‹ Le comte Molé, 1781-1855Chapitre 137 sur 203 · PROCLAMATION DE LOUIS XVIII · texte numérisé non relu

PROCLAMATION DE LOUIS XVIII

mais il s'en sert comme les cordonniers font des souliers pour tous les pieds. »

(( Fouché me parut surtout préoccupé de sa position vis-à-vis de M. de Talleyrand. Il semblait douter de la sincérité des promesses qu'il en. avait reçues, et de son intention de l'appeler au ministère. Toutes les fois qu'il le nommait, il supprimait le Monsieur, disait Talleyrand, ou ce coquin de Talleyrand avec un naturel, une négligence, un badinago, qui supposaient une bien longue habitude de complicité ou de mépris.

(( Le Moniteur avait publié deux proclamations du Roi : l'une datée de Cateau-Cambrésis le 25 juin et contresignée duc de Feltre; l'autre datée de Cambrai le 28, et contresignée Talleyrand. Les tons de ces deux pièces étaient bien différents; la première courte et menaçante, propre à aliéner tous les esprits; la seconde, habile et peut-être trop humble, renfermait des promesses, depuis trop peu remplies. Fasse le Ciel qu'on ne les oppose à celui qui les a faites ou plutôt à ses successeurs!

(( L'expérience, disait-il, ne sera pas perdue, je veux tout ce qui peut sauver la France. Je prétends ajouter à la Charte toutes les garanties qui peuvent en assurer le bienfait. L'unité du ministère est la plus forte que je puisse obtenir; j'entends qu'elle existe et que la marche franche et assurée de mon conseil garantisse tous les intérêts, calme toutes les inquiétudes. C'est parmi tous les Français que j'aimerais à choisir ceux qui doivent approcher de ma personne et de ma famille. Je pardonne tout ce qui s'est passé depuis le jour où j'ai quitté Lille, jusqu'à celui de mon entrée dans Cambrai. Je n'excepte du pardon

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