PRÆCORDIA GREGORII. XVI. PONT. MAX
OBIIT. KAL. IVNIL AN. MDCCCXXXX VI
Le corps du pape étant embaumé, on le revêt d’une soutane de laine blanche, du rochet, de la mozette de drap rouge et du camauro de même étoffe et couleur. On l’expose ensuite dans la salle du consistoire secret, sous un dais de velours rouge, le long de la muraille opposée au côté des fenêtres. Les pénitenciers de Saint-Pierre prennent place autour du lit funèbre et ne cessent de réciter des psaumes ou des prières. L’entrée du palais est permise au peuple, qui peut voir le défunt jusqu’au soir du second jour après la mort. À une heure de nuit, c’est-à-dire une heure après le coucher du soleil, le pape est transporté solennellement au palais du Vatican, ou, s’il est mort dans ce palais, à la
FUNÉRAILLES DU PAPE. 163 chapelle Sixtine, pour y être exposé publiquement. Le corté re suit la voie papale. La marche est ouverte par uU x gardes-nobles et deux trompettes, puis suivent les valets de l'écurie pontificale, avec des torches ardentes ; trente palefreniers, ayant chacun une torche de cire blanche à la main; le capitaine de la garde suisse, à cheval au milieu de ses soldhts ; un maître des cérémonies à cheval, avec la soutane violette ; la lit re du pape, traînée par deux mules, une en av. t, l’autre en arrière, escortée des pénitenciers de Saint-Pierre, qui continuent à réciter des prières à voix basse. La litière a la forme d’un bra:c:ard, que recouvre le drap mortuaire. Le pape y est étendu, la tête arnuyée sur des coussins. Il est chaussé de ses mr:°.s rouges, à croix d'or, vêtu du rochet et de la mozette sur la soutane blanche, sans croix ni étole, et coiffé de son chapeau rouge ordinaire. Au-dessus s'élève un dais de forme carrée, avec des rideaux relevés au centre. La li- ” tière est toute garnie de velours rouge, frangé d’or.
Les suisses marchent des deux côtés, avec leur armure d’acier. Suit une compagnie de la gardenoble, avec ses bannières et étendards repliés.
Le cortége se termine par un détachement de la garde palatine et une compagnie de dragons, l'épée nue et baissée, tous précédés de leurs trompettes ou tambours détendus ; enfin par un train d’artil-
lerie de sept pièces de canon, les artilleurs ayant le fusil sur l’épaule.
Sur tout le parcours, éclairé par des torches de résine, la foule se presse, avide d’an tel spectacle, et chaque fois que le cortége rencontre une église, toutes les cloches sont tintées comme aux enterrements. Le corps est ainsi conduit jusqu’à l’entrée du Vatican, où quatre pénitenciers le prennent et le portent à la chapelle ES, pour l'exposer sur un lit de parade.
Les pénitenciers, après l’avoir dépouillé de ses vêtements ordinaires, le revêtent de ses ornements pontificaux par-dessus la soutane et le rochet, etlui mettent successivement l’amict, l’aube, le cordon avec l’aumônière, le fanon, les tunicelles, la chasuble de couleur rouge, le palliun et la mitre de drap d’or. Ainsi habillé, ilest élevé au milieu dela chapelle sur une cstrade inclinée, en forme de lit de parade, qu'entourent de nombreuses torches de cire jaune. À ses pieds sont les deux chapeaux pontificaux de velours rouge, qui ont figuré dans la cérémonie de la prise de possession. Quatre gardes-nobles, portant un crêpe de deuil, veillent aux quatre coins du catafalque, autour duquel lessuisses se tiennent sur deux rangs. Les pénitenciers de Saint-Pierre, rangés de chaque côté, vêtus du surplis et de l’étole, passent toute la nuit auprès du corps et continuent à réciter des prières. Huit cierges sont allumés au chancel qui clôtle presbytère et six à l’autel, dont le tableau en