‹ Le comte Molé, 1781-1855Chapitre 139 sur 203 · LA COCARDE BLANCHE · texte numérisé non relu

LA COCARDE BLANCHE

marquables de celte constitution éphémère de 1815^ rendait même chaque Pairie héréditaire avec une dotation d'un revenu de 30.000 francs. Toutes fonctions salariées autres que celles de ministre, ambassadeur et officier de terre et de mer étaient incompatibles avec la dignité de Pair : étrange leçon donnée par la Chambre des représentants aux auteurs de la Charte, qui avaient assurément traité la Pairie commedès gens qui n'e*i voulaient pas.

(( Le Roi était à cinq lieues de Paris,, attendant que Fouché lui permit de rentrer; la cocarde était ce qui retenait encore. Fouché demandait avec instance que^ ..les trois couleurs fussent conservées; l'armée, la gardenationale, et, il faut l'avouer, l'immense majorité le voulaient. Le Roi répondait qu'aujourd'hui le pavillontricolore était devenu le signe de la révolte. Cette question partageait les meilleurs esprits. J'inclinai, je le confesse, pour l'avis général. Si un Bourbon pouvait porter de bon cœur et de bonne foi cette cocarde,, la France me paraissait sauvée, la révolution terminée, le grand problème résolu.

« J'allais chez le duc d'Olrante pour lui en parler,, lorsque je le trouvai partant pour visiter Blûcher h Saint-Cloud, et Wellington à Neuilly. Il savait que je connaissais ce dernier, il ne l'avait jamais vu et me poussa de l'accompagner. L'entrevue promettait d'être mémorable. Je n'hésitai pas.

« Nous montions en voiture, suivi de son secrétaire Fabry, lorsque, apercevant de Valence sur le perron, il lui proposa de se mettre de la partie. Ceuv qui ont bien connu Fouché le reconnaîtront ici. Il se préparait h un des actes les plus importants de sa vie, à une conférence qui allait décider de l'avenir de la France et du sien propre, et il se donnait par occasion.

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