DÉCADENCE PHYSIQUE DE .NAPOLEON
de l'exactilude du récit que des conséquences à en tirer au profit de leurs opinions ou de leurs vœux*.
(( Je remonterai au commencement de 1813 à des conversations que j'eus alors avec Napoléon, et qui, donnant l'idée de mes rapports avec lui, feront justemsnt apprécier la disposition d'esprit où il me trouva au 20 mars 1815 et celle avec laquelle il m'aborda.
(( Il se préparait alors à réparer le désastre de Moscou, et déployait une activité qui surpassait peutêtre encore tout ce qu'il en avait montré jusque-là. On avait remarqué pendant sa campagne de 1812, que 1 homme physique chez lui n'était plus le même, et que l'homme moral en était parfois déprimé. Deux de ses aides de camp, et surtout M. Daru, me dirent qu'en le comparant à lui-même, et se rappelant ce qu'ils l'avaient vu dans ses autres campagnes, ils ne purent s'empêcher de croire que déjà sa santé, l'état de ses forces et de son organisation devaient le faire renoncer à nier l'impossible, et à prouver qu'il n'y en avait pas pour lui. Quant à moi, je le déclare, il m'a donné plus qu'à personne peut-être le droit et le moyen de pénétrer dans les replis de sa vaste intelligence, et je n'y ai jamais aperçu la moindre préoccupation d'élever un édifice impérissable.
« Il ne m'a jamais semblé qu'il eût un autre but que de ramasser, durant sa course ardente et rapide sur la terre, plus de gloire, de grandeur, et de puissance qu'un homme n'en avait jamais recueilli depuis Alexandre le Grand jusqu'à lui. Je reçus bientôt de sa
1. Le passage supprimé ici est reproduit au chapitre IX poursuivre autant que possible l'ordre chronologique.