranchement qu'on vous propose. J'avais cru retarder du moins l'anéantissement du matériel, en lui reportant toutes les économies qu'elles produiraient; j'avais voulu surtout préserver de la misère et du désespoir cette immense population dont l'existence dépend des travaux qui s'exécutent dans nos ports. On vous a parlé des larmes que ces réformes avaient fait répandre. Laissez:-moi parler à mon tour des larmes, plus amères peut-être que ces 1500000 francs d'économie feront verser, aux ouvriers de Brest, de Lorient, de Cherbourg, du Havre, de Rochefort, de Bayonne, de Toulon. J'ai dû. Messieurs, me rendre auprès de vous leur organe; j'ai dû vous faire connaître leurs besoins, et invoquer en leur faveur votre commission elle-même, qui a voulu que les réductions opérées tournassent au soulagement du peuple.

Je n'aurais pas rempli ma tâche si je n'avais parcouru avec vous les différents chapitres dont se compose le budget du ministère de la Marine, et si je n'avais démontré qu'aucun d'eux n'était susceptible de diminution.

Le chapitre I**^, où figurent les dépenses de l'administration centrale, n'a donné lieu à aucune observation. Il est bon toutefois de rappeler qu'il a été fait parmi les employés de cette administration de nombreuses réformes, et que ses dépenses ont été fortement réduites.

Le chapitre II de la solde est le plus considérable ; il s'élève à 13 913 051 francs ; c'est sur lui qu'ont porté principalement les économies et les réformes. Des ordonnances du Roi avaient fixé en juillet 1814 et novembre 1815, le nombre des officiers de chaque grade. Les concurrents s'étaient tellement multi-

plies depuis le retour des officiers de l'ancienne marine, que l'on crut devoir former deux listes, l'une d'activité, l'autre d'inactivité. Celle d'inactivité n'eut pas de limite. L'ordonnance portait qu'après trois ans d'inactivité, tout officier serait de droit admis à la retraite. Lorsque j'arrivai au département de la Marine, beaucoup de retraites avaient déjà été accordées. Les officiers en non-activité n'étaient plus que 540 ; ceux en activité, 1 002 ; total, 1 542 officiers de vaisseau, sans compter 308 élèves.

La marine royale avait rarement compté un personnel aussi nombreux. Le service actuel de la flotte, y compris celui des ports, ne permettait pas d'employer plus de 800 ou 850 officiers ; je fus frappé, je l'avoue, d'une telle situation, dont un des plus graves inconvénients était de rendre désormais tout avancement impossible, de laisser sans émulation et sans carrière une jeunesse pleine d'ardeur et de talent, sur laquelle reposaient toutes les espérances de notre avenir. Le 22 octobre 1817 le Roi rendit, sur mon rapport, une ordonnance qui supprimait la liste d'inactivité, réduisait à 858 le nombre des officiers de vaisseau et en admettait 684 à la retraite. Tels sont les motifs de cette réforme dont je vous aurais entretenu moins longuement, si les paroles de votre rapporteur ne m'y avaient forcé, et s'il ne vous l'avait pas signalée comme ayant coûté bien des larmes. Pour moi, Messieurs, je vous parlerai moins des larmes de ceux qu'elle a atteints, que de leur noble résignation et de leur inépuisable dévouement. Je soulage ici mon cœur, en leur rendant ce public hommage. Tous ont fait sans murmurer leur sacrifice au Roi et à leur patrie : ils semblaient n'être sensibles qu'au malheur de ne plus les servir.

L'artillerie, le génie, l'administration des ports ont subi les mêmes réductions ; celles annoncées par les agents divers viennent d'être effectuées. Tout homme de bonne foi et connaissant bien le département de la Marine, reconnaîtra, je crois, avec nous, qu'on ne saurait pousser plus loin les économies sur le personnel, sans désorganiser le service.

Votre rapporteur en a indiqué une dont il nous permettra

de lui représenter qu'il s'est peut-être exagéré l'importance ; je veux parler du rétablissement des préfectures maritimes. « En supprimant, a-t-il dit, ce luxe de commandants et d'intendants, on obtiendrait une épargne qui ne peut être dédaignée dans les circonstances présentes. » Savez- vous, Messieurs, à combien s'élève le nombre de nos intendants ? A trois ; nous en avons à Brest, à Rochefort et à Toulon. Vous conviendrez que le principe admis, il est difficile de trouver là du luxe, et d'y voir autre chose que le nécessaire. J'ai cherché à me rendre compte de la dépense de l'un et l'autre système. J'ai trouvé que celui des préfectures épargnerait, en traitements ou frais éventuels, 67 000 francs. Un si modique avantage suffirait- il pour compenser l'inconvénient qu'il y a toujours, en matière de gouvernement ou de haute administration, à revenir sans cesse sur ses pas, à défaire perpétuellement ce qu'on a fait ? Je ne nie pas les avantages que présente la centralisation des pouvoirs et l'unité d'action dans le système des préfectures ; mais je dois déclarer que je n'ai pas encore remarqué un inconvénient pour le service, de l'existence des commandants et intendants. Si l'accord et l'harmonie qui régnent entre eux ne prouvent rien en faveur de l'institution, ils démontrent au moins qu'il n'y a rien à redouter, tant qu'ils porteront dans leurs fonctions le zèle et le bon esprit qui les animent.

Les salaires d'ouvriers, montant à 4 200 000 francs, forment le chapitre III ; il comprend la main-d'œuvre de construction et radoubs de nos bâtiments armés, et le mouvement des ports et magasins. Ce n'est pas sur cet article qu'il peut être proposé aucune économie.

