‹ Le concile de TurinChapitre 19 sur 120 · LB PAPE ZOSIME · texte numérisé non relu

LB PAPE ZOSIME

du pouvoir dont il disposait effectivement; persuadé que les décisions d'un pape, pour toutes les églises relevant de sa primatie. devaient être

L*idée que Zosime s'est faite de sa monarchie ecclésiastique , apparait plutôt dans ses actes que dans ses déclarations. Une de ses lettres toutefois fait bien connaître la théorie qu'il a admise sur l'étendue et sur Torigine de ses pouvoirs : c'est la lettre Quamvis patrum (Migne, t. XX, col. 675), oO il a proclamé d'autant plus volontiers le caractère surnaturel de son autorité et la nature irrévocable de ses décisions, qu'il était en fait, à ce moment, convaincu d'avouer qu'il s*était trompé et avait patronné des hérétiques. Le siège romain est le siège de S. Pierre, prince des apôtres, qui a reçu du Christ ie pouvoir de lier et de délier. Les pouvoirs de S. Pierre se sont transmis intégralement à ses successeurs ; bien mieux, l'apôtre n'a pas cessé de gouverner lui-même son église, et le pape n'est que son instrument. Cette idée, chère entre toutes à Léon le Grand, qui l'exprime sans cesse dans ses sermons et ses lettres, apparaît déjà dans Sirice (voir ep. Directa, écrite en 385, ap. Migne, t. Xlll, col. 1133: Portamus onera omnium qui gravant tur : quin immo haec portât in nobis beatus apostolus Petrus, qui nos in omnibus^ ut confidimus^ administrationis &uaa protegit tt tuetur haeredes) ; mais c'est Zosime qui l'a exprimée le premier d'une manière explicite, et en a le premier tiré ta conséquence : à savoir que l'autorité des papes, dans les choses de discipline comme dans les choses de foi, est inébranlable, et ses décisions sans appel : « Cum tantum nobis esset auctoritatis, ut nullus dé nostra possit retractare senttntia, »

Pourtant la conception mystique des pouvoirs du siège de Pierre n'a pas, dans la pensée de Zosime, l'importance qu'elle prit chei Léon lu Grand. Il parait bien y recourir ici comme à un expédient, et pour sauver le^ apparences dans la palinodie du moment. Ce qui est certain, c'est que l'idée pontificale était parvenue, chez Zosime, à son parfait développement, et qu'il s'est regardé, aussi bien que Léon le Grand, aussi bien même qu'aucun pape du moyen-âge, comme le souverain absolu de TEglise. Zosime n'a guère commis que des fautes, il a manqué de jugement et peut-être de bon sens ; mais pour avoir le premier aflirmé dans toute leur étendue les druits du siège de Kome à la monarchie ecclésiastique, il occupe un? place importante dans la série des papes.

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