INTERVENTION EN FAVEUR DE PASQUIER
« — Ecoutez, reprit l'Empereur, il est d'autant plus coupable, qu'avant de le faire Préfet de police je lui fis envisager l'étendue des obligations qu'il contracterait. J'étais a Fontainebleau, je le fis venir, c'était un dimanche et je lui demandai : « Si un Bourbon rentrait en France, l'arrêteriez- vous? — Oui, » répondit-il sans hésiter. Alors je le nommai préfet de police.
« — Eh bien. Sire, sans chercher davantage à justifier la lettre de M. Pasquier, souffrez que je m'adresse à votre bonté pour moi, et que je vous demande à titre de faveur personnelle de révoquer son exil. J'offre de lui servir de caution.
« — Quoi, vous voulez cautionner un homme qui m'a trahi !
<( — Oui, Sire, parce que je suis sûr qu'il n'a pas cru vous trahir, et je réponds sur ma tête que s'il le promet, jamais vous ne le trouverez non seulement dans aucune intrigue, mais dans aucun caquet.
(( — Allons, cela est impossible, je puis être obligé d'aller à l'armée d'un moment à l'autre, et pendant que je me battrai, je ne puis laisser dans Paris, des gens que leur conduite passée m'a démontrés capables de conspirer contre moi. »
« Je rapportai à Pasquier tout ce qui le concernait dans cette conversation, j'étais curieux de savoir ce qu'il dirait de l'aventure de Fontainebleau. (( L'Empereur n'a manqué à la vérité, me dit-il, qu'en mettant dans sa bouche ce qu'il me fit dire par l'archichancelier dans la grande galerie, lorsque l'archichancelier me fit appeler. « M. Pasquier, me dit-il, l'Empereur vient de me parler de vous avec estime, je crois qu'il vous destine à d'importantes fonctions, mais il faut auparavant que vous me répondiez sincèrement à une question. Dans le cas où un Bourbon