Le chapitre IV est celui des approvisionnements. Il s'élevait à 8 988 136 francs. Il concerne tous les achats nécessaires aux constructions et aux armements. J'avais proposé de le porter à 9494 957 francs, en l'augmentant de 506 819 francs, prélevés sur les réductions du personnel. Cette augmentation avait, comme je l'ai déjà observé, le double avantage de venir au secours de la classe ouvrière, en répandant un peu de mouvement et de vie dans nos ports, et de pourvoir à des

dépenses laissées trop en souffrance l'année dernière. Vous ne sauriez juger, Messieurs, de la légitimité de la demande qui vous est faite pour ce chapitre, si je ne vous faisais connaître toute l'étendue des besoins qu'il rappelle. On ne compte aujourd'hui dans notre flotte que 43 vaisseaux et 29 frégates capables de tenir la mer. Vous n'apprendrez pas sans étonnement et sans tristesse que, pour entretenir un état de forces si modestes pour la France, il faudrait assigner annuellement au département de la Marine 63 millions au lieu de 44 millions qui vous sont demandés. 14 vaisseaux, à la vérité, sont en construction ; mais si l'on n'augmente pas les fonds destinés aux travaux, il faudra six ans pour les terminer. Or, on doit calculer que le dépérissement annuel de nos bâtiments, à raison de leur âge et de leur durée, est de quarante- sept quatorzièmes ou de trois vaisseaux un quart; d'où il résulte que dans six ans, nos 45 vaisseaux seront réduits à 25, plus les 14 qui sont sur les chantiers.

En résumé, si pendant quatorze ans, on ne construisait aucun vaisseau, il n'en existerait plus un seul, à la fin de cette période, de ceux que nous possédons aujourd'hui. Si on en construit un par an, leur nombre, à la fin de la quatorzième année, serait de 13 ; si l'on en construit 2, il sera de 20, et si l'on en construit 3, il sera de 39. Les mêmes calculs s'appliquent aux frégates. Loin donc de pouvoir réduire nos dépenses en approvisionnements et constructions, il arrivera infailliblement, si on ne les augmente, il arrivera, dis-je, et à une époque assez rapprochée, qu'on s'apercevra tout à coup que la France n'a plus de marine. Un cri général alors s'élèvera. On ordonnera alors des travaux extraordinaires et précipités ; ou se jettera dans des dépenses infinies qui ne produiront que de mauvais résultats. Le gouvernement, du moins, et celui à qui ce beau département se trouve en ce moment confié, pourront se dire qu'ils avaient prévu le mal et fait tous leurs efforts pour le prévenir.

Je pourrais vous donner les mêmes détails sur nos armements. Vous verriez combien ils sont loin de suffire aux besoins de notre commerce et de répondre à la dignité de

notre patrie. Ils consistent dans la station du Levant, composée d'une corvette et de deux gabares; dans celle des îles du Vent, composée de trois frégates, une corvette, un brick, deux gabares et une goélette ; dans une frégate et une corvette qui parcourent les mers d'Amérique ; deux goélettes sont à Saint-Pierre et Miquelon ; deux gabares et une goélette à Cayenne, une goélette et un aviso au Sénégal, une flûte et une gabare à Bourbon ; enfin, nous avons une frégate dans les mers de Chine, et trois petits bâtiments employés aux expéditions scientifiques. Pour apprécier l'exiguïté et l'insuffisance de pareils armements, il faut considérer l'étendue des relations qu'ils doivent entretenir ; la protection que notre commerce en attend ; les forces que montrent les autres nations dans les mêmes latitudes ; il faut consulter nos colonies et nos villes de commerce ; il faut enfin interroger tous ces braves officiers de nos vaisseaux, pour qui le tour de naviguer revient si rarement, qu'ils consument dans l'inaction leurs plus belles années, et perdent des connaissances et des habitudes, que la pratique de la mer peut seule entretenir.

Vous n'oublierez pas non plus. Messieurs, les services que la marine royale a, dans tous les temps, rendus aux sciences et particulièrement à celles qui dirigent et éclairent la marche du navigateur. La France ne restera pas au-dessous d'ellemême, en disparaissant pour la première fois d'une carrière où elle a déjà recueilli tant de gloire, et où toutes les nations s'élancent aujourd'hui avec une nouvelle ardeur. Elle comptera toujours parmi ses dépenses les plus indispensables, celles qui lui serviront à ne pas descendre du rang que lui ont mérité sa civilisation et ses lumières. Vous n'apprendrez pas sans intérêt qu'en 1817, le capitaine Roussin, ayant sous ses ordres la corvette du Roi la Bayadère et l'aviso le Lévrier, a reconnu la côte d'Afrique depuis le cap Bojador jusqu'à Gorée, et rapporté des cartes de la plus parfaite exactitude. Le même officier continue actuellement ses observations et ses travaux. Il les portera au delà de l'archipel des Bissagots. Dans la même année 1817, le capitaine Gautier, avec la gabare

la Chevrette, a déterminé la latitude et la longitude des points les plus importants de la Méditerranée, depuis Malte jusqu'au fond de la Syrie et sur les côtes de l'Asie Mineure. Il vient de repartir, sur la demande de l'Académie des Sciences, pour renouveler aux îles d'Ivico des expériences sur les oscillations du pendule ; puis il se portera dans le golfe Adriatique et dans l'Archipel. On devra bientôt à cet officier la meilleure carte de la Méditerranée que l'on puisse obtenir.

De son côté, le capitaine Freycinet, commandant la corvette VUranie, est parti pour aller déterminer la configuration de la terre dans l'hémisphère austral, et observer les variations de l'aiguille aimantée. Guidé par les instructions de nos savants, on doit se promettre de son voyage des résultats précieux pour la navigation, les sciences et l'histoire naturelle.

Enfin l'ingénieur Beautems-Beaupré, compagnon de M. d'Entrecasteaux, et membre lui-même de l'Académie des Sciences, applique aujourd'hui à la reconnaissance des côtes de France, les utiles méthodes qu'il a publiées sur la levée des cartes hydrographiques. Les navigateurs qui fréquentent nos ports lui devront une sécurité que les cartes actuelles ne pouvaient leur donner. Je ne sais, Messieurs, si ces détails vous paraîtront superflus, je n'ai pu résister au plaisir de vous les présenter ; ils honorent la Marine et surtout la France, que ses malheurs n'empêchent pas de cultiver les sciences, d'agrandir leur domaine, et de puiser dans leur sein des connaissances qui deviennent pour l'humanité de nouveaux bienfaits.

