‹ Le comte Molé, 1781-1855Chapitre 108 sur 203 · INTERVENTION EN FAVEUR DE PASQUIER · texte numérisé non relu

INTERVENTION EN FAVEUR DE PASQUIER

« — M. Pasquier., que lui arrive-t-il donc?

« — Mais, Sire, il est exilé à 40 lieues de Paris.

« — Est-ce donc un si grand malheur que de s'éloigner pendant quelque temps de Paris? S'il a une campagne aux environs, il peut y aller.

<( — M. Pasquier ne regrette pas seulement de quitter Paris, Sire, il se plaint d'une rigueur qu'il n'a en rien méritée.

(( — Ah ! par exemple, comment pouvez-vous dire cela? M. Pasquier m'a trahi.

« — Sire, M. Pasquier ne vous a point trahi, la démarche qu'il fit comme préfet de police lui fut inspirée par le désir de sauver la ville de Paris. Les circonstances étaient si fortes qu'il serait difficile de dire ce qu'il aurait dû faire. Elles étaient bien de celles dont Votre Majesté a si bien dit dans sa proclamation datée de Lyon qiiil est des circonstances au-dessus de l'organisation humaine.

« — Je vous entends, vous voulez me rappeler que j'ai promis de tout oublier, mais remarquez que je n'ai parlé et pu* parler que de ce qui s'est fait depuis mon absence. Mon abdication a délié tous les Français envers moi, et il serait aussi injuste qu'odieux de les punir de ce qu'ils ont fait depuis, mais M. Pasquier n'est pas dans ce cas, je combattais encore à la tête de mon armée lorsque, trahissant ma confiance, il donna, dans Paris, le signal de la défection par une lettre au gouvernement provisoire, où il se prononçait en faveur de la déchéance et pour le rétablissement des Bourbons. Ne pourrais-je pas aujourd'hui le traduire en jugement et quel est le tribunal qui ne le condamnjrait pas ? »

« J'essayai encore d'excuser la démarche de Pasquier.

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