PAPAUTE ET EMPIRE
avaient conçu l'idée depuis au moins trente années, et qu'ils n'étaient pas parvenus à réaliser.
On objectera que Tautorité de Léon le Grand ne s'exerça pas seulement sur les églises latines. Au concile œcuménique de Chalcédoine, Tépiscopat d'Orient, qui n'était pas tenu d'obéir à l'empereur de Ravenne, rendit hommage à l'autorité dogmatique et disciplinaire du primat de Rome. — Mais les victoires vraiment fécondes delà politique de Léon le Grand sont bien celles qu'il remporta en Occident. Au surplus, on peut se demander si le prestige dont jouirent les légats de Rome au concile de 451 ne fut pas en quelque mesure l'effet indirect de la constitution Certum est. Le pape put parler, à Chalcédoine, au nom de la moitié de la chrétienté. II pesa, sur les décisions du concile, de tout le poids de l'autorité qu'il avait acquise, par le décret impérial, sur les évoques latins.
La monarchie ecclésiastique de Léon le Graad paraît, à n'en voir que la façade, un édifice tout canonique. Elle n'avait d'autre fondement avoué et d'autre soutien apparent que le respect des églises provinciales pour le siège de l'apôtre. On découvre, après une étude attentive, que la bâtisse reposait sur l'armature cachée d'une loi d'empire.
On pourrait arrêter ici cette étude, la constitution Certum est ayant mis un terme à la période critique de l'histoire du Saint-Siège qui a été l'objet de nos recherches. Il y eut toutefois un épilogue aux événements dont on vient de faire le récit, et de derniers effets du concile de Turin. En poursuivant