CHAPITRE IV. UNE JOURNÉE AU CON CLAVE
repas et le porter à la cellule du cardinal » après que tout a été minutieusement visité par les gardiens du tour chargés de ne rien laisser passer, lettre, billet, note, etc., qui puisse indiquer quelque intelligence avec le dehors. Lorsque cette opération est terminée, un des curseurs pontificaux, vêtu d’une simarre violette et la masse d'argent au bras, ferme
les tours, pendant que les maîtres des cérémonies les ferment également à l’intérieur.
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Actuellement, l'élection ne se fait que de trois manières, conformément aux règles établies par Innocent III, mais plus strictement imposées par Grégoire XV et Urbain VIII. Ce sont : la quasiinspiration ou l’acclamation, le compromis, le scrutin et l'accession.
I. Le pontife est élu comme parinspiration, lorsque les cardinaux, sous l'impulsion du $aïnt-Esprit, acclament à l’unanimité et de vive voix, spontantment et sans écrit, celui qu’ils jugent le plus digne du souverain pontificat. Grégo re XV veut, pour la récularité de ce mode d'élection, que l’on y observe trois conditions :
1° L’inspiration ne pourra avoir lieu que dans le conclave muré. |
2° Tous et chacun des cardinaux présents au conclave y prendront part,
8° Aucun traité particulier n'aura précédé cet acte, soit par un mot prononcé d’une voix intelli-
gible, soit exprimé par écrit de quelque manière. Si, par exemple, un des cardinaux disait : Reverendissimi Domini, perepecta singulari viriute et probitate Rev. D. N., judicarem illum eligendum esse, ipsum eligo in Papam, et que, sans accord préalable, tous les cardinaux -opineraient pour la motion présentée, l’élection serait canonique et l’on pourrait Justement dire de l’élu qu’il a été acclamé par inspiration. L'histoire mentionne comme ayant été acclamés saint Fabien, Etienne IX et saint Grégoire VII ; mais ce mode présentant de graves inconvénients, en raison du tumulte qu’il pourrait occasionner, n’a plus été employé depuis le xvi° siècle.
IT. La seconde manière a lieuquand, au moyend’un compromis, Je Sacré-Collége, pour éviter toute dissension ou en finir avec des tiraillements répétés, confe l'élection à un ou plusieurs cardinaux, tous les autres s’engageant d’avance à reconnaître pour pape légitime celui qui aura été nommé par leur commission. Or Grégoire XV a voulu que l’on employât cette formule: « In nomine Domini. Amen. « Anno abejusdem.... mense.. die... Nos episcopi, « presbyteri et diaconi $. R. E. Cardinales omnes « et singuli in conclavi existentes, videlicet N. N. & (ici on les nomme tous) elegimus per viam proce- « dere compromissi et unanimiter et concorditer, ne- « mine discrepante, eligimus compromissarios N. N. « et N. (ici on nomme les cardinaux chargés du com-
& promis) cardinales, etc., quibus damus plenari: m & facultatem providendi S. R. E. de Pastore sub h: e « forma, etc. » (ci les cardinaux expriment la manière et la forme selon lesquelles les déléqués procéderont à l'élection.)
Les cardinaux désignés ainsi par le choix ont besoin en outre d’avoir les règles les plus certaines pour la validité de l'élection. Aïnsi, supposé qu'ils sont au nombre de trois, ils doivent savoir préalablement s'ils seront tenus de soumettre à la sanction du Sacré-Collége celui où ceux qu’ils désigneront, ou s’il suffira que deux d’entre eux se trouvant d’accord, on ne tienne pas compte du troisième vote isolé ; si l’élu doit être pris dans le Sacré-Collége ou en dehors, et autre chose semblable, comme encore le temps qui leur est accordé pour faire l'élection.
La formule du compromis se termine ainsi : « Et « promittimus nos illum pro Romano Pontifice &« habituros, quem Domini compromissarii secun- « dum formam prædictam duxerint elisendum. »
Lorsque l'acte prescrit a été rédigé, les cardinaux délégués se retirent à part pour traiter ensemble de l'élection qui leur a été confiée. Ils commencent par protester que leur vote ne’sera pas purement verbal, mais manifesté par écrit. Puis ils se concertent sur le candidat, et l’élu devient le vrai et légitime pontife. Clément IV, en 1265 ; Grégoire X,en 1271 ; Clément V, en 1305,et Jean XXII, en 1316, furent nommés par compromis,
TIT. La troisième manière d’élire le souverain pontlfe, la seuleusitée danslestemps modernes, estlescrutin, compliqué de l’accession. Le scrutin a lieu deux fois le jour, matin et soir, et tous les cardinaux, s'ils ne sont pas légitimement empêchés, sont tenus d’y prendre part, sous peine d’excommunication.
Le matin, à9 heures, après le troisième coup de clochette, Mor lesacriste célèbre la messe, en présence du Sacré-Collége. Elle est servie par deux maîtres des cérémonies, qui portent le baiser de paix aux trois chefs d'ordre. La messe terminée, le célébrant récite au pied de l'autel l’hymne Veni Creator et l’oraison propre;après quoi, les conclavistes et les maîtres des cérémonies se retirent. Les cardinaux restés seuls, l’un d'eux va fermer à clef la porte de lachapelle. Alors commence aussitôt le scrutin, qui se compose de trois parties: l’ante-scrutin, le scrutin et le post-scrutin.
L’ante-scrutin comporte plusieurs choses distinctes : la préparation des cédules ou bulletins pour le scrutin et l’accession, le tirage au sort des scrutateurs et des députés qui doivent recueillir dans leurs cellules respectives les votes des infirmes, s’il y en a ; enfin le remplissage de la cédule, que l’on plie et cachette ensuite.
Les maîtres des cérémonies sont chargés de préparer les cédules. S'il n’y en avait pas d’imprimées, ils devraïent les écrire à la main. Ils les placent dans deux bassiris d'argent sur une table, recouverte
d’un tapis rouge, en face de l'autel, où les cardinaux les prennent au besoin.
Tel est le modèle de ces cédules :
Intérieur .
Premier pli
Second pli
Cachet
Eligo fn Summum Pontifilcem Reverendissimum D. meum D. Cardinalem
; Cachet
Second pli en dessus ||...
Chiffre et devise du cardinal