Vous avez maintenant une idée, au moins approximative, des besoins qui ont servi de base à la demande de crédit faite au chapitre IV.

Je dois observer toutefois qu'à l'époque où le budget de la Marine a été rédigé, j'ignorais les désastres causés par l'ouragan du 21 octobre, qui a englouti, dans les Antilles, quatre bâtiments du Roi. La nécessité d'armer et d'expédier d'autres bâtiments pour remplacer ceux qui ont péri, entraînera évidemment de nouvelles dépenses. Notre commerce demande de toutes parts que la station des Antilles soit entretenue sur un

pied respectable, et qui puisse en imposer aux corsaires dont l'Amérique espagnole couvre ces mers.

Les dépenses de l'artillerie, portées au chapitre V pour 600000 francs, ne comprennent que l'entretien de nos usines, et ne prêtent à aucun commentaire.

Il n'en est pas de même de la somme de 2 600 000 francs, portée au chapitre VI pour travaux maritimes. Les demandes faites cette année pour les différents travaux qui s'exécutent ou qui devraient s'exécuter dans nos ports, s'élevaient à 7 366 827 francs, et elles n'avaient pour objet que des entretiens indispensables, ou la continuation d'entreprises importantes. Qu'on juge donc ce que sera cette somme de 2 millions 600 000 francs, répartie entre Dunkerque, le Havre, Cherbourg, Saint-Servan, Nantes, Brest, Lorient, Rochefort, Bordeaux, Bayonne et Toulon. Si la chambre veut plus de renseignements sur les effets d'une telle parcimonie, c'est à MM. les députés des départements auxquels ces ports appartiennent qu'elle doit les demander. Ils lui feront, mieux que moi, la peinture de ces détériorations toujours croissantes par le défaut d'entretien suffisant : ils lui montreront nos ateliers presque déserts, et les magnifiques travaux entrepris à Cherbourg et dans nos principaux ports, désormais suspendus ou languissants.

Les chiourmes ne sont portées au chapitre VII que pour une dépense de 440 000 francs, parce qu'elles entrent pour 500 000 francs dans le chapitre de la solde, pour 52 400 francs dans les entretiens de bâtiments, et pour 2 638 300 francs dans le chapitre vivres. D'où il résulte qu'elles causent une dépense de 3 639 700 francs au département de la Marine, qui se trouve ainsi supporter seul des charges générales de l'État, charge d'autant plus pesante qu'elle s'accroît tous les jours. Le 1®"^ janvier 1816, le nombre des forçats était de 8.680, et on en compte actuellement 10.500.

Le chapitre VIII fixe à 1 285 530 francs, la dépense de ces hôpitaux de marine, dont la bonne administration et la belle tenue font depuis longtemps l'admiration de ceux qui les connaissent.

Votre rapporteur a annoncé qu'il pourrait être fait des économies sur les vivres, pour lesquels il est demandé S 858 281 francs au chapitre IX. Elles résulteront, a-t-il dit, de la diminution survenue dans le prix des subsistances, depuis que le budget a été rédigé. Son observation serait juste, et je serais le premier à y souscrire, si l'élévation prodigieuse des prix, en 1817, n'avait produit sur ce chapitre, un déficit qu'il faudra reporter et couvrir sur l'exercice courant.

Le chapitre X ne lui ayant fourni aucune observation, je passe au chapitre XI et dernier, celui des colonies, montant à 4600 000 francs.

La commission a exprimé le regret que le budget particulier de chaque colonie ne lui ait pas été communiqué, et qu'ainsi la chambre ne puisse se former une opinion éclairée sur l'insuffisance des revenus qui se perçoivent dans nos possessions d'outre-mer pour leur entrelien. J'espère, Messieurs, vous présenter à cet égard des documents plus complets dans la prochaine session. Ils vous eussent été offerts cette année, si les administrateurs de nos principales colonies avaient mis plus de zèle et de promptitude à se conformer aux instructions, je dirai même, aux ordres du gouvernement. Des sept colonies rendues à la France, la plus faible, Saint-Pierre et Miquelon, est la seule qui ait envoyé les éléments d'un projet de budget pour 1818. On doit observer, cependant, avec votre rapporteur, que notre prise de possession est encore bien récente. Celle de la Guadeloupe a eu lieu au mois de juillet 1816; celle de la Martinique au mois de septembre suivant. Nous sommes rentrés dans l'Inde au mois de décembre de la même année; au Sénégal, en janvier 1817 et enfin à Cayenne le 8 novembre dernier.

Nous croyons toutefois pouvoir vous donner des renseignements plus que suffisants pour justifier la demande de crédit qui vous est faite. Les garnisons que nous entretenons dans les sept colonies, présentent un effectif de 4 670 hommes. En France on compte sur un million de dépenses par 1000 hommes; ainsi la somme demandée suffit

4i6 DISCOURS

à peine à l'entretien de nos garnisons. Il y a cependant d'autres dépenses, telles que celles des batteries et des forts, qui seraient de nature à rester aussi à la charge de la métropole.

Je craindrais de latiguer votre attention en vous présentant ici le tableau détaillé des revenus coloniaux ; mais les réflexions de votre rapporteur ont rendu nécessaire de vous faire connaître le total de ceux de chaque colonie, et le montant de sa dotation. Les revenus de la Martinique s'élèvent à 2311000 francs, et sa dotation à 1500000 francs ; ceux de la Guadeloupe à 2148000 francs, et sa dotation à 1500000 francs; Bourbon produit 750000 francs, et reçoit 700000 francs ; Saint-Pierre et Miquelon, sans revenu, reçoit 200000 francs; le Sénégal ne produit encore que 57000fr., et reçoit 400 000 francs; les revenus dé Cayenne sont de 279 000 francs, et sa dotation de 700000 francs; enfin, les produits de l'opium et du sel, dans l'Inde, montent à 1645000 francs. Ainsi, le total des revenus coloniaux est de 7 100 000 francs et celui des dotations de 5 millions; mais il faut déduire de cette dernière somme 500 000 francs prélevés sur les fonds de l'Inde, pour la dotation de Bourbon ; restent 4500000 francs auxquels on doit ajouter 100000 francs pour les dépenses générales : ce qui fait 4600000 francs, c'est-àdire, la somme demandée.

