‹ Le concile de TurinChapitre 17 sur 120 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

LE PAPE ZOSIME ET l'ÉVÈCIUE D*ARLES PATROCLE

I. Zosimc et P^trocle. — II. La ville d*ArIes. — III, Les parti* dans PEglue de Gsult au commencement da v« tiicle. — ' IV. Lei ambitiont de Patrocte et le pacte d*Arles et de Rome.

Après qu'on a rapporté la lettre synodale de Turin à sa véritable date, on voit les origines de la province arlésienne s'éclairer d'une lumière nouvelle. On voit aussi sortir de Tombre certains traits inaperçus, peut-être les traits principaux, de Thistoire du Saint-Siège au v* siècle, et Ton comprend mieux comment s'établit, pendant la dernière période de l'empire romain d'Occident, la monarchie ecclésiastique romaine.

Autant que nous en puissions juger, il n'y eut pas, avant Zosime, de question arlésienne. On supposera peut-être que les évêques d'Arles, en vertu d'un usage archaïque et bien que leur cité ne fût pas une métropole, avaient antérieurement donné Tordination aux évoques de quelques cités voisines. A part l'affirmation fort suspecte du pape Zosime, aucun indice ne le fait croire, et le deuxième canon de Turin parle de la Viennoise ecclésiastique comme

28 LA PROVINCE o'aRLBS CRKÉB PAR ZOSOIB

ayant jusqu'alors formé un tout. A l'égard de la première et de la deuxième Narbonnaises, rien ne permet de supposer que révoque d'Arles y eût jamais revendiqué la juridiction métropolitaine. Léon le Grand dit formellement que les prédécesseurs de Patrocle n'y avaient jamais possédé aucun droit (i). Les pouvoirs métropolitains, en Viennoise et en Narbonnaise première, étaient exercés régulièrement par les évoques de Vienne et de Narbonne; par une anomalie que Ton ne peut guère expliquer que par des causes historiques lointaines, ces pouvoirs appartenaient, dans la Narbonnaise seconde, non à révoque de la métropole administrative qui était Aix, mais à Tévêque de Marseille, dont la cité faisait partie de la Viennoise (2).

(1) Léon le Grand, ep. X {Divinae euîtum), c. IV (Migne, t. HV, col. 63a) : Quid sibi Hilarius quxrit in aliéna provîncia, et id, quod cullus decessorum ipsius ante Patroclum habuit, quid usurpât?

(2) Je donne ici, diaprés la Notifia Galliarum (dd. Mommsen, ap. Chronica Minora^ t. I, p. 552 et suiv.), la liste des cités formant les diverses provinces politiques dont il sera question (Ibid, p. 6uo et auiv.). J'^i mis entre crochets les noms des cités qui ne figuraient pas dans le texte primitif de la Notifia, à peu pris contemporaine des événements que j*étudie, et qui vers 417 pouvaient n*avoir pas encore d'évêques.

Itam de provinciis numéro septem (Diocèse des Sept-Provinces).

XI. Provincia Viknnensis, civitates n.XIIf: i. Metropolis civi~ tas Vienntnsium (Vienne). — 2,civ, Genavensium (Genève). — 3, f . Gratianopolitana (Grenoble). — 4. c. Albensium (Viviersj. — 5. c, Deensium (Die). — 6. £. Valentinorum (Valence). — 7, c. Tricaitinorum (Saint-Paul-trois-Châteaux). — 8. c. Vasensium (Vajson). — ^. c. Arausiccrum (Orange). — [10. e. Carptnioratensium (Carpentras)]. — xi, c. Cabellicorum (Cavaillon). — it. c. Avennicorum (Avignon). — 13. c. Arelatensium (Arles). — 14. c^ Massiliensium (Marseille).

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