TOUCHÉ A DRESDE
faut juger l'àme humaine. Avec une bonne santé et bien peu de courage, on se distrait de la pauvreté et d'un ambitieux chagrin ; mais souffrir dans sa fierté et son amour-propre, perdre la considération ou l'estime dont on avait fait le but de tous ses travaux, se. voir oublier de ce monde qu'on remplissait du fracas de sa renommée, voilà la pierre de touche, l'épreuve jusqu'à laquelle on doit suspendre son jugement,
« Fouché, je dois le dire, n'en sortit pas, à mes yeux, d'une manière commune. Il me parut sans dépit, sans amertume même, contre ses collègues; il ressentait pourtant déjà l'ennui et la tristesse de l'exil, et envisageait sa position non pas seulement avec calme, mais avec une pleine liberté d'esprit, en homme habitué aux grandes affaires et familiarisé avec le? plus tragiques vicissitudes. Je le voyais tendre encore toutes ' ses facultés à démêler quel serait notre avenir. Son pronostic était sombre sans doute, fasse le ciel qu'il ait été trompeur. »
Wlfi DU TOME PREMIER