‹ Le comte Molé, 1781-1855Chapitre 165 sur 203 · CONSEILS DE GUERRE INOPPORTUNS · texte numérisé non relu

CONSEILS DE GUERRE INOPPORTUNS

Bonaparte. Pourquoi,, disait-on, si ces trente pairs étaient coupables de trahison ou de félonie, n'a-t-on pas eu le courage de les traduire en jugement, plutôt que de mettre ainsi la subtilité et l'arbitraire à la place de la raison et de la justice?

u Pour comble de malheur, il s'en trouvait parmi eux plusieurs qui n'avaient marqué pendant les Cent- Jours que par leur opposition à toute mesure violente, et leurs efforts pour hâter le retour du Roi. En même temps on livra à des conseils de guerre évidemment incompétents Ney et Lavalette, Labcdoyère, les deux Lallemans, Drouet d'Erlon, Lefèvre-Desnouettes, Ameilh, Brayer, Gilly, Moulon-Duvernet, Grouchy, Claussel, Laborde, Debelle; Bertrand, Cambronne, Rovigo et Drouot furent mis aussi en jugement. Mais le noble caractère de Drouot réclamait une exception en sa faveur, et elle était réclamée par tous les honnêtes gens de tous les partis. C'est ici qu'il faut se rappeler le conseil que j'avais donné à M. Pasquier :

« Que vos justices », lui avais-je dit, « soient promptes comme la foudre; ne laissez pas refroidir le crime, autrement vous verrez arriver la pitié; jugez par contumace ceux dont vous ne tenez pas les personnes; ce qu'il vous faut, ce n'est pas du sang, ce sont des exemples. »

« Au lieu de cela les jugements se firent tellement attendre, qu'ils n'eurent d'autres résultats que d'inspirer de l'intérêt pour des hommes que notre opinion avait auparavant condamnés. Trente-huit autres individus furent exilés et mis sous la surveillance du ministre de la police, jusqu'à ce que les Chambres eussent définitivement statué sur leur sort. La composition de cette deuxième liste était marquée au

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