‹ Le conclave et le papeChapitre 11 sur 17 · I SI EE · texte numérisé non relu

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cat de Pie VI à l’hospice apostolique de Saint-Michel. On y voit au milieu la Religion, les pieds posés sur le globe du monde, assise au ciel entre la justice et la charité, et deux lions accroupis soutenant les étendards de la sainte Eglise, timbrés, sur fond rouge, d’une tiare et de deux clefs en sautoir. |

Le trône des palais apostoliques se trouve dans la salle dite du trône, dans celle du consistoire, ainsi que dans la salle à manger et le cabinet de travail. Il n’a pas de marches, mais simplement un riche tapis et un escabeau garni de velours rouge. Le fauteuil est également en velours rouge à montants sculptés et dorés. Le dossier et le baldaquin sont aussi en velours rouge, frangé et galonné . d’or. De chaque côté du dossier pendent deux cordons de sonnettes terminés par des glands rouges. au cas où le pape aurait besoin d'appeler quelqu’un de son antichambre. Dans le cabinet de travail et la salle à manger, le dais couvre la table oùle pape écrit et prend ses repas.

Le blason du pape n’a pas de forme déterminée. Quant aux armoiries, il en hérite de sa famille ou conserve celles qu’il avait étant cardinal. S'il appartient à un ordre religieux, il met en parti(Pie VII) ou en chef (Clément XIV)les armoiries de son ordre. L’écusson est timbré d’une tiare dont les fanons sont relevés et de deux clefs renversées et en sautoir, dont les poignées sont unies Parun cordon rouse.

Les armoiries de Pie IX se blasonnent : Etcartelé ; au 1 et4, d'azur au lioncouronné et posant la patte senestre de derrière sur une boule, le tout d’or ; aux 2 et 3, d'argent à deux bandes de gueules.

Les chapeaux pontificaux sont au nombre de deux. Leur forme est celle d’un chapeau à coiffe basse et étroite, avec de larges bords ronds, le tout en velours rouge galonné d’or et un double cordon d'or en haut et en bas; ce dernier est destiné à pendre sur la poitrine et terminé par un gland. Autrefois, quand il y avait des cavalcades solennelles pour la prise de possession, deux camériers secrets les tenaient élevés sur des hampes. À la mort du pape, onles place au pied du lit funèbre sur lequel il est exposé à Saint- Pierre, dans la chapelle du Saint-Sacrement.

L'anneau du pêcheur est un anneau ordinaire, au chaton duquel est gravé saint Pierre assis dans une barque et péchant, c'est-à-dire jetant ses filets à la mer !. Lorsde l’élection du pape, le cardinal camer-

1. Autrefois l'empreinte s’en faisait sur cire rouge aux brefs. L'origine de cet anneau est inconnue (Mabillon, De re diplomatica, livre II, chapitre x1V, $ 11}. Nous savons que Clément IV, le 7 mars 1265, écrivant de Pérouse à son neveu Gilles Gross, se servit de cet anneau pour cacheter sa lettre, qu'il terminait, suivant Panvinius, Platina et Masson, dans la Vie de ce pape, par ces mots : Won scribimus tibi, neque sanguineis nostris sub bulla, sed sub piscatorio sigillo, quo Romani Pontifices in suis secretis utuntur. D'où il semble que les papes faisaient usage de cet anneau depuis quelque temps pour cacheter leurs lettres particulières, tandis qu’ils employaient pour les bulles le sceau en plomb, gravé aux chefs des saints

INSIGNES DU PAPE. : 135 lingue de la sainte Église le lui met au doigt annu— laire de la main droite ; il l’ôte aussitôt, puis le donne au préfet des cérémonies apostoliques, afin qu'il y fasse graver le nom du pontife. C’est avec cet anneau qu'étaient scellés autrefois les brefs apostoliques expédiés sub annulo Piscatoris. Depuis Grégoire XVI, au secrétariat des brefs, on l’a remplacé parun timbre à l'encre rouge. L’anneau du pêcheur est gardé par le maître de chambre de Sa Sainteté, qui, à sa promotion comme majordome, le remet à

apôtres Pierre et Paul et au nom du Pontife régnant. Depuis Clément IV, il est incertain s’il continua à être employé par les Souverains Pontifes dans leurs lettres privées.

Martin V,élu en 1417, adressa un bref à un évêque apud sanctos apostolos sub anulo Piscatoris ; un autre à l’archevêque de Gnesn, et un troisième, également sub anulo, à Guillaume Cesarini, vingt-cinq jours après qu’il l’eut créé cardinal du titre de Saint-Ange, die 17 julii anno nono. On voit par là que l’anneau du pêcheur commença dès lors à changer d'usage. Le successeur de Martin V, Eugène IV [1431] écrivit sub annulo nostra secreto plusieurs lettres de Rome, de Florence, de Bologne, de Ferrare, publiées dans le seizième concile général et dans le Bullaire du Vatican, et certains auteurs écrivent qu'on continua postérieurement l'usage de l’anneau secret. Mais après le pontificat de Calixte III, il n’en est plus question, car on trouve les brefs scellés avec l'anneau du pêcheur. En effet, dans les archives du Vatican, il existe un bref de ce dernier pontife adressé au comte de Fondi sub anulo piscatoris, die 1 februarii 1457 ; un autre au bienheureux Jacques della Marca, avec cette date : Rome, apud sanctum Petrum sub anulo piscatoris, die 24 octobris 1458, Pontificatus nostri anno primo ; en 1463, un autre encore à l'archevêque de Gênes sub anulo piscatoris. Mabillon dit avoir vu plusieurs brefs originaux expédiés dans le quinzième siècle avec l’anneau du pêcheur. Innocent VIII avait un secrétaire pour la rédaction des brefs sub anulo piscatoris. Lécn X en adressa un à Charles, roi d'Aragon, le 25 février 1516, sous cette formule ; le même pontife en écrivit plusieurs, toujours ‘sub anulo piscatoris.

