‹ Le comte Molé, 1781-1855Chapitre 112 sur 203 · POURQUOI MOLE ÉCRIT SES MÉMOIRES · texte numérisé non relu

POURQUOI MOLE ÉCRIT SES MÉMOIRES

Angoissé par les malheurs qu'il prévoyait pour son pays, au lieu du repos qu'il escomptait, il n'y trouva que la solitude et l'ennui. Pendant son séjour, il reçut de l'Empereur sa nomination de Pair, mais sentant qu'il ne saurait faire prévaloir auprès de Napoléon ses idées de modération, il résolut de ne pas aller prendre possession de son siège et écrivit à Cambacérès qu'il ne pouvait revenir. Il avait considéré comme une folie la tentative du 20 mars, il prévoyait que le retour de Napoléon allait attirer sur la France de nouvelles catastroJDhes, et les événements lui avaient démontré que le retour des Bourbons avait été en 1814 la seule solution pouvant assurer le salut du pays. Tout était remis en question et, pour la seconde fois, il comprenait que le retour de Louis XVIII pouvait seul encore sauver la France. Aussi, dès qu'il apprit que l'Empereur était parti rejoindre son armée en Belgique, il n'eut plus qu'un désir, rentrer à Paris et y servir le Roi.

Sort attitude politique pendant les Cent-Jours, ne fut pas comprise par tout le monde, et le mit en butte aux critiques les plus acerbes, aux attaques les plus violentes. Il en ressentit profondément l'injustice. Aussi, interrompit-il la rédaction commencée de ses Mémoires, pour en venir plus tôt à l'époque des Cent- Jours et de la deuxième Restauration, et expliquer sa conduite *.

« Je ne sais quel pressentiment, écrit-il, me porte h précipiter ma course. Je ne crois pas avoir le temps, tout en poursuivant mes mémoires, de les conduire à leur fin. Je me hâte d'arriverà une époque qui importe

1. Mémoires du comte Mole (1815-1818). Les pages qui suivent jusqu'à la un de ce volume sont empruntées à cette partie des Mémoires.

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