Les avantages que la France retire de cette dépense sont incontestables. Nos transactions avec la Martinique et la Guadeloupe s'élèvent à elles seules à plus de 70 millions par an. Cette somme se compose de 8 ou 10 millions de salaires, gages de matelots, frais de constructions, radoubs et équipements ; de 20 à 26 millions de produits de notre sol et de notre industrie, et de 30 à 35 millions représentant la valeur des cargaisons de retour. Ce n'est pas à vous. Messieurs, qu'il est besoin de rappeler le mouvement que ce commerce répand sur tout le littoral de la France. Vous savez qu'il fait toute l'existence d'une immense population.

Indépendamment de ce qu'il est juste de venir au secours des colonies, en leur imposant l'obligation de ne conserver

que nos produits et de ne vendre leurs denrées qu'à des négociants français, nous ne pourrions retirer ou diminuer les dotations qu'elles reçoivent de la métropole, sans augmenter les droits de douane, ce qui, en définitif, tomberait à la charge de notre commerce. Ainsi, les droits perçus sur navires français venant de France étaient de 2 et demi à l'entrée, et de 5 p. KMJ à la sortie; et, depuis que les dotations sont réglées, les mêmes droits sont réduits à 1 p. 100 à l'entrée et 2 p. 100 à la sortie.

Une longue séparation a donné aux colonies des habitudes nouvelles qu'il importe de leur faire oublier. Il faut les rattacher à la mère patrie par le double lien des intérêts et des affections. Il faut qu'elles retrouvent cette France qu'elles n'ont jamais cessé sans doute de regretter, telle qu'elles l'avaient laissée, c'est-à-dire toujours prête à leur accorder secours et protection.

Les sacrifices que les circonstances nous imposent ont pu seuls m'empêcher de vous demander une somme plus considérable que celle de 4 600 000 francs. Deux de nos colonies, le Sénégal et Cayenne, en y portant quelques capitaux, prendraient un heureux et rapide développement. L'une n'attend que des bras pour produire, et l'autre en offre une multitude qui pourraient être employés. Déplorons encore ici des économies qui, si elles se prolongent, tariront les sources de notre prospérité même dans l'avenir. Il est un autre point de vue sous lequel nous serons conduits tous les jours à envisager plus sérieusement les colonies. Je veux parler du débouché qu'elles peuvent offrir à cet excédent de population qui pèse sur la vieille Europe. Déjà des émigrations nombreuses, quoique pour la plupart mal dirigées, ont prouvé combien il serait facile de donner cette direction à une activité qui, réduite à réagir sur elle-même, menacerait la société de dangers trop certains.

Je crois avoir suivi de point en point votre honorable rapporteur dans sa loyale et lumineuse discussion. Mais il me reste à lui répondre sur la caisse des Invalides ou plutôt à démontrer l'impossibilité où serait cette caisse de payer

700 000 francs de pensions provenant de la dernière réforme el pour lesquels j'ai demandé un crédit particulier.

La caisse des Invalides est, par son institution, chargée de toutes les pensions du département. Les réformes successives ont accru ses dépenses en même temps que la paix maritime diminuait ses revenus. Sa situation avait été calculée et établie avant la dernière réforme, pendant une période de cinq ans.

D'après les données les plus certaines et les moins variables, elle pouvait faire en pensions nouvelles, les concessions suivantes ; savoir :

En 1818 220000 francs

En 1819 220000 —

En 1820 220 000 —

En 1821 HOOOO —

En 1822 110 000 —

Ces concessions, qui auraient principalement pour objet le service courant, seraient égales aux extinctions pour les trois premières années, et seulement à la moitié des extinctions pour les deux autres. Il serait donc de toute impossibilité de les appliquer aux 700000 francs de pensions de la dernière réforme qui se trouvent en dehors des calculs que je viens de présenter.

Votre rapporteur s'est trompé en disant que la rente de 885462 francs provenant des capitaux déposés dans la caisse des prises, était perçue au profit de l'établissement. Cette rente appartient aux intéressés, dont les créances versées en numéraire dans les caisses publiques ont été remboursées en inscriptions.

Les fonds versés dans la caisse des gens de mer et dans celle des prises ne présentent donc d'autre ressource disponible que les sommes qui ne seraient pas réclamées. Or, ces sommes ont été calculées sur le taux le plus élevé dans les recettes des cinq années. Le surplus est un dépôt sacré dont on ne peut différer d'un seul instant la remise. Une circonstance particulière en a grossi le montant ; mais la stagnation de ces fonds va cesser par l'arrivée de pièces qui faisaient

SrR LE BUDGET DE L,A MARINE. 449

partie des anciennes archives de l'Ile-de-France. Le ministère de la Marine, en apprenant que ces documents allaient enfin lui parvenir, s'est empressé de faire toutes les dispositions nécessaires pour effectuer ces remboursements si impatiemment attendus par les marins qui ont coopéré aux prises faites dans les mers de l'Inde.

Enfin, Messieurs, la loi de finances de 1817 a autorisé l'imputation provisoire sur les fonds généraux du trésor, des pensions assignées sur les fonds spéciaux de retenue, lorsque ceux-ci seraient insuffisants ; mais cette disposition ne saurait s'appliquer aux pensions dont il s'agit, puisque la caisse des Invalides doit acquitter toutes celles de la Marine, et se charger, à mesure qu'elle le pourra, de celles dont on serait momentanément forcé de prélever le montant sur les fonds généraux du ministère.

