‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 3)Chapitre 24 sur 204 · EN FAVEUR DE CAMBACERES ET DE FONTANES · texte numérisé non relu

EN FAVEUR DE CAMBACERES ET DE FONTANES

versité. Mais Laine se récriait sur l'abus de créer une place pour un homme, et sur l'inconvénient de donner un chef et peut-être un maître à cette administration de la bibliothèque qui fleurissait sous la forme d'une petite république des lettres; il faut avouer que Laine avait raison, quoique nous n'eussions point tort; nous dûmes à sa courageuse résistance de ne pas faire de sottise ; pour ma part, il me convertit si bien que je ne songeai plus qu'à contenter Fontanes de quelque autre manière, mais cela ne se pouvait plus que sur les fonds de la police ou la bourse du Roi. Dès lors l'affaire revenait au favori et c'est précisément ce qu'il avait voulu, car il ne souffrait pas qu'un homme de quelque valeur échappât à sa clientèle et eût obligation à nul autre que lui. Malgré la chaleur et peut-être la faiblesse que ma vieille amitié pour Fontanes m'avait fait mettre à tout ceci, malgré l'attention que j'avais eue d'aller deux ou trois fois à sa maison de Courbevoie l'instruire de toutes mes démarches, Decazes lui persuada qu'il avait seul arrangé son affaire, et prit à son égard l'attitude de bienfaiteur; il me joua plus tard le même tour h l'égard de Gambacérès ; on verra dans la suite comment je l'appris.

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