LEON NB CRÉE PAS LA TBII'LH PROVINCE
contre Eutychès, et le priait de la faire lire à c tous les évoques», — sans doute, tous les évoques de la Gaule (i). Mais si le pape consentait à faire de révêque d'Arles Tagent du siège romain en Gaule, il ne lui conférait à raison de ses services aucune dignité particulière. A la différence de Patrocle, qui avait eu rhonneur et les pouvoirs du vicariat sans en remplir l'office, Ravennius était invité à remplir Toffice sans avoir ni les pouvoirs ni Thonneur.
Enfin Léon afifectait d'ignorer qu'on l'eût prié d'accorder à l'évêque d'Arles la juridiction sur les deux Narbonnaises et sur les Alpes-Maritimes. 11 semble qu'il entendît bien obtenir que chacune de ces trois provinces eût son métropolitain propre. Loin de consentir à rendre à Ravennius la province que Patrocle s'était fait attribuer par le Saint-Siège, il ne laissait môme pas se rétablir sous son autorité la province d'Hilaire,
Léon n'avait voulu statuer que sur la Viennoise (2),
(i) Ep. Diu filios, Migat, t. LIV, col. 886, Bp. Merow., p. aa. Hoc dilcctioni tuac specialiter delegantes, ut sollicitudioe vigilaotix tuac epistola nostra... universis fratrîbus innotescat.
(2) M. Duchesne, Fastes, t. \, p. 133, d'accord avec M.Gundlach, fitues Archiv, t. XV, p. 243, interprèle tout autrement la lettre L££tis diUctionis'. M On ne voit pas très bien, dit-i], ce que Léon entend ici par province. Il nomme d'abord la provinco de Viennoise en parlant de la nécessite d'y conserver la paix ; puis, dans les phrases où il est question du partage, il dit seulement }a province. Or, Tarantaise était certainement en dehors de la province Viennoise. Elle appartenait à celle des Alpes Grées et Pcnnines, Comme le pape n'énumère pas tes sièges épiscopaux soumis & l'évéquc d'Arles, on peut croire que par rcxprcssion : rehquae vero civitates ejusdem provinciae^ il entend, conformément à la teneur de la lettre à laquelle il répond, aussi bien les cités delà seconde Narboonaise et des Alpes-Maritimes que celles de la province Viennoise