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res du Conclave, et enfin celui des ouvriers et de tout le personnel inférieur du service.
Au Conclave de Léon XIII, le prince Chigi, Maréchal, fut introