‹ Le conclave et le papeChapitre 3 sur 17 · Ils sont déclarés notaires du Saint-Siège, à · texte numérisé non relu

Ils sont déclarés notaires du Saint-Siège, à

l'instar des participants, comtes du sacré palais de Latran, nobles de Rome et de toute autre cité des États de l’Église, avec les droits inhérents à la noblesse.

2. Commensaux et familiers du pape, ils jouissent de tous les indults jo et PHÉPRRRRE attachés à ce titre.

3. Ils sont exempts, en tout lieu, du payement des dîmes ecclésiastiques. |

4, On leur remet tous les fruits mal perçus sur les pensions et bénéfices ecclésiastiques. #

__ 5. Ils sont dispensés de l’irrégularité contractée en quelque manière pour avoir célébré la messe sous le coup .des censures, et ils peuvent être promus aux ordres sacrés, nonobstant tout empêchement.

6. Ils sont légitimés, s'il y a eu défaut quant à la naissance.

7. Ils peuvent succéder aux biens paternels, au même titre que leurs frères nés légitimement.

8. Ils peuvent être promus aux dignités, honneurs et bénéfices, avec ou sans cure d’âmes, aux canonicats et prébendes, excepté - dans les cathédrales, et aux dignités, hormis les principales dans les cathédrales et les collégiales.

9. Toutes les grâces, provisions, commendes et. lettres apostoliques, même en forme de brefs, leur

PRÉLIMINAIRES DU CONCLAVE. 17 sont expédiées gratis, tant pour la prise de possession au nom de la Chambre apostolique qu’en faveur de ces mêmes lettres.

10. Ils ont la faculté de transférer les pensions de tout bénéfice jusqu’à concurrence de cent ducats et cumulativement, quand cette grâce a été accordée par quelque pape.

11. Ils sont dispensés du port de l’habit ecclésiastique et de la tonsure cléricale ; nonobstant, ils peuvent recevoir des pensions jusqu’à la somme de deux cents ducats.

12. Leurs biens sont exempts du droit de dépouille, et ils peuvent tester, quoiqu’ils fassent partie d’un ordre religieux, même de Saint-Jean de Jérusalem. |

D'où il suit que les bénéfices des dapifères sont réservés, conformément à la quatrième règle de la chancellerie. Cette réserve atteint seulement les bénéfices obtenus avant le conclave et jusqu’à la mort du pape, dont ils sont devenus les familiers, mais non les bénéfices qu’ils peuvent obtenir après la mort de ce même pape. Comme ils ne sont pas compris sous le nom de conclavistes, dans les indults des cardinaux, il n’est pas fait mention de la vacance par le décès des dapifères. De même ils ne sont pas atteints par la trente-deuxième règle de la chancellerie, qui concerne les bénéfices vacants par la mort

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des familiers des cardinaux. Le cardinal ne donne son consentement pour ces bénéfices que s’ils sont obtenus après la mort du pape élu au conclave où servirent les dapifères.

Enfin, si les dapifères ont été nommés protonotaires apostoliques, même après la mort du susdit pontife, leurs bénéfices sont réservés, car le protonotariat est une dignité perpétuelle, tandis que la familiarité n’est que communiquée et cesse avec le pontife quien a été la cause 1.

XI. Durantla vacance du siége, le cardinal camerlingue de la sainte Église a le droit de faire battre monnaie, de quelque sorte que ce soit, el ces monnaies portent d’un côté la date de l'année, avec ces mots : Sede vacante (le siége vacant), les armoiries, avec le chapeau cardinalice, le pavillon et les clefs; de l’autre côté est gravé le nom du cardinal camerlingue. Il fait aussi frapper des médailles de diverses matières.

Pendant le même temps de la vacance, ont droit de faire frapper des médailles : 1° Monseigneur le majordome , en qualité de gouverneur du conclave : il fait mettre d’un côté ses armoiries, accolées à celles du pape défunt, et surmontées du chapeau de prélat, et autour ces mots: Sede vacante de l’autre ;

1. On consultera avec fruit l’article Conclavista dans la Prompta bibliotheca de Ferraris, où sont énumérés tous les droits et priviléges des conclavistes et des dapifères,

son nom et sa qualité ; 20 le maréchal du conclave, charge héréditaire dans la famille des princes Chigi; 30 les conservateurs du sénat romain : 40 Monseigneur le gouverneur de Rome ; 5° Monseigneur l'auditeur général de la révérende Chambre apostolique ; 60 Monseigneur le trésorier sis ou ministre des finances pontificales.

L'origine de tant de médailles remonte à l’époque où le conclave se tenait toujours au palais du Vatican, et où l’oninterdisait à tout le monde, pendant tout le temps de sa durée, l'entrée de la cité Léonine, c’est-à-dire du quartier appelé le Borgo. Alors tous ceux qui, soit pour leurs affaires, soit pour tout autre motif, devaient se rendre dans ce quartier du Borgo, étaient arrêtés en tête du pont Saint-Ange ou de tout autre pont communiquant avec le Vatican; on ne laissait passer que ceux qui étaient porteurs d’une médaille expressément frappée pendant la vacance du siége, au nom de l’un des per— sonnages nommés ci-dessus.

Les auteurs de numismatique traitent au long de ces médailles, qui deviennent bientôt rares, et un grand nombre d'amateurs possèdent des médaillers réunissant toutes celles qui ont été frappées à l’occasion des différentes vacances du $Siége apostolique.

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Les neuf jours consacrés aux obsèques étant expirés, le matin du dixième, les cardinaux se réunissent dans la basilique de Saint-Pierre et assistent, dans le chœur des chanoines, à la messe du Saint- Esprit, célébrée pontificalement par le doyen du Sacré-Collége ou, à son défaut, par le plus ancien des cardinaux présents. La fonction terminée, l’ora-

1. L'élection n’a pas toujours eu lieu à Rome. Avant Grégoire X, Urbain II, en 1088, fut élu à Terracine ; Calixte II, en 1119, à Cluny ; Grégoire VIII, en 1187, à Ferrare, et Clément III à Pise; depuis, Innocent V à Arezzo, Jean XXIII, Benoît XII, Clément VI, innocent VI, Urbain V et Grégoire XI, à Avignon. Grégoire X avait prescrit d’unemanière générale que le conclave se tiendrait dansle palais de la ville où le pape décédé résidait avec la cour pontificale ; Clément VII ordonna que l'élection se fit à Rome, quand bien même il mourrait dans son voyage de France. Pie IV, le 22 septembre 1561, dans la prévision d’un voyage à Trente, qui n'eut pas lieu, et Clément VIIL allant prendre possession du duché de Ferrare, rendirent de semblables décrets. À moins de circonstances extraordinaires, pareilles à celles qui, en 1800, obligèrent les cardinaux à aller chercher à Venise la liberté des suffrages et la sécurité, régulièrement, l'élection doit se faire à Rome.

De Boniface VIIL en 1294, à Pie VI, en 1775, les conclaves

à ENTRÉE AU CONCLAVE, | 9

teur désigné dans la première congrégation générale fait un sermon en latin, où il exhorte les cardinaux à choisir pour pape un sujet digne d’une si haute mission. Ce discours est imprimé et distribué, séance tenante, à la chapelle.

Un maître des cérémonies conduit l’orateur au milieu du chœur, où il salue d’abord la croix, puis les cardinaux, et monte dans une chaire, dont la cuve est garnie de brocart rouge. S'il était évêque, . il parlerait coiffé de la mitre et vêtu de la chape.

Dans l’après-midi du même jour, les cardinaux, en soutane violette, rochet et mosette violette, suivis de leurs conclavistes, se rendent avec deux voitures, en train de demi-gala, au couvent des prêtres de la Mission à Monte-Cavallo. Réunis dans une salle commune, ils revêtent la cappa de soie violette et, . après avoir adoré le Saint-Sacrement dans l’église de Saint- Sylvestre, ils attendent, assis sur des bancs couverts de tentures, le départ pour la procession. Aussitôt qu'un des maîtres des cérémonies a pris la croix papale, escortée de deux huissiers de la verge rouge, et que, la tenant en main, il s’est agenouillé sur le dernier degré de l'autel, les chantres pontificaux entonnent l'hymne Veni Creator. Pendant la première strophe, tous restent agenouillés.'

se sont tenus au Vatican, sauf deux qui, en 1431 pour l'élection d’Eugène IV, et en 1447 pour celle de son successeur, Nicolas V, eurent lieu au couvent de Sainte-Marie-sur-Minerve,

22 CHAPITRE Il. 5

Dès que la seconde commence, les domestiques des cardinaux se mettent en marche; vient ensuite le maître des cérémonies qui tient la croix avec le crucifix tourné vers les cardinaux, puis les chantres qui poursuivent l'hymne commencée. Les cardinaux suivent deux à deux, d’abord les évêques, puis les prêtres et lesdiacres. Près du cardinal doyen, marchant le dernier, se tient le gouverneur de Rome, qui s’arrête au seuil de la chapelle Pauline, où il salue les membres du Sacré-Collése à leur passage ; ce que fait aussi, mais à la porte du palais, Mr le majordome, entouré de sa garde en qualité de gouverneur du conclave.

Le défilé a lieu au son des cloches de la ville et de la musique des troupes qui stationnent sur la place, infanterie, wendarmerie et cavalerie. Le cortége est escorté par la garde suisse et la garde noble,

Pendant le trajet, les maîtres des cérémonies distribuent à toutes les personnes qui prennent part à la procession deux livrets imprimés, contenant les prières qui se récitent au conclave et celles prescrites au clergé pour tout le temps de la vacance du siège: Preces tempore sedis vacantis in conclavi recitandæ. — Preces recitandæ post missam conventualem a clero sœculari et regulari utriusque sexus tempore Apostolicæ sedis vacantis.

Lorsque la procession est arrivée, par l'escalier royal, àla chapelle Paulineetquel’hymneestterminée,

le cardinal-doyen récite l’oraison Deus qui corda fidelium et, dans une courte allocution, recommande à ses collègues l'union, afin d’arriver promptement à l’élection désirée. Puis les maîtres des cérémonies et le secrétaire du Sacré-Collége lisent de nouveau les bulles pontificales relatives à l’élection et à la manière de vivre en conclave. Les cardinaux jurent d’en observer la teneur. Après que le gouverneur de Rome que l’on introduit a prêté serment d’observer tout ce que les constitutions lui prescrivent, chaqué cardinal se rend à la cellule qui lui a été assignée par le sort. Si, pour quelque motif grave et personnel, un cardinal se voyait obligé de retourner à son palais, il le ferait immédiatement, mais les stores de son carrosse baissés, et, le soir même, il devrait revenir occuper sa cellule au conclave. |

À vingt et une heure et demie !, un des maîtres des cérémonies parcourt le conclave avec une sonnette à la main pour avertir les cardinaux de se rendre à la chapelle Pauline, où ils vont, en effet, revêtus de la crocia par-dessus la mosette. Là ils assistent à la prestation de serment qui est faite entre les mains du cardinal doyen, après trois génuflexions, par le majordome maréchal du conclave, le trésorier général, les patriarches, les évêques, et

1. A Rome, on compte encore les jours par vingt-quatre heures, à partir de l’ Ave Maria ou Angelus, qui sonhe le soir une demiheure après le coucher du soleil.

les prélats préposés aux tours, les conservateurs de Rome, le vice-commandant du château Saint-Ange et le commandant des troupes.

Les conservateurs sont arrivés au palais en train noble. Quand le premier d’entre eux a prêté serment, on le conduit à l’appartement qui lui est assigné pour tout le temps du conclave, en qualité de gardien du premier tour. Et comme chaque jour il doit donner à dîner à ceux qui veillent avec lui à ce tour, la chambre du Capitole lui attribue un traitement proportionné à la dépense.

Rentrés dans leurs cellules, où les ont accompagnés leur maison et précédés quatre (six pour les princes) valets portant des torches allumées, les cardinaux, en soutane et mosette violettes, la barrette rouge sur la tête, reçoivent debout les visites du corps diplomatique, de la prélature, de la noblesse romaine, etc. Des gardes nobles, tirés au sort, sont de faction, deux heures durant, à la porte de chaque cardinal : celui qui se tient devant la cellule du futur pape aura une récompense exceptionnelle. |

