‹ Le Concile du Puy, tenu en octobre 1873: simples notesChapitre 6 sur 10 · A LA FIN DU CONCILE · texte numérisé non relu

A LA FIN DU CONCILE

I. Le Grand-Chantre. — A Dieu le Père Tout- Puissant, Créateur des choses visibles et invisibles, quiy pendant que nous étions solennellement assemblés en ce Concile, nous a prévenus des bénédictions de sa douceur ;

Le Concile. — Soient Bénédiction, Honneur, Gloire et Puissance dans les siècles des siècles •• Ainsi soit-il !

II. Le Grand-Chantre. — Au Fils unique de Dieu, qui a été établi par le Père Roi sur Siop, sa sainte montagne, malgré le frémissement des nations et la coalition des Princes contre l'Église;

Le Concile. — Qu'il règne, qu'il triomphe, qu'il domine pour la paix de l'Église! à jamais!

III. Le Grand-Chantre. — A TEsprit-Saint, notre vrai Consolateur au milieu des grandes adversités qui nous assaillent; la Source de foule Vérité, le Docteur qui ne cesse d'instruire, la Lumière au milieu des ténèbres, le Rempart qui nous met à l'abri des traits de l'erreur :

Le Concile. — Qu'au sortir de ce Cénacle, nous lui rendions grâces, et que ses dons, que notrs avons reçus, se répandent avec abondance sur le Clergé et sur le Peuple !

IV. Le Grand-Chantre. — Que du Sacré-Cœur de notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ toujours vivant, afin d'interpeller en notre faveur, et vers Lequel la France entière se porte avec un merveilleux concert, pour lui dédier avec amour un temple magnifique,

Le Concile. — S*épancheat, grâce à l'interveution de Celle qu'on invoque sous le titre de Notre-Dame du Sacré-Cœur, les richesses de

son amour infini. Qu'il soit pour nous la Résurrection et la Vie !

V. Le Grand-Chantre. — Que vers Notre-Dame de France^ la Vierge Immaculée, à laquelle la piété du peuple très-chrétien a érigé un trône glorieux sur le sommet du mont Ânis,

Le Concile. — Montent les prières et les soupirs qui s'échappent des cœurs français, et que cette bonne Mère tire de ses entrailles (maternelles) d'abondantes bénédictions pour les répandre sur la France !

VI . Le Grand- Chantre. — Au Bienheureux saint Joseph, Époux sans tache de la Vierge Mère de Dieu, et charitable Nourricier de Jésus- Christ, que le titre de Patron de r Église universelle fait briller d^un éclat nouveau,

Le Concile. — Soit Honneur et Confiance; que son culte aille croissant partout et toujours !

Vn. Le Grand-Chantre. — Au Pape Pie IX, Notre Très- Saint Père, Docteur universel, à qui il a été donné de définir le Dogme de l'Im-

maculée Conception, d'assembler le Concile du

Vatican, de venger le Magistère suprême et infaillible du Pontife Romain^ d'abattre les erreurs pullulant de toutes parts, et qui, aux applaudissements unanimes de la famille catholique, a reçu de Dieu le privilège d'atteindre les années de Pierre :

Le Concile. — Secours et Joie d'En Haut :

Tranquilité durable après la tempête ! Qu'après avoir recouvré le Principat sacré de l'Eglise, il assiste, à son Triomphe et qu'il le partage !

VIII. Le Grand'-Chantre. — A l'Illustrissime et Révérendissime Père en Notre-Seigneur Jésus- Christ, le Métropolitain de notre Province, qui, marchant sur les traces de son glorieux Patron, a déployé tout son zèle pour la convocation du Concile, et qui s'y est fait remarquer par ses manières oh la noblesse s'unit à la bonté ;

Le Concile. — Que Dieu le comble de ses faveurs et le conserve de longues années!