Loin de moi la pensée de soustraire cette caisse, dont la spécialité a été si bien justifiée par votre rapporteur luimême, à votre surveillance. Elle cesserait d'être en harmonie avec nos institutions ; elle pourrait même donner lieu à des abus, si elle n'était soumise aux mêmes règles que le trésor de l'État, et si elle n'avait comme lui l'inappréciable garantie de votre surveillance. J'ai regretté que le temps n'ait pas permis de vous présenter le compte définitif de ses recettes et dépenses en 1817.

Les frais d'administration ne s'élèvent point, comme on vous l'a dit, à 381 000 francs. Votre commission avait sans doute pris les éléments de ce calcul dans le budget de 1817 ; mais elle n'aurait pas dû y comprendre 60 000 francs de dépenses diverses. 11 a été fait en outre des réductions et des réformes, depuis la rédaction du budget de 1817; et j'ai la satisfaction de vous annoncer que les frais d'administration de la caisse des Invalides ne s'élèveront guère en 1818 qu'à 260 000 francs. Je ne pense pas que cette dépense paraisse trop considérable, si l'on remarque qu'elle sert à payer la division centrale, un trésorier général, quarante trésoriers, et quarante préposés, la plupart placés sur des points où le trésor n'a point d'agents. La caisse des Invalides, chargée de

tous les intérêts de la population maritime, est obligée de multiplier ses employés, pour épargner à cette classe si pauvre des déplacements qui accroîtraient encore sa misère.

Je crois avoir démontré l'impossibilité où elle serait de payer actuellement les 700 000 francs de pensions résultant de la dernière réforme. Ces pensions ne sauraient être inscrites au trésor, puisque la caisse des Invalides doit les payer un jour. Elles ne peuvent donc s'acquitter, comme je l'avais proposé, que sur les fonds généraux du ministère. En consentant à ce prélèvement. Messieurs, vous ne feriez rien de contraire aux règles que vous vous êtes imposées. La loi, en déterminant le maximum des pensions, n'a eu pour objet que les retraites volontaires ou amenées naturellement par le laps du temps. Il s'agit ici de retraites forcées, d'une mesure générale, d'une réforme immense. La chambre ne voudrait pas sans doute que tant de braves officiers, interrompus tout à coup dans leur carrière, demeurassent sans moyen de subsister. Jamais notre patrie ne se montra ingrate envers ses enfants* Les pensions de retraites sont acquises aux officiers de la marine, par un nombre déterminé d'années de service, et l'on ne saurait, sans une grande injustice, les en priver.

Je suis entré, Messieurs, dans de bien longs détails; mais je ne devais rien négliger pour vous faire prononcer en parfaite connaissance de cause. La publicité la plus entière en matière de dépense est l'âme des gouvernements représentatffs. C'est de l'investigation des chambres et de leur appui que doivent venir la lumière et la force nécessaires pour extirper jusqu'au dernier" abus. Mais les ministres, à leur tour, doivent éclairer les chambres sur la nature des économies qu'on leur propose, et leur signaler celles qui tourneraient à la ruine de l'État. Le département que j'administre, plus spécial et moins connu qu'aucun autre, avait besoin d'être produit au grand jour. Je ne sais quelle prévention porte certains esprits à ne considérer la Marine que sous le rapport militaire, et faire oublier qu'elle est le plus puissant moyen, peut-être, de féconder la paix. Le commerce, l'indus-

SLR LE BUDGET DE LA MARLNE. 451

trie, les sciences fleurissent sous son ombre, et attendent d'elle, en grande partie, leur prospérité et leur éclat.

Je me soumets d'avance à la décision que vous allez prendre. Elle ne peut manquer d'être digne de votre haute sagesse. Mais n'oubliez pas, Messieurs, que le retranchement qu'on vous propose serait réellement de 1500000 francs, et que le mal qu'il doit produire n'a pas de proportion avec une telle économie.

INDEX DES NOMS CITÉS

Abrial, p. 178-180.

Albignac (M. d'), p. 40.

Alexandre (empereur), p 241, 269, 304, 329, 363, 365, 366, 386, 387, 391, 392.

Allent, p. 168.

Angoulême (duc d'), p. 29, 101, 103, 105, 106, 125, 131, 132, 133, 135, 136, 137, 138, 141, 144, 154, 307, 356, 390.

Angoulême (duchesse d'), p. 29.

Argenson (M. d'), p. 114, 199,

Avaray (duc d'), p. 223.

Balguerie, p. 343.

Barante (baron de), p. 76, 77,

Barante (M"»» de), p. 21, 82.

Barbé-Marbois (marquis de), - p. 178, 182, 347, 367, 370.

Baring, p. 238, 239, 252, 284,

Bassano (duc de), p. 366.

Beausset (cardinal de), p. 182-

Beautems-Beaupré, p. 130,443.

Beauvau (M"« de), p. 285.

Becquey, p. 106.

Bégouën, p. 267.

Bellard (procureur général),

Bellune (duc de), p. 216.

Bérenger, p. 79.

Bernstorff (M. de),p. 381.

Berry (duc de), p. 78, 101,316.

Berry (duchesse de), p. 29, 102.

Berthier (colonel), p. 289, 290,

Beugnot, p. 50, 119, 147, 163,

Bignon, p. 114, 172, 173, 255,

INDEX DES NOMS CITES

Blacas (duc de), p. 26, 30, 46,

Boisgelin (marquis de), p. 186,

Boissy d'Anglas, p. 186.

Bombelles (abbé de), p. 324.

Bonald (M. de), p. 256.

Bonaparte, p. 24, 143, 144,275,

Bonaparte (Joseph), p. 95.

Bossuet, p. 14, 91.

Bourdonnaye (M. de la), p. 173,

Boursain, p. 104.

Bouvet de Lozier, p. 230.

Breton, p. 112, 114.

B riche (M"»* de la), p. 16, 22,

Broglie (duc de), p. 75, 178,

Broglie (M"« de), p. 75, 160.

Brunswick(duchessede),p.286,

Bruges (vicomte de), p. 290.

Burdett (sir Francis), p. 199.

Bus (M^-e), p. 375.

Cadoudal (Georges), p. 230.

Cambacérès, p. 57, 58, 61.

Gamer, p. 112.

Gantillon, p. 241.