A l’'Ave Maria, le premier maître des cérémonies donne un premier signal avec sa clochette, puis un second à une heure de nuit et un troisième à trois heures de nuit, afin d'inviter les ambassadeurs, princes, prélats ou autres personnages de distinction qui se seraient attardés à entretenir les car-

dinaux, à se retirer immédiatement. Quand tous se sont éloignés à ces mots du maître des cérémonies Extra omnes, on ferme le conclave de telle manière qu'il ne puisse y avoir de communication au dehors que par les tours, tout le reste étant muré. Immédiatement les trois cardinaux chefs d'ordre, assistés du camerlingue et du maître des cérémonies, visitent le conclave pour rechercher si aucun étranger n’y est resté et si toutes choses sont dans l’état voulu. Après quoi le maître des cérémonies rédige un acte public par lequel il constate officiellement la clôture intérieure. En même temps, le commissaire du conclave atteste par un autre acte la légalité de la clôture extérieure, le maréchal et - le majordome ayant fermé les portes avec soin. Comme tous les cardinaux ne sont pas constamment présents à Rome, lors de l'entrée générale au conclave, il n’est pas rare de voir les absents venir successivement, suivant leur plus ou moins

d’éloignement de Rome. Dès qu’ils sont arrivés

dans cette ville, ils le font savoir au Sacré-Collége, manifestant leur désir de prendre place au conclave. Au jour fixé, le cardinal va faire visite à la basilique de Saint-Pierre, puis il se rend au Quirinal

où le reçoit le majordome, qui lui fait un petit compliment, puis se retire. Le fourrier majeur du .

palais apostolique conduit alors le cardinal à l’ap-

partement du maréchal, qui le reçoit. avec les hon-

neurs militaires, lui fait servir une somptueuse collation et le retient jusqu’à ce que le scrutin soit terminé. La grande porte ayant été ouverte en dehors par le maréchal, en dedans par le cardinal camerlingue, le nouveau venu est reçu par les trois cardinaux chefs d'ordre, précédant le Sacré-Collége.

De même, si, après la clôture du conclave, un ambassadeur extraordinaire ou le ministre d'un souverain étranger est chargé par celui qu’il représente de communiquer quelque affaire importante au Sacré-Colléce, il a soin d’en prévenir d'avance les cardinaux par l’entremise du premier maître des cérémonies. Lorsque l’heure et le jour de l’audience lui sont connus, il fait d’abord visite à la basilique de Saint-Pierre, puis de là se rend au Quirinal, où il est reçu par le maréchal du conclave, qui le conduit, à son appartement et lui fait servir une collation, en attendant la fin du scrutin. Alors il s’approche de la porte et ayant ouvert le guichet, il fait une génuflexion, puis une inclination profonde, remet ses lettres de créance et expose le: motif de sa visite, pendant qu’à l’intérieur l’écoutent les trois cardinaux chefs d'ordre et le camerlingue, debout et la tête couverte. Le secrétaire du Sacré-Collége lit les lettres, et le cardinal-évêque y répond de vive voix. Après quoi l'ambassadeur renouvelle sa , génuflexion et son salut, puis se retire accompagné , par le maréchal.

Le soir. même de l’entrée au conclave, par ordre du cardinal-vicaire, le clergé séculier et régulier se rend en procession, au chant des litanies des saints, de l’église des saints Apôtres au Quirinal, ce qu'il renouvelle ensuite tous les jours jusqu’à l’élection. Ilentre par la grande porte du palais dans la cour d'honneur, et, arrivé auprès de la chapelle des auditeurs de Rote, il entonne le Vent Creator, puis sort par la même porte et va en continuant l'hymne jusqu’à l’église de Saint-Sylvestre, où ‘chaque matin il assiste à la messe du Saint-Esprit, dite par un chapelain du pape et chantée par les chantres de la chapelle. Les autres jours, il se contente d'approcher de la porte du palais, sans pouvoir entrer à l’intérieur. |

À partir du premier jour du conclave, dans toutes les églises de Ja chrétienté, les prêtres récitent à la messe la collecte pro eligendo pontifice.

À Rome, le cardinal-vicaire ordonne en plus l’exposition du Saint-Sacrement en forme de quarante heures, dans des églises déterminées, où se rendent processionnellement, à tour de rôle, les diverses confréries de la ville et où se récitent les litanies des Saints, suivies des versets et oraisons.