IX. Le Grand-Chantre. — A l'Illustrissime et Révérendissme Évêque du Puy, auquel le Con-

irïv^. "jn

cile est redevable d'une hospitalité généreuse et cordiale ; qui a rendu à la Bienheureuse Vierge dans sa Basilique angélique de si grands honneurs, et s'est employé avec amour k l'achèvement du grand ouvrage commencé par son prédécesseur, d'heureuse mémoire, en l'honneur de Notre-Dame de France;

Le Concile. — Qu'il reçoive nos remercîments unanimes, et que la Bienheureuse Vierge lui décerne une magnifique récompense !

X. Le Grand-Chantre. — Aux Illustrissimes et Révérendissimes Évêques de la Province de Bourges qui, par leur doctrine, leur sagesse, leur charité, ont illustré ce Concile, et y ont fait retentir leur parole apostolique;

Le Concile. — A jamais. Amour et Révérence filiale, et que les Diocèses qu'ils gouvernent retentissent de leurs louanges !

XI. Le Grand-Chantre. — Aux Prêtres du Concile, que Dieu a fait habiter ensemble dans une édifiante union :

Le ConcUe. — Que le Seigneur, pour récompense, les favorise de sa grâce; et qu'au jour de la moisson, ils viennent chargés des gerbes de mérites qu'ils auront recueillies !

XII. Le Grandie hantre. — A notre bien-aimée France, qui s'efiorce d'échapper aux flots d'erreurs menaçant de la submerger 4

Le Concile. — Que le Père des Miséricordes daigne lui tendre une main secourable ; que la paix lui soit rendue, et qu'elle puisi^e accomplir, enfin, sa belle mission de Fille aînée de f Église!

XIII. Le Grand-Chantre* — A la noble et chrétienne ville du Puy, qui, prémunie par son attachement à la religion de ses Pères, et soutenue par la protection de la Mère de Dieu, n'a jamais été souillée d'aucune hérésie ;

Le Concile. — Abondance de paix et de salut ! et que le Seigneur règne sur elle à jamais !

XIV. Le Grand-Chantre. — Que ce Concile de notre Province, si saintement et si heureusement accompli,

Le Comité. — Soit pour le Clergé et le Peuple un principe de Salut, une couronne de gloire !

XV. Le Grand-Chantre. — Et que les Décrets du Concile soient fidèlement observés, pour la gloire de Dieu, pour l'honneur et l'avantage de la Province de Bourges !

Le Concile. — Ainsi soit-il ! Ainsi soit-il ! Par la grâce de Dieu, à qui soient Bénédiction, Honneur^ Gloire et Puissance, dans les siècles des siècles!! Amen!!!

LiTTEiui: RR. Patrum Gongilii ad SS. DD. et

Patrem Pium Papam IX.

Beatissime Pater,

Nobis nuper significatuin voluit Sanctitas Tua se in animo habere ut omnes Episcopi comprovinciales,in unum convenientes, mutuo consensu iis pro vidèrent quœ, in prœsentibus rerum adjunctis, ad utilitatem Ecclesiae maxime profutura arbitfarentur. Patemitatis Tuœ desiderio nuUo aptiori pacto nos obsequi posse judicavimus quam si in provincialem synodum adunati, ea statuta ederemus quae raalis nostrorum temporum curandis magis idonea viderentur ; et jam

certiores facti sumus hoc nostrum propositum Sanctitati Tuae fuisse gratissimum. Solemnem igitur conventum habuiraus in insigni Basilicà Aniciensi, jamque Deo Optimo Maximo favente, opitulanteque Beatissima et Immaculata Yirgine Maria, opus susceptum absolvimus ; neque aliud superest nisi ad pedes Sanctitatis Tus décréta nostra déferamus, examinanda, emendanda, si opus fuerit, ut tandem illa Âpostolica sanctione munita, ad executionem mandemus.

Quod totum omni, quà par est diligentiâ, statim ac typis mandata, sed non evulgata, nos esse facturos Beatitudinem Tuam prorsùs certain volumus.

