ZOSIMB AVERTI PENDANT LE CONCILE
réuni un 2 3 septembre. Nous savons par le premier canon que, dès l'ouverture de la session, les réclamations des deux évêques furent mises à Tordre du jour de l'assemblée. Au nombre des personnes venues à Turin pour le synode étaient Tévéque d'Arles Patrocle ou le légat de Patrocle (i) ; or Patrocle ou son légat croyaient le concile convoqué pour de tout autres motifs (2). Ce fut, ou bien peu de jours avant la réunion, ou bien le jour même de la première séance, qu'ils surent que Ton allait aborder ce débat imprévu. Ils ne voulurent assurément pas attendre, pour communiquer au pape une si grave nouvelle, la clôture du concile ; ils pouvaient^ au reste, espérer de sa part une intervention utile au cours de la délibération. De Turin à Rome, le courrier qu'ils envoyèrent fit la route en une dizaine de jours, peut-être en six ou sept; le 29 septembre il avait atteint Zosime. C'est alors que Zosime écrivit la lettre Mtilta contra; il récrivit sur la seule nouvelle que le concile délibérait sur son décret.
Il suffit ainsi de rapprocher la lettre synodale des trois lettres de Zosime I lacuit apostolicae^ Cum adversus et Multa contra^ pour qu'il devienne manifeste que le concile de Turin s'est ouvert le 22 sep-
(i) Can. II : Illud deinde inter episcopos urbium Arelatensis et Vicnneosis, qui de primatus apud nos honore certabant...
(3) On voit dans la lettre Multa contra que Zosime a été surpris par la nouvelle de la démarche des deux évéques. Les mots : In synoJo taurintnsi, cum ionge aliud agtreiut..,^ et plus loin : ab ipiscopis ob ccrtas causas concHium agitantibus^ le prouvent parfaitement. Or, si Patrocle avait su à l'avance que Proculus et &nipUcius comptaient recourir au concile, il en eût à coup sûr infonné Zosime.
LA LETTRE « QCID DE PROCULI •»
tembre 417. Dans l'intitulé de la lettre synodale, on est en droit de rétablir la date consulaire qui s'est perdue : Honorio Augusto XI et Constant io II coU" sulibus.
On rencontre ici une difficulté sérieuse. 11 faudrait renoncer au rapprochement de jours que Ton vient d'établir, si Ton devait admettre comme authentique la date que porte dans nos manuscrits la décrctale de Zosime Quùi de Prociili ( i ), adressée à Patrocle d'Arles. Les décisions de Turin y sont, en cfTer, supposées connues, et l'on y voit mC-me clairement qu'elles datent d'au moins quelques semaines ; or la décrélale nous est donnée comme écrite le 26 septembre 417.
La lettre Qm/J de Proculi, comme la plupart des lettres écrites par Zosime dans cette aiïaire, ne nous a été conservée que dans la collection canonique de révéché d'Arles (a). Ainsi tous les exemplaires
(1) Mi^e, t. XX, coll. 668. £p. Merow.^ p. lo. Quid de Procuit damnatione ceDsuerim, teoet conscieniia tua, cum meo ÎDtprcsses cxamini : nec te gestorum nostrorum auctoritas latet vel scriptonim quae de ipsius damaaticoe pcr diversa terrarum dîreximus. Unde metropolitani in Ce dignitatem atque personam etiam apostolico? aedis auctoritatc con?iidera : io qucm furtivc locum per îndrbita a synodo Proculus usurpatum (GunJiach, per indtbita synodo Proculus usurpatur) inrepserat. Quicumque igitur ex OalUcoois uade undc (Guntilach uade stmel tantum) regioaibus veniuttt sub quovis ecclesiastico nomine vel gradu, formatas perte c->ramoniti ad nos mittendas esse cognoscant .. Data Vi kalendas octobris, Honorio .\let Constantio II consulibus (26 septembre 4 17).
(a) Maassen, p. 34g. On voit par la préface de M. Gundlacb que
LA LETTRE « QUTO DE PROCULI » 19
manuscrits que nous en possédons remontent à un original unique^ Texemplaire primitif de la collection, et il est possible que là date du 36 septembre soit inexacte (i).