Ganuel (général), p. 117, 169, 289, 290, 294, à97, 318, 322, 339, 344, 346, 347, 349, 351.

Capelle, p. 80.

Capo d'Istria, p. 329, 364, 365,

Garaman (M. de), p. 33, 34,

Garpentier (M.), p. 104-106.

Carra Saint-Gyr, p. 128-230.

GasteIJane (marquis de), p. 170,

Gastlereagh (lord), p. 236,237,

Gatinat (maréchal de), p. 200.

Caumartin (M. de), p. 199.

Gaumont (M"»» de), p. 394.

Ghabrol (M. de), p. 85-116.

Ghaigneau, p. 343, 344.

Ghapdelaine (M. de), p. 313.

Ghaptal (fils), p. 111.

Gharles II, p. 253.

Gharles V, p. 303.

Gharles X, p. 66.

Ghartres (duc de), p. 144.

Ghateaubriand, p. 96, 178,185,

Ghâtre (duc de la), p. 223.

Ghauvelin (M« de), 114, 172,

Ghevert, p. 200. Ghoiseul (duc de), p. 54, 55,

Christophe, p. 124.

Glarke, p. 26, 35, 36, 78, 85,

Glermont-Tonnerre (M. de),

Gochrane (lord), p. 199.

Goigny (M™» Aimé de), p. 31.

Golbert (contre -amiral de),

INDEX DES NOMS CITES

Comtat (M»"'), p. 249.

Consalvi (cardinal), p. 326,352.

Constant (Benjamin), p. 75,88,

Gonti (prince de), p. 202.

Corbières (marquis de), p. 257,

Corvetto, p. 24, 48, 89, 108, 109, 172, 177, 250, 252, 259, 284, 285, 291, 299, 306, 314, 318, 319, 327, 351, 355, 357, 358, 359,364, 389,391.

Gorvisart (D""), p- 86.

Gourson (M. de), p. 180.

Gourvoisier, p. 174-342.

Grillon (marquis de), p. 182.

Curion, p. 207.

Gzernichef, p. 42,

Dalberg (duc de), p. 47.

Dambray (chancelier), p. 333, 356, 392.

Dambrugeac (général), p. 180.

Daru, p. 317.

Davilliers, p. 111-

Davoust (maréchal), p. 29.

Dazincourt, p. 249.

Decazes, p. 24, 25, 27, 30, 31, 32,34, 35, 39, 40, 41, 43, 47, 48,49, 50, 51, 55, 57, 61, 63, 64, 65, 66, 75, 76, 77, 78, 80, 81,82,83,84, 85,86,91,93, 94,97,100,106,107,108,109, 110, m, 112,113, 115, 116, 117, 119, 120, 121, 126, 131, 134, 135, 137, 143, 147, 151, i52, 153, 154, 166, 167, 168,

Decazes (comtesse), p. 316.

Dejean (comte), p. 180.

Delessert (Benjamin), p. 114,

Desbassins, p. 123, 124.

Dessolle (général), p. 146,170,

Destillières (M""), p. 285.

Devienne (M'"=), p. 249.

Diderot, p. 248.

Digeon (général), p. 356.

Donadieu (général), p. 244, 245, 289, 290, 293, 294, 298, 369, Doudeauville (duc de), p. 182.

Douzelot (général), p. 122,231.

Doubouchage (vicomte), p. 26, i 51,102,431.

INDEX DES NOMS CITES

Dubuc (M.), p. 122.

Ducis, p. 21.

Dudon, p. 244.

Dumanoir, p. 267.

Dumas (général), p. 357, 359.

Dupont (de l'Eure), p. 114, 259.

Dupuy, p. 123, 232.

Duras (M^^ de), p. 96.

Dutremblay, p, 300.

Du val (abbé), p. 275.

Eckmuhl (prince d'), p. 97.

Enghien (duc d'), p. 58.

Entrecasteaux (M. d'), p. 130,

Épinay (M^e d'), p. 247, 248.

Faber (maréchal), p. 200.

Fabvier, p. 322, 339, 340.

Fagel (baron de), p. 58.

Faget de Baure, p, 154, 170.

Fayette (M. de la), p. 114.

Feltre (duc de), p. 26, 36, 37,

Ferrand, p. 119.

Ferronnays (marquis de la),.

Fézensac (Aimé de), p. 85, 93.

Fézensac (M""> de), p. 21, 85.

Fiévée, p. 106, 228, 229, 311,

Fitz-James (duc de), p. 212, 215,

Fleuriau (commandant), p. 234,

Fleury, p. 248, 249.

Fontanes, p. 57, 59, 60, 61, 79,

Forestier, p. 127, 358.

Foulon, p. 123.

Fox (miss), p. 242.

François I", p. 163, 164.

François (empereur), p. 383.

Frayssinous (abbé), p. 276.

Freycinet (capitaine), 130, 443.

Gall (Dr), p. 49.

Galle (le), p. 381, 382.

Ganay (M. de), p. 297.

Garnier, p. 82, 83, 91, 170, 180, 185, 269, 279, 334.

Gaudin, p. 304, 334.

Gautier (capitaine), p. 130, 442.

Gayaut, p. 258.

Georges IV, p. 236.

Goldsmith, p. 296.

Goupy, p. 114.

Gourgues (M^e de), p. 41, 82.

Gouvion Saint-Cyr (maréchal), p. 39, 40,41, 44,45,47,50,51, 77,78,81,82,85,95,97,102, 103, 106, 108, 110, 122, 123, 130, 146, 166, 167, 168, 177, 180, 187, 209, 210, 218, 221, 224,230, 256, 266, 288, 291, 297, 304, 313, 317, 318, 321, 325, 326, 327, 328, 342, 349, 355, 356, 361, 364, 371, 372, 381, 382, 390, 392.

INDEX DES NOMS CITÉS

Grandmesnil, p. 249.

GrefFuIhe (M.), p. 42, 314, 315,

Gya-Long (empereur), p. 343,

Guizot, p. 76, 77, 79, 109, 147,

Hardenberg (prince de), p. 63,

Hauterive (d'), p. 36.