Non tamen à sacro cœnaculo recedemus, ad proprias regressuri Ecclesias, nisi prius ad Patrem nostrum amantissimum, Summum Christi in terris Vicarium, vota communia direxerimus. In hoc quippe Provinciali Concilio non potuimus quin frequens nobis recurreret mentio Romani Pontificis, cujus ctim tôt infortunia tantaî animi fortitudini co vuncta inspiciamus, vix à lacrymis

temperare valemus. Yenerunt enim gentes in haereditatemtuam, poUuerunt sanctum Templum Dei, posueruntque Jérusalem in pomorum custodiam ; et Te, Supremum Ecclesiae Pastorem, in propriis aedibus veluti in carcere constituerunt. Faxit Deus mox, cessante procellà disjectisque nubibus, serena dies elucescat solque novis splendoribus orbem Isetiricet !

Neque sola Tui recordatio, Te, absentem corpore, nostris comitiis prœsentem spiritu faciebat; sed provincialem etiam nostrum conventum tuo salutari influxu regere non desiisti. Tu enim nobis dogmata ad informandampopulorum iidem per admirabiles tuas Constitutiones praebuisti ; Tu arma submini stras ti ad errorum monstra debellanda ; dùm in clericis ad pietatem et ad sacras scientias informandis promovendisve intenderemus, prs oculis habebamus tôt praeclaramonita, quae ab incœpto Pontificàtu ad Episcopos Orbis catholici de tanto argumento mittere nunquàm omisistij ad restaurandam Disciplinam, procurandamque Sacramentorum rectam administra-

tionem, nobis lucem prœstàrunt tôt décréta quibus sanctos Canones illustràsti et complevisti ; ad ministeria tandem pastoralia rite fructuosèque exercenda, Tu viam demoDstrati, non solùm exemplo quidem et adhorlationibus, sed etiam approbationa et commendatione tôt piarum institutionuin, quasnostristemporibus soient catholici pravorum impugnationibus opponere; Tu igitur et panemad manducandum prœstitisti ^ et administrasti semtn seminanti.

Siquidem décréta hujusce Provincialis Conçilii semen sunt, quod utinàm in bonam terram décidât afferatque fructum sexagesimum et etiam centesimum !

Ità sanë iiet^ si super hoc semen, et super agrum à nobis excolendum, descendent imber cœlestis gratise; imbrem verô de cœlo mittet Pater Misericordiarum, et Deus totius consolationis, si Tu, Beatissime Pater, cœptis nostris favens, super pastores quos in partem SoUicitudinis Tuae vocasti, et super grèges illis creditos, Âpostolicam Benedictionem

impertiri dignaberis; quam à tua Beatitudine suppliciter implorant. .

Sanctitatis Tuœ,

Beatissime Pater,

Humillimi devotissimi et addictissimi in Christo servi,

t C.-A., Archiep, Bituricen.; f J.-B.-P.-L., Episcopus lutelensis; f P,-A, Episcopus Sancti-Flori ; t P,-M., Episcopus Aniciensis; f A., Episcopus Lemovicensis.

Venerabilibus Fratribm Carolo-Amabili^ Archiepiscopo Bituricensi et Episcopis Claromontensi, Aniciensij Lemovicensi, Sancti-Flori ac Tutelensi, Bituricas.

Plus PP. IX.

Venerabiles Fratres, Salutem et Apostolicam

Benedictionem.

Ex Yestris litteris Nobis gratissimis, die 19 elapsi Octobris ad Nos datis, agnovimus Vos susceptum Provincialis Synodi celebrandae opus^ Deo et Immaculata Dei Matre adjuvante, féliciter absolvisse, simulque studium vestrum in eo çoUocasse, ut Décréta a Vobis édita ad Nos

quamprimum expendenda et emendanda mitteretîs. Mérita Nos laude prosequimur, Venerabiles Fratres, egregium animum, zelum, concordiam vestram, qua Vobis proposuistis hisce miseris temporibus provinciali vestro conventu spiritualibus utilitatibus Ecclesiarum Vestrarum prospicere, et remédia mails apponere, quse in damnum Christiani Populi tam calamitose grassantur. Firme porro confidimus in Domino fore, ut optimae voluntati Yestrse effectus cumulaterespondeat, ac Ipsius clementiam ex corde precamur ut copiosis fructibus salutaris seminis quod jecistis Vos una Nobiscum lœtari valeatis.