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son successeur. Le pape défunt, un maître des cérémonies le brise en présence des cardinaux réunis en congrégation générale, avec une enclume et un marteau qui ne servent qu'en cette circonstance. L'or en est ensuite partagé entre les deux premiers maîtres des cérémonies {.

Si le pape est obligé de s'éloigner de Rome et qu’il déclare que la cour pontificale reste à Rome comme s'il y restaitlui-même, il donne l’anneau du pêcheur au cardinal secrétaire des brefs, comme fit Pie VI, par exemple, lors de son départ pour Vienne, en 1782.

Pie VI portait presque constamment l’anneau du pêcheur, ainsi que celui appelé pontifical. Les républicains de France ayant envahi les États de l'Église, en 1798, et ayant dépouillé le pape de tout ce qu’il possédait, le calviniste Haller, digne commissaire du Directoire, avise les deux anneaux qui brillaient au doigt du pape. « Vous

1. Ciacconi pense qu'une telle coutume s’introduisit après la. mort de Léon X, en 1621: Defuncto Pontifice, rumpi solet hic anulus, uti et plumbum; qui mos fortasse a Leonis X ôbitu primum cæpit. Après Léon X, nous trouvons que l’anneau fut brisé dans les funérailles de Pie IV, de Grégoire XIII, d’Urbain VII, de Grégoire XIV et d’Innocent X. Cet usage fut confirmé par Clément XII, le 24 décembre 1732, comme on le voit dans le bullaire, t. XIII, page 253. Pourtant, à la mort de Pie VI, à Valence, l’anneau ne fut pas brisé, des circonstances particulières ayant empêché la cérémonie des funérailles. Mais on y effaça son nom et l’on y substitua celui de son successeur, |

« avez là deux anneaux, lui dit-il avec insolence, « donnez-les-moi. » Pie VItira du doigt un de ces anneaux et le remit à Haller, en disant : « Je puis « donner celui-ci qui est à moi; mais quant à l’au- « tre, il doit passer à mon successeur. » Il parlait de l’anneau du pêcheur. Haller irrité s’écrie : « Vous”allez me donner aussi celui-là à l’instant, & ou j’emploierai la force. » Pie VI, pour ne pas s'exposer aux indignes violences de ce furieux , le lui remit. Haller, qui croyait cet anneau d’une grande valeur, ayant appris, le lendemain, qu’il était d'un prix modique, se décida à le restituer au malheureux pontife.

Pie VII, transporté en France en 1809, dut ôter son anneau du pêcheur ; mais, avant de le céder au général Radet, il le fit couper par le milieu. Mgr de Gregorio, délégat pontifical, se rendit auprès du - général Miollis pour redemander cet anneau, afin de pouvoir cacheter les brefs. Le général s’y étant ” rufusé, le pape fit faire un sceau en fer, représentant saint Pierre et saint Paul. Le premier avait les clefs dans la main gauche ; l’autre , un livre et une épée dansladroite ; au-dessous était l’inscription suivante : Pro an. piscatorio, et au-dessus de l’image des deux Apôtres on lisait : Pius Papa VII. Avec ce sceau le pape fit sceller plusieurs brefs. L’anneau du pècheur , avec d’autres ornements, fut transporté à Paris, y resta jusqu'en 1814,et fut rendu par Louis

XVIII à Pie VII. Mais comme il était coupé par

. le milieu, on en fit un autre.

Les couleurs pontificales, empruntées à l’ancienne Rome, sont le rouge et le jaune, comme le témoignent les pavillons des basiliques et la livrée du sénat. Mais Napoléon I ayant adopté ces deux couleurs pour ses troupes d’Italie, Pie VII, en 1808, choisit le blanc et le jaune, qui se sont maintenus depuis pour les bannières et cocardes. Les gardesnobles qui les premiers arborèrent la nouvelle cocarde farent alors, par ordre de l’empereur , incarcérés au château Saint-Ange.

L’étendard de la sainte Eglise est en soie rouge, avec un Saint Michel terrassant le dragon infernal, | au sommet de la hampe.

Les bannières pontificales, que Ton arbore au chàteau Saint-Ange pour les solennités, sont en tapisserie . de haute lisse ou en toile peinte. Armoriées, elles offrent, celle de droite, les armes du pape régnant, et celle de gauche, les armes de l'Etat pontifical, dont les insignes sont le pavillon et les clefs ensautoir.

Ces bannières sont dresséesau château Saint-Ange, sur les bastions S. Matthieu et S. Jean, aux fêtes de la Circoncision, Epiphanie, Chaire de $. Pierre, Purification, Annonciation, $S. Philippe et $S. Jacques, S. Michel au mont Gargan, $. Philippe Néri, création du pape, son couronnement , S. Jean Baptiste, $. Pierre et S. Paul, Stt Anne , Assomp- :

INSIGNES DU PAPE. 139 tion, Nativité, S. Michel, Toussaint, S'° Barbe, Conception, Noël, Dimanche des rameaux, Jeudi saint pour la bénédiction , Samedi saint pour le Gloria, Pâques, Ascension, Pentecôte et Fête- Dieu.

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