DESTITUTION DE PARIS
ingénieurs et sur celui de mes employés; je m'imposais à moi-même plus d'une privation. Si chaque chef d'administration s'était exécuté aussi franchement, on-aurait plus soulagé l'Etat et surtout contenté l'opinion. Mais le Ministère, au lieu d'écouter la voix de cette véritable opinion qui lui criait de faire les affaires de la Nation et de sauver la France, ne songeait qu'aux différents partis qui le menaçaient, et s'occupait bien plus des regrets ou des prétentions de chacun, que des besoins de tous. Réparant le lendemain les fautes de la veille, on le vit révoquer par une ordonnance les commissaires extraordinaires qu'il avait eu l'imprudence de laisser parcourir les provinces avec les pouvoirs des Princes, et qui allumaient partout les feux de la réaction. Paris, qu'éci^asait la présence des armées étrangères, eut encore h supporter une contributioiî de cent millions destinée à leur entretien, et que le ministre Louis eut la témérité de faire avancer par ses habitants, sur une répartition aussi arbitraire qu'injuste, inventée par le Préfet et le Conseil municipal.
<( Tous les ministres rivalisaient entre eux d'inhabileté et de faiblesse. La palme, à mon avis, reslaàFouché et à Pasquier. Ils la méritèrent par les ordonnances de police politique qu'ils rédigèrent; la première contresignée Talleyrand chassait de la Chambre des pairs trente de ses membres sous le prétexte que, lu qualité de pair de Bonaparte étant de sa nature incompatible avec celle de pair du Roi, ceux qui avaient accepté la Pairie de l'usurpateur avaient, par ce même fait, perdu celle qu'ils tenaient du Roi légitime; une pareille manière de raisonner révolta tous les esprits; pour en trouver quelque exemple il faut recourir aux provinciales ou au Moniteur de