Havre (duc d'), p. 223.

Henri HI, p. 203.

Henri IV, p. 203, 322, 370.

Hernoux, p. 199.

Hitte (M. de la), p. 230.

HoUand (lord), p. 242.

Hope, p. 284.

Houdetot (Frédéric d'), p. 17,

Houdetot (lieut. colonel d'),

Houdetot (M"»' de^ p. 248.

Humboldt (M. de), p. 381 Hyde (M.), p. 95.

Jacquinot, p. 333, 338, 339,

Jaubert, p. 258.

Jaucourt (marquis de), p. 88,

Jeannin (président), p. 322.

Jersey (lady), p. 75.

Jordan (Camille), p. 117, 119,

Joubert (général), p. 317-318.

Jourdan (maréchal), p. 48, 102- Jumilhac (M"»* de), p. 81, 82.

Jurien, p. 81, 104.

Kinnaird (lord), p. 240.

Labonardière, p. 112.

Laborie, p. 80.

Labouchère, p. 308, 312,

Laboulaye, p. 266.

Lacroix, p. 104, 179.

Laffitte, p. 89, 111, 112, 199, 252,284,285.

Laffitte (commandant), p. 123.

Laffitte (M"«), p. 285.

Laine, p. 24, 25, 27, 29, 30, 41, 43, 60, 61, 76,77, 78, 81, 82, 93. 95, 96, 106, 108, 109,115, 144, 145, 151, 152, 162, 163, 164, 168, 173, 174, 176, 177, 183, 194, 201, 210, 212, 214, 225, 228, 229, 235, 238, 245, 251, 252, 254, 255, 259, 261, 268, 271, 282, 283, 291, 294, 303, 312, 317, 321, 323, 324, 325, 326, 332, 333, 334, 338, 339, 341, 342, 343, 347, 350, 356, 358, 360, 361, 366, 367, 368, 374, 375, 376, 383, 384, 386, 388, 390, 393.

Lally-Tollendal (marquis de),

INDEX DES NOMS CITES

Lamennais (abbé de), p. 248.

Lamoignon (Christian de), p. 88, 146, 178, 231.

Lanjuinais (M. de), p. 111-373.

Lannes (général), p. 116.

Lansdowne (marquis de), p. 181-242.

Lapofherie (colonel), p. 289, 290, 294, 297, 304, 313, 329."

Lardonney (comte de), p. 123.

Lareinty (M. de), p. 148.

Larrey, p. 258.

Lauriston (général de), p. 218,

Lauzun, p. 247.

Ledru-Desessart, p. 244.

Lenôtre, p. 12.

Léon X, p. 352.

Lévis (duc de), p. 334.

Lindsay (M">«), p. 105, 231.

Louis (abbé), p. 48, 212, 304.

Louis XIII, p. 204.

Louis XIV, p. 12, 60, 91, 142, 371, 372.

Louis XVI, p. 57, 343.

Louis XVIII, p. 25, 65, 66, 83, 84,90,93,94,96, 97,101,142, 154, 194, 204, 214, 215, 216, 223, 237, 239, 240, 242, 247, 288, 290, 291, 294, 312, 316, 320, 321, 323, 329, 331, 342, 345, 349, 358, 362, 371, 372, 375,380, 383, 391, 415.

Louis (Saint), p. 193, 227.

Lourdeix, p. 290.

Lucas (Dr), p. 156.

Luzerne (cardinal de la), p. 1 19.

Mac-Donald (maréchal), p. 78, 80, 216, 217, 220, 223, 224, 227,228,291.

Maillé (duchesse de), p. 243.

Maison (général), p. 325.

Malesherbes (M. de), p. 137.

Manuel, p. 89, 111, 114.

Marcellus, p. 296.

Mariné, p. 241.

Marmont (maréchal), p. 65, 76, 77, 78, 97, 116, 117, 169, 170, 185, 323, 324, 326, 327, 328, 329, 339.

Mars (M"«), p. 249.

Martainville, p. 290.

Maupeou (chancelier), p. 202.

Maury (cardinal), p. 23.

Mayneval, p. 259.

Méchier, p. 411.

Metternich (prince de), p. 63, 351, 363, 383.

Mézy, p. 31, 34,64, 65,66, 81, 82, 327, 392.

Michaud, p. 249.

Mill, p. 375.

Mirbel, p. 245.

Mole (l'acteur), p. 249.

Mole (comtesse), p, 43, 44, 87, 156, 248, 302, 303, 328.

Mole (Edouard), p. 11.

Mole (Mathieu), p. 11.

Mollien, p. 356.

Monsieur (comte d'Artois), p. 27, 29, 36, 80, 81, 94, 101, 118, 143, 187, 188, 194, 205, 225, 233, 282,290, 291, 297, 316, 321, 322, 324, 332, 333, 344, 345, 346, 349, 351,

INDEX DES NOMS CITES

Montboissier (M"* de), p. 134.

Montcalm (M"« de), p. 41, 96.

Montesquieu, p. 234, 408.

Montesquieu (abbé de), p. 93.

Montmorency (duc de), p. 180,

Montmorency (M"« de), p. 285.

Montrond (M. de), p. 241.

Moreau (D'), p. 86.

Moreau (général), p. 318.

Morgan de Belloy, p. 225. Mortier (maréchal), p. 329.

Motteville (M>"' de), p. 11.

Mounier, p. 94, 147, 245, 369.

Mun (marquis de), p. 64, 65,

Napoléon, p. 37, 39, 60, 70, 83, 88, 106, 122, 154, 163, 226, 231, 244, 245, 247, 255, 258, 285, 331, 365.

Narbonne (duc de), p. 51.

Narbonne (duchesse de), p. 47.

Nelson (amiral), p. 202.

Neufchâtel (prince de), p. 365.

Nunèz (Fernan), p. 286.

Odin (capitaine), p. 77.

Olivier, p. 114.

donnes (M. d'j, p. 38, 40.