Le sénat, suivant un ancien usage et après en avoir conféré avec le cardinal camerlingue, fait sonner Ja grosse cloche du Capitole, afin de réunir dans la grande salle du palais cinquante conseillers,

choisis dans la noblesse romaine. Dix sont nommés de droit par le camerlingue, et les quarante autres par les trois conservateurs et le prieur des chefs de région, chacun d’eux ayant le privilége d’en désigner dix.

Les présidents des régions sont dues de veiller au bon ordre et à la sûreté de la ville ; ils ont l’obligation d’avertir régulièrement les conservateurs de

tout ce qui se passe, quoiqu’ils restent sous la dépendance immédiate de Mgr le gouverneur et directeur général de police. Le prieur des chefs de ‘région garde pour lui la région des Monts, dans laquelle est compris le Quirinal. Les bannières de chaque région sont portées dans le local affecté aux bureaux de la présidence : elles sont en soie rouge, avec les armes propres aux différentes régions, comme une pomme de pin pour la région Pigna, trois monts pour la région des Monts, un po pour la région de Ponte Sant Angelo, etc.

Une congrégation extraordinaire tenue au Quirinal par tous les cardinaux présents à Rome, :le lendemain de la mort de Pie VII, régla qu’à l'avenir le conclave se ferait dans ce palais, ce qui fut ultérieurement exécuté pour l'élection de Léon XII, de Pie VIIL, de Grégoire XVI et de Pie IX. Toute la partie du palais qui s'étend de la place de Monte Cavallo jusqu’à l’église belge de Sainte-Anne est affectée au conclave. Aux deux extrémités de la rue sont placées de fortes barrières. La cour des Suisses est séparée, par un mur élevé, du jardin qui demeure inaccessible. Les deux longs corridors superposés qui ouvrent sur les cellules des cardinaux communiquent avec la cour des Suisses; et du corridor supérieur on

peut aller à la salle royale, où se trouve l'unique entrée du conclave, pour passer de là à la chapelle Pauline dans laquelle a lieu le scrutin.

Les habitations réservées aux cardinaux sont au nombre de cinquante-trois : vingt-quatre au second étage, vingt et une au premier et huit dans le palazzetto, espèce de pavillon qui fait pendant à la chapelle Pauline, .à l’autre extrémité du palais. Chaque logement se compose de trois pièces, deux donnant sur le corridor et une sur la rue. Dans la première sont appendus les insignes cardinalices, l’ombrellino et le coussin : l’un violet, avec lequel les cardinaux se sont rendus et sont entrés au conclave, et l’autre rouge, qui servira après l'élection. A l'étage supérieur existe une mansarde, etau premier un entresol, qui sert à la fois de cuisine et d'office.

Les cellules des cardinaux sont indiquées à l’extérieur par un numéro d'ordre et les armoiries de celui qui l’occupe. Les tentures à l’intérieur, y compris les meubles, sont en violet pour les cardinaux créés par le pape décédé et en vert pour les autres. Les fenêtres sont murées jusqu’à une certaine hauteur, et encore l’ouverture laissée est-elle garnie d’un rideau blanc. oo

Toute communication avec le dehors est impossible, excepté par les tours, qui sont semblables à ceux que l'on voit dans les communautés reli-

gieuses. Il y en a huit, répartis en différents endroits. Trois, au haut du grand escalier, sont gardés par les conservateurs et les auditeurs de Rote: c’est là que les cardinaux reçoivent les visites qui leur sont faites. Quatre autres, confiés aux prélats votants de la Signature, se trouvent à l’arcade qui met en communication la grande cour avec les corridors ; ils sont réservés pour l'introduction des repas des cardinaux. Enfin deux, ayant la même destination, sont placés dans le palazzetto sous la surveillance des :patriarches, archevêques ou évèques assistant au trône et des clercs de la Chambre. Un autre tour plus petit avoisine, au rez-de-chaussée, les quatre susdits et ne sert qu’au secrétaire du Sacré-Collége. Ce dernier peut s’ouvrir à toute heure, parce que les fonctions du prélat exigent qu’il puisse se mettre en relation avec l'extérieur, chaque fois que lesaffaires le requièrent. Les autres tours ne sont ouverts que de huit heures à midi et demi le matin, et le soir de cinq heures et demie à sept heures et demie. Celui des cardinaux a le privilège de ne fermer qu’une demi-heure plus tard.