En étudiant de près le contenu de la lettre Quid deProculi, on s'aperçoit qu'elle ne peut rentrer à la date du 26 septembre dans la série des lettres de Zosime relatives à l'affaire arlésienne. On y voit, en effet, que Proculus, par une sente^nce du pape siégeant en son tribunal (c'est-à-dire sans nul doute en concile romain) a été t condamné >, c'est-à-dire déclaré exclu de la communion catholique. Or nous avons vu qu'au moment où fut écrite la lettre Cum adversus, datée du 22 septembre 417, cette condamnation n'avait pas été prononcée. Le pape» dans cette
parmi les lettres de Zosime que noas avoDs ici à étudier, une seulement nous a été conservée, en outre des manuscrits de la la collection arlésienne, par d'autres collections : c'est la lettre Piacuit aposioiicae, qui tigure dans le ms. de Cologne n<* au et dans le ms. de Toulouse n*> 364 B. 63 (i,63]. (M. Gundlacb a oublitï de mentionner le frère du Toîosanus^ le Cod. Aibtgensis 3]. — La collection d'Arles nous est parvenue par quatre manuscrits, tous quatre aujourd'hui à la Bibliothèque nationale de Paris : les ms9. lai. 2777, s. IX; 3849, s. IX; 5537 (s. X pour cette partie); 3880, s. XTI. De ces ([uatre manuscrits, deux seulement doivent concourir à l'établissement du texte : ce sont les deux premiers (2777 et 3S49, n** I et i de Gundlach), car les deux autres [^S}7 ^t 3880, n" 3 et 4 de Gundlach), procèdent, par un intermédiaire disparu, du ms. 1. (Voir Gundlach, Neues Archiv^ t. XIV, p. iqj et 303; — £p. Merow., p. 2). Pour la lettre qui nous orcupe, les ms». 3 et 4 la datent, non du 26 septembre, mais du i"' octobre {kaîendas octobres) ; cette leçon est certainement fautive, le ms. i^ comme le ms. 3, donnant : VI kalendas octobres,
(1) En fait, l'indication de Tannée consulaire est inexacte, étant donnée par les quatre mss. sous la forme : Honorio (ou Onorio) £ QM primo (au lieu de Honorio XI) et Constantto II consulibus.
LA LBTTRE « QUID OK PROCULI »
lettre, ménage encore Proculus et ne statue rien sur son compte, bien qu*il condamne sans plus attendre les deux évoques qui ont accepté de lui une ordination illicite. Ecrivant huit jours plus tard la décrétale Multa contra (29 septembre), on voit le pape traiter Proculus fort durement; ce n'est pourtant qu'en son nom personnel que Zosime s'indigne de sa conduite. Proculus reste évoque, et il est certain qu'à ce moment encore aucune sentence n'a été rendue contre lui. Nous apprenons même que sa comparution devant le tribunal du pape a été ajournée, et qu'il diffère encore de s'y rendre (licet ipse,,, convenire dissimulet.)
L'excommunication romaine équivalait, pour Zosime, à une sentence de déposition (i). Si Proculus eût été excommunié avant le 3 octobre 417, Zosime ne l'eût pas nommé en sa qualité d'évêque avec d'autres évêques, sans aucune mention spéciale, dans la lettre Licet pro xi we qxCW écrivit à cette date à révêque d'Aix Rémigius (3).
Des huit lettres du pape Zosime adressées à des évêques gaulois qui nous ont été conservées, quatre contiennent l'énumération des trois provinces poli-
(i) Dans la lettre ^on miror (Migne, t. XX, col. 674 ; Ep, MtroxB.^ p. ij), Zosime dira de Proculus, excommunié par le Concile romaia: Cum ipse jam non sit cpiscopus.
(2) La lettre Licet proxime^ datée du V non ociobris Honorio Aug. et Constantio iterum consuUbus^ a été publiée pour la première fois par Maassen (p. 955), en 1870. M. Duchesne en cite le texte ÎQ extenso dans ses Fastes^ t. I, p. 99, note 2. Ou la trouvera à l'appendice sur : Rémigius^ évoque d'Aix, Le membre de phrase qui nous intéresse ici est : ... eas de quitus quereris eccUsias per Procuium *t Domninum cettrosque detintri.