Orléans (duc d'), p. 85, 89, 144,

Orléans (duchesse d'), p. 357.

Orléans (duchesse douairière

Orléans (M'iedO, p. 285.

Osmont (marquis d'), p. 43,49.

Oudinot (maréchal d'), p. 356, 381, 382, 390.

Pascal, p. 14.

Pasquier, p. 24, 27, 34, 36, 39, 40, 42, 45,51, 52, 55,56, 57, 63, 66, 76, 77, 78,80, 81, 82, 83, 84,85,91, 93, 94,97, 98, 108, 114, 119, 143, 150, 152, 153, 168, 171, 174, 181, 183, 186, 210, 212, 219, 221, 225, 226, 228, 229, 244, 250, 252, 257, 260, 261, 266, 268,270, 271, 283, 289, 290, 291, 292, 293, 295, 296, 298, 299, 300, 312, 313, 314, 321, 325, 326, 327, 330, 331, 333, 334, 336, 337, 338, 340, 342, 346, 347, 350, 351, 353, 335, 356, 357, 358, 359, 360, 361, 362, 366, 367, 370, 372, 373, 374, 389,

Pastoret,p. 65,76,88,169, 170, 180, 182, 183, 184, 185, 334.

Paul 1", p. 303.

Paunac (chevalier de), p. 104, 105, 106.

Périer (Casimir), p. 111-114,

Pérignon (maréchal), p. 325.

Périgord (M°»« Edmond de), p. 31.

Péthion, p. 124.

Philibert, p. U27, 128.

Pbilippon, p. 343.

INDEX DES NOMS CITES

Pichon, p. 123, 231.

Pireau, p. 323, 324, 327, 381.

Pitt, p. 334.

Plaisance (duc de), p. 367.

Plaisance (duc Charles de), p. 367.

Pline, p. 207.

Plutarque, p. 332.

Pommereul, p. 247.

Portai, p. 99, 100, 103, 104, 123, 124, 125, 126, 127, 235, 298, 299, 314, 318.

Portalis, p. 93, 119, 270, 271, 282, 296, 326, 336, 352, 353, 368, 369.

Pouyer, p. 148.

Pozzo di Borgo, p. 27, 32, 33, 41, 42,44, 45, 47, 48, 77, 81, 82, 87, 91, 92, 95, 96, 182, 243, 285, 288, 289, 296, 303, 304, 306, 328, 329, 330, 332, 333, 337, 338, 340, 346, 350, 354, 362, 363, 364, 365, 366, 381, 382, 383, .385, 386, 387, 392, 394.

Pradel (M. de), p. 358.

Préval (général), p. 212.

Princeteau (M"»), p. 49, 50,82,

Puymaurin (M. de), p. 259.

Raguse (duc de), p. 146, 322,

Ramond, p. 299.

Rasilly (amiral), p. 104.

Ravez, p. 172, 199.

Real, p. 247.

Redon (M.), p. 148.

Retz (cardinal de), p. 11, 45.

Ricard, p. 334.

Richelieu (duc de), p. 24, 27,28, 29,30,34, 35, 36, 39, 40, 41, 42, 43, 44, 46,50, 51, 58, 60, 63, 66, 73, 75, 76, 77, 78, 79, 80, 81, 82, 83, 84, 85,87, 88, 89, 90, 91, 92, 93, 94, 95, 96, 97, 98, 99, 100, 106, 107, 108,

Rivarol (M.

de).

Rivière, p.

Rocca, p. 75.

Rochefoucauld

(duc

de

la).

Rochejaquelein

(del

INDEX DES NOMS CITES

Rohan (M'»» de), p. 283.

Rohan (prince Louis de), p. 331 .

Romilly, p. 313.

Roussin (capitaine), p. 129, 442.

Roy (M.), p. 114, 147, 249,263,

Royer-Collard, p. 76, 77, 79,

Sainneville, p. 116, 117.

Saint-Aulaire (comte de),

Saint-Aulaire (M"« de), p. 286.

Saint-Belin (M. de), p. 139, 140,

Saint-Cricq, p. 251.

Saint-Genest, p. 244.

Saint-Lambert, p. 248.

Salaberry (M. de), p. 206, 207,

Salle (M. de la), p. 244.

Schiaffino, p. 48.

Schmaltz, p. 126, 127.

Séguier, p. 104.

Sémonville (M. de), p. 183, 217,

Sequevel, p. 381, 382.

Serre (M. de), p. 114, 147, 149, \

Songis, p. 313.

Soult (maréchal), p. 47.

Staël (Mm« de), p. 73, 74, 75,

Stuart (sir Charles), p. 86, 234,

Suchet (maréchal), p. 329.

Tabarié, p. 40, 110.

Talleyrand (prince de), p. 3i, 46, 68, 79, 92, 186, 218, 229, 247, 277, 329, 386, 387.

Talma, p. 21.

Tarente (duc de), p. 216.

Thiébaut, p. 111.

Tissot, p. 111.

Tour-Maubourg (comte de la), p. 216.

Tronchon, p. 114.

Turenne (maréchal de), p. 167.

Turolles (M"»»), p. 9.

Uzès (d'), p. 182.

Vanhove (M"«), p. 249.

Vanier, p. 343, 344.

Vassal, p. 111.

Vauban (maréchal de), p. 409.

Vaudémont (princesse de),

Vaugiraud (comte de), p. 122.

Vauvilliers, p. 106.

Vignoles (général), p. 244.

Villaret, p. 148.

Villèle (M. de), p. 172, 175, 208,

INDEX DES NOMS CITES

Ville roy, (M. de), p. 322.

Vincent (baron de), p. 383,

Vindé (M. de), p. 88.

Vinlimille (Mm« de), p. 21, 22,

Vioménil (maréchal de), p. 380,

Vitrolles, p. 290, 298, 325, 329,

Voisins (Gilbert de), p. IH,

Voltaire, p. 248,

Wellington (duc de), p. 32, 87, 89, 91, 93, 182,238, 239,240, 241, 243, 246, 269, 286, 287, 316, 320, 328.

Page 1