Les tours sont fermés et ouverts au dehors par les prélats qui en ont la garde et en dedans par un maître des cérémenies. Pour être admis aux tours, il faut présenter, soit la baguette violette ou verte, que les cardinaux seuls peuvent donner, soit une des médailles qu'ont fait frapper, à l’occasion du con-

clave, le camerlingue, le majordome, le maréchal du conclave, les conservateurs, le gouverneur de Rome, l’auditeur général de la Chambre et le trésorier général.

La chapelle Pauline{, outre l’autel principal, a trois autels de chaque côté pour les cardinaux, au cas où ils ne célébreraient pas chez eux. Elle est partagée en deux par un rideau de soie -violette. Le trône papal a été enlevé, et un parquet mobile, recouvert d’un tapis vert, élève le sol à sa hauteur. La tapisserie du rétable représente la descente du Saint- Esprit sur les apôtres, et l'autel, surmonté d’un dais de velours violet, est garni d’un parement rouge brodé d’or, d’une croix et de six chandeliers dorés. Sur la plus haute marche, du côté de l’évangile, est

1. On y arrive par un magnifique escalier à deux rampes qui donne dans la cour d’honneur du palais. Au premier palier, on voit une peinture très-estimée qui, autrefois, se trouvait dans la basilique des saints Apôtres, et qui fut transportée au Quirinal sous le pontificat de Clément XI. Cette fresque, de Melozzo da Forli, représente l’Ascension de Notre-Seigneur. La salle royale, construite par Charles Maderne, d’après l'ordre de Paul V, préctde la chapelle Pauline. Les amateurs y admirent les ornements dus au pinceau d’'Augustin Tassi etd’Horace Gentileschi. Le pavé est en marbres de diverses couleurs. La façade de la chapelle fut dessinée par le chevalier Lanfranco ; les deux autres côtés et les fenêtres sont de Charles Ceraceni le Vénitien. C’est dans cet oratoire que les souverains pontifes firent transporter l'original de la Sainte Pétronille du Guerchin, reproduite en mosaïque dans la basilique de Saint-Pierre, avant qu’il ne fût donné au musée du Capitole. Taddeo Landini est l’auteur du bas-relief en marbre qui est à la porte de la chapelle, et dont le sujet représente Jésus-Christ lavant les pieds des apôtres.

préparé le fauteuil où le nouveau pape ira s'asseoir. Les cardinaux sont placés selon l’ordre hiérarchique sur trois rangs, formant un carré ouvert en face de l’autel ; du côté de l’évangile, les évêques et les prêtres, et du côté de l’épître, les diacres seuls, comme aux offices pontificaux. Chacun d’eux a son trône particulier, violet ou vert, selon. qu’il est de récente ou ancienne création ; mais le dais est arrangé de façon à pouvoir s’abaisser aussitôt que le nom de l'élu aura été proclamé. Vis-à-vis, sont des tables recouvertes en vert ou en violet, avec le nom- et les armes de chacun, et contenant tout ce qu'il faut pour écrire : buvard, papier, plumes, écritoire, pains et cire à cacheter, allumettes, bou-

‘Les armes de Paul V (Borghèse) sont de Pierre Bernin et de Bertelot. Plus d’une fois, quand le pape habitait l'appartement voisin, on tint consistoire public dans la salle royale,et cela eut lieu sous Pie VII et Pie VIII Quand il y a office à la Pauline, les

‘ domestiques des cardinaux attendent là leursmaîtres et aident les prélats à quitter leurs vêtements et à prendre lesornements sacrés. Nous voyons en outre, dans le Diario di Roma, que cette salle servit de chapelle, de 1800 à 1801, en attendant les répa- “rations ordonnées par Pie VII.

La chapelle Pauline est grande, large et bien éclairée. C’est un monument digne en tout de son illustre fondateur, Paul V. qui le bénit solennellement le 25 janvier 1616, jour de la Conversion de saint Paul, et qui le dédia à l'Assomption de la Sainte Vierge. Parmi les médailles pontificales nousen trouvons quatre frappées en l’honneur de cette chapelle, qui mesure 184 pieds de longueur sur 60 de largeur. Son pavé, comme celui de la salle royale, est composé de marbres de couléurs différentes. Un chancel ferme le presbyterium, .