£a autem, qude Nobis bac occasione unanimi sensu scripsistis, consolation! Nobis fuerunt; demonstrarunt enim dilectionem vestram et obsequium, quo Aplicse huic Cathedra^ adha^rentes, ejus ductum, monita, hortationes fideliter sequi gloriamini. Nihil profecto magis interest hoc misero tempore, ut vos ignorare non potestis, quam hujus Cathedrae doctrinas et monita studiose propugnare et promovere et una cum ipsa adlaborare ad catholicae veritatis et pieta-

lis sensus in animis fovendos; quod munus nemo certe dignius, efficacius, et salutarius implere potest, quam illi, qui in partem soUicitudini Nostrae vocati sunt. Qaapropter hoc egregium studium constanter tuemini, Yenerabiles Fratres, ex quo et illud assequemini ut Deus Omnipotens largioribus gratiae susb muneribus operam vestram et labores opportune fortunet. Intereà Vobis praecipuam benevolentiam Nostram confirmantes, ejus pignus et auspicem omnium gratiarum esse cupimus Âpostolicam Benedictionem quam vobis singulis, nec non et unicuique gregi, cujus vobis procuratio est concredita, peramanter in Domino impertimus.

Datum Romae apud S. Petrum die 8 novembris anno 1873.Pontificalus Nostri anno vicesimoctavo.

Plus pp. IX.

Lettre des Pères du Concile du Pu y aux Évêqubs

d'Allemagne.

Illustrissimes et Réyérendissimes Seigneurs,

Réunis en Concile et sur le point de finir nos travaux, nous éprouvons le besoin de vous dire la part que nous prenons à vos tribulations et l'admiration dont nous sommes pénétrés en voyant votre invincible fermeté. II semble écrit dans les décrets de la divine Providence que toute définition de Foi portée par TÉglise en un point capital de la Révélation chrétienne, amènera à sa suite une nouvelle persécution.

Les Canons du Vatican, pas plus que le symbole de Nicée, ne pouvaient échapper à cette

Toi. Heureux les Âthanase que Dieu se choisit pour porter le poids de la lutte, et montrer par leur inébranlable fidélité, que les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre l'Église ! C'est vous, Vénérables Seigneurs, que Dieu a destinés de nos jours, pour donner cet admirable spectacle aux anges et aux hommes. Au pouvoir qui tourne contre vous toutes ses forces, vous n'avez à opposer que le glaive de l'esprit, et le courage que Dieu met au cœur de ses nouveaux Macchabées. Et avec ces armes, si faibles aux yeux du monde, vous tenez en échec les puissances ennemies. En vain elles vous frappent dans vos églises^ dans vos séminaires, dans vos biens, menacent même vos personnes de la prisqn et de l'exil. A toutes les exigences vous répondez, comme les Apôtres, qu'il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes ; et le monde qui n'était plus habitué à tant de magnanimité, apprend avec surprise qu'il est encore de vrais

Ëvêques de Jésus-Christ, prêts à sceller de leur sang la Foi, la Liberté et les droits de l'Église. Béni soit le Dieu, de qui descend tout don

parfait, de vous avoir revêtus de l'Esprit de Force pour combattre les saints combats. Gloire à vous, illustres héritiers de saint Boniface, vous qui faites resplendir TÉpiscopat d'un si vif éclat ! Merci du grand exemple que vous donnez à tous vos Frères ! Si l'avenir nous réservait, à nous aussi, des jours mauvais, le souvenir de votre noble résistance nous animerait à défendre, comme vous, à travers tous les dangers, les droits imprescriptibles de la Sainte Église. Nos prières, cependant, vous accompagnent dans vos glorieuses, mais pénibles épreuves. Agenouillés aux pieds de la Bienheureuse Mère du Sauveur, dans son sanctuaire du Puy, nous la conjurons, Elle dont le pied a écrasé la tête du serpent, et la main terrassé toutes les hérésies, de vous protéger durant les jours de la tribulation.

Déjà, avec son secours, vous avez remporté la victoire sur la secte qui s'appelle si faussement des Vieux catholiques. Dénoncés par votre vîfcîlance pastorale, combattus par les armes de Ift science et de la foi, la noavelie hérésie »'a j^n.^

malgré l'appui des puissances de ce monde, entraîner qu'une poignée de révoltés.

Un autre succès vous est réservé.

Le jour viendra, et puisse-t-il n'être pas éloigné, où vos persécuteurs eux-mêmes reconnaîtront la justice de votre cause; la paix vous sera rendue, et alors, grâce à votre indomptable courage, TÉglise de Jésus-Christ enregistrera dans ses annales un triomphe nouveau .

Veuillez agréer, Illustrissimes et Révérendissimes Seigneurs, avec Thommaerè de notre profonde vénération, les sentiments de respect et d'amour de vos Frères les Évêques de la Province de Bourges.

t C.-A., Archevêque de Bourges; t J.-B.-P.-L., Êvêquede Tulle; f P.-A.y Évêque de Saint-Flour; f P. -M., Évoque du Puy; f Alfred, Èvêque de Limoges.

Lettre de Mgr Miecislas Ledochowski, Archevêque de Gnesen et Posen, à Mgr VArçIievêque de Bourges, en réponse à F Adresse envoyée aux Évêques d Allemagne par F Archevêque et les Êvêques de la Province de Bourges^ réunis en Concile^ au Puy.

Posen, le 24 Novembre 1873.

Monseigneur,

J*ai reçu, par l'entremise de notre vénérable

Frère Mgr rÉvêque de , un exemplaire de

la lettre que votre Grandeur et NN. SS. les Évêques de la Province de Bourges, ont daigné adresser, du Puy, le 19 octobre, aiix Évèques d*Âllemagne^ parmi lesquels on me compte aussi par droit territorial politique de mon pays.

Votre Grandeur a voulu ajouter à cet insigne honneur, qui nous a été décerné à tous en commun, un témoignage particulier de sa haute

bienveillance à mon égard, dont Mgr de... a été un chaleureux interprète. Cette circonstance m*enhardit à exprimer à votre Grandeur ma très-vive reconnaissance et mes remercîments bien sincères pour son souvenir et pour l'appui de ses prières. Daigne la Mère de Dieu, dont vous avez imploré pour nous la Protection, exaucer vos vœux, et après nous avoir obtenu de son Divin Fils la fidélité pendant la terrible lutte que nous sommes appelés à soutenir, nous conduire à la victoire et nous faire participer aux joies du triomphe de l'Église.

Priez surtout pour moi, Monseigneur, car j'ai grand besoin du secours d'en haut dans ces moments si graves pour mon Église. Depuis que je me suis mis à vous tracer ces lignes, j'ai été interrompu pour lire une dépêche qui m'invite, au nom du Gouvernement, à descendre de mon siège, faute de quoi j'en serai déposé par un tribunal de Berlin. Que de ruines, que de dangers pour les âmes produira ce nouveau détail de la persécution religieuse I J'ai cependant une ferme confiance que Dieu saura faire tourner les efforts

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des impies à la gloire de son Saint Nom, à l'honneur de son Église et à notre propre salut.

Daignez agréer, Monseigneur, l'hommage de mon respect et de ma vénération avec lesquels j'ai l'honneur d'être.

De votre Grandeur,

Le très-humble et très-dévoué Serviteur,

f MiECISLAS,

Archev. de Gnesen et Posen, Primai*.

^ Mgr Ledochowski a été compris dans la dernière création de cardinaux faite par Pie IX.

Lettre des Pères du Concile du Puy aux Évêques

DE Suisse.

Illustrissimes et Révérendissimes Seigneurs,

L'esprit de charité qui anime la sainte Église ne permet pas qu'un seul de ses membres souffre, sans que tous les autres membres souffrent avec lui. Combien plus vive doit être cette surnaturelle sympathie, lorsque de cruelles blessures déchirent les membres les plus nobles de ce Corps divin, et lorsque les coups qui les frappent ne tendent à rien moins qu'à la destruction du corps entier.

Telle est aujourd'hui votre situation à l'égard

de la sainte Église, Illustrissimes et Révérendissimes Seigneurs. La persécution que vous subissez n'est pas, comme tant d'autres, le résultat de passions individuelles ou d'un conflit accidentel d'intérêts; elle est manifestement l'ébauche d'un plan plus général, qui a pour but le complet asservissement, et, par conséquent, la complète destruction de l'Église de Jésus- Christ.

Les persécuteurs de l'Église ont formé une ligue étroite qu'ils ne prennent même pas la peine de dissimuler : Convenerunt in unum. Ce que d'autres tyrans avaient voulu sans oser l'avouer, eux le veulent et le disent hautement. Ils prétendent en finir avec la liberté de l'Église. Elle a beau se renfermer dans l'ordre spirituel ; c'est surtout dans cet ordre qu'on ne veut pas lui permettre de s'attribuer une autorité indépendante et souveraine •

Quel est, en effet, le motif des rigueurs qu'on exerce contre vous? C'est tout ce qu'il y a de plus spirituel dans l'exercice du pouvoir de

l'Église : c'est la définition de la doctrine révélée, la condamnation des erreurs, la désignation du pouvoir apostolique, Tattribution ou la suspension de la juridiction sacramentelle. En s'arrogeant le droit de régler souverainement de pareilles questions, l'État se substitue à l'Église ; il la dépouille tout à la fois de son indépendance et de sa divine autorité; et voilà, en effet, ce que veut la secte qui, après avoir longtemps conspiré dans l'ombre, en invoquant la liberté, a fini par s'emparer du pouvoir et se hâte de l'employer à l'asservissement des âmes. Elle ne peut souffrir qu'il y ait sur la terre une voix qui parle au nom de Dieu, ressuscitant, après dixhuit siècles de christianisme, la tyrannie ducésarisme païen ; elle prétend comme lui dominer les consciences, et elle ne tolère pas que les serviteurs de Jésus-Christ osent revendiquer le droit d'obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. Voilà pourquoi l'on vous persécute. Illustrissimes et Révérendissimes Seigneurs. Vous n'avez donné à vos ennemis ni le moindre sujet de vous con-

damner, ni le moindre prétexte de vous soupçonner. Le monde entier rend témoignage à ]a modération de votre caractère aussi bien qu'à Téclat de vos vertus et de vos talents. Vous avez fait aux gouvernements de votre pays toutes les concessions compatibles avec votre conscience et votre honneur ^ mais aujourd'hui, c'est l'apostasie qu'on vous demande en vous empêchant de mettre à exécution les décrets du Concile du Vatican et les dispositions du Vicaire de Jésus- Christ.

Oui, il serait véritablement apostat, et il attirerait sur sa tète les anathèmes de l'Ëpiscopat tout entier, l'Ëvèque qui reconnaîtrait la légitimité des exigences qu'on vous impose ; qui permettrait au pouvoir civil de maintenir à la tête de leurs troupeaux des prêtres prévaricateurs j de fermer les séminaires, de supprimer ou de mutiler les instructions pastorales, enfin de bouleverser de fond en comble l'organisation de l'Église, en conférant au peuple le droit d'instituer ses pasteurs.

Avec vous^ Illustrissimes et Révérendissimes Seigneurs, nous nous élevons hautement contre ces abus du pouvoir qui blesse, dans votre personne, toute la hiérarchie catholique.

Nous lès dénonçons au monde entier comme des attentats contre nos croyances, nos traditions, notre dignité^ contre TÉvangile et contre la raison elle-même; Oti, en effet, le pouvoir civil a-t-il puisé le droit de régler la croyance? Depuis quand Jésus-Christ l'a-t-il substitué aux Apôtres, dans la mission de gouverner son Église? Exiger de vous de pareilles mesures, c^est vouloir vous contraindre à renier le double pouvoir d'enseignement et de juridiction que le Fils de Dieu a conféré à ses ministres. Le moment est donc venu pour vous d'opposer aux persécuteurs le Non possumus des Apôtres. Héritiers de leur mission et de leur pouvoir, vous Fêtes également de leur calme et inébranlable fermeté, et^ comme eux, vous offrez au ciel et à la terre un spectacle digne des regards de Dieu, des anges et. des hommes. Recevez donc nos fraternelles félicitations et qu'ils les reçoivent avec

voub ces prêtres généreux qui, marchant sur vos traces, ont mieux aimé souffrir la privation de leurs biens et de leur liberté que de forfaire à leurs devoirs et de trahir l'Église. Avec eux et avec vous, nous nous réjouissons de ce que vous avez été trouvés dignes de souffrir pour le Nom de Jésus-Christ.

Ce divin Sauveur vous a donné, dans son armée, le poste d'honneur, et vous a placés à l'avant-garde. C'est sur vous que la secte antichrétienne essaie le plan qu'elle voudrait réaliser dans bien d'autres contrées. Vous rendrez donc à l'Église entière un éminent service en soutenant vaillamment la lutte et en opposant à l'iniquité une constance insurmontable.

C'est notre commune cause que vous défendez, la cause du ministère pastoral et de la sainte liberté de l'apostolat; c'est la cause des âmes rachetées par le sang de Jésus-Christ et affranchies de la servitude des pouvoirs humains ; c'est la cause de l'autorité temporelle elle-même ; car, en combattant l'autorité spirituelle, elle se

dépouille du reflet divin qui seul peut la rendre vénérable aux yeux des peuples.

Aussi, voyons-nous, hors du sein même de la vénérable Église, les défenseurs intelligents de l'autorité et les partisans sincères de la liberté applaudir à votre courage et protester contre l'injustice de vos ennemis.

Marchez donc dans votre force, appuyés tout à la fois sur les prières* de l'Église de la terre, et sur la protection do l'Église du ciel.

Tous ces grands Évèques, qui ont conquis une gloire immortelle, en subissant des épreuves semblables aux vôtres, vous soutiennent maintenant de leur crédit auprès de Dieu, et s'apprêtent à vous faire part de leur gloire.

Les Athanase, les Basile, les Grégoire VU, les Anselme, les Thomas de Cantorbéry, ont eu h repousser les mêmes prétentions iniques et à défendre les mêmes divins intérêts.

Imitateurs de leur courage, vous aurez une place à côté d'eux dans les souvenirs de l'histoire et dans les gloires de l'éternité.

Nous espérons quelque chose de plus^ Vénérables Frères, et nous avons la confiance que Dieu ne différera pas jusqu'au siècle à venir la récompense due à votre générosité. Lalutle dont vous soutenez le premier choc semble ' devoir être décisive. La secte anti-chrétienne, entièrement démasquée, s'apprête à porter les derniers coups à l'Église de Jésus-Christ.

Il s'agit de savoir si elle réussira à renverser l'œuvre divine et à faire disparaître avec elle la lumière des intelligences, la liberté des âmes, et les bases essentielles de toute société. C'est une question de vie et de mort pour l'Église et pour l'humanité régénérée.

Mais cette question est déjà résolue ; Jésus- Christ l'a dit : les portes de l'enfer ne prévaudront point contre son Église. En faisant de plus violents efforts pour démontrer cette parole, nos ennemis ne réussiront qu'à contraindre le Dieu de vérité à la réaliser avec plus d'éclat, et à confirmer plus glorieusement, aux yeux du monde entier, le témoignage que vous lui rendez en ce moment.

Agréez, Vénérables Frères, avec rhommage de notre admiration, les vœux du clergé et des fidèles de nos diocèses.

t C.-A., Archevêque de Bourges; t J.-B.-P.-L., Êvêquede Tulle; f P. -A., Évêque de Saint'Flour ; f P.-M., Êvèque du Puy ; t Alfred, Êvêquede Limoges.

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