Actuellement, cette chapelle a été transformée par la cour du Piémont en une salle de bal. -

gie, etc. Six autres siéges, avec un nombre égal de tables, sont disposés au milieu de l’enceinte pour les cardinaux qui ne seraient pas encore arrivés ou.pour ceux qui craindraient d’être vus en écrivant leur vote à leur place. |

Le maréchal du conclave occupe l’appartement où se tiennent les congrégations, pour être plus à même d'agir suivant l’occurrence. Près de là sont les conservateurs. Le majordome du palais, gouver-

neur du conclave, a aussi son appartement au rez-

de-chaussée. Toute cette partie du palais, ainsi que les autres plus éloignées, demeure libre et’ sans clôture.

Le conclave renferme dans ses murs tous les cardinaux, ayant chacun deux ou trois conclavistes, le secrétaire du Sacré-Collége, avec un domestique et deux aides ; le sacriste et son compagnon, prêtre de l’ordre de Saint-Augustin ; six mai-

tres des cérémonies, deux participants, deux non par-

ticipants et les deux plus anciens surnuméraires ;

le confesseur du conclave, qui est ordinairement un

religieux, deux médecins, un chirurgien, un pharmacien et deux aides ; deux barbiers et leurs deux garçons, un architecte, un maçon, un menuisier et trente-cinq hommes de peine pour le service du conclave. Tous, le lendemain de leur entrée, prè-

tent.serment de né rien dire de ce qu’ils savent rela-

tivement au conclave et à l’élection du pape.

Les maîtres des cérémonies sont installés près de la chapelle Pauline, entre la loge de la bénédiction et la salle des palefreniers, où six autels sont dressés pour les conclavistes qui y disent la messe. Âu rez-de-chaussée sont établis les divers services du conclave et les magasins de bois, charbon, ustensiles, meubles, etc.

Le premier jour du conclave, qui est le lende-— main de l’entrée, la messe votive du Saint-Esprit se célèbre à 9 heures. Par trois fois, de demi-heure eñ demi-heure, le maître des cérémonies parcourt les corridors, agitant une sonnette. Au troisième tour, il crie Zn capellam, Domini. Les cardinaux, comme dans toutes les réunions analogues, sont vêtus de la crocia ou manteau en laine violette. La messe est dite par le doyen du Sacré-Collége, et les autres jours par Mor le sacriste. La communion générale se fait, le premier jour seulement, deux à deux et à genoux, selon l’ordre de préséance. Les évêques et les prêtres portent l’étole blanche pendante , les diacres la mettent en sautoir.

A l'issue de la cérémonie, le cardinal doyen fait un nouveau discours sur l’élection qui doit tourner à la gloire de Dieu et l’avantage de son Eglise. Les cardinaux rentrent chez eux pour déjeuner, puis retournent à la chapelle : aussitôt commence le premier scrutin.

Dans l'après-midi, le scrutin se renouvelle, et entre les deux a lieu le dîner, dont le transport s’opère de la manière suivante. Tous les jours, vers

midi, part du palais de chaque cardinal son repas,

préparé par les gens de sa maison. On le lui porte dans son carrosse, en observant le cérémonial pre: — crit et sous la surveillance du gentilhomme et du dapifère. Arrivé au Quirinal, on se rend directement aux tours préparés à cet effet. En tête marchent deux palefreniers tenant un bâton armorié aùx armes de leur maître ; ce bâton est de la couleur exigée, violette ou verce. Vient ensuite un valet de chambre, avec une masse d’argent, qu’il tient renversée si le cardinal est une créature du pape défunt. Après so succèdent le gentilhomme, tête nue, le maître d'hôtel avec la serviette sur l'épaule, l’échanson et l’écuyer tranchant, enfin plusieurs domestiques portant dans des corbeilles armoriées, les

plats, assiettes, etc., en un mot tout le service de la -

table. Quand ils sont arrivés aux tours, ils annoncent par son nom le cardinal leur maître, et alors le camérier conclaviste se présente pour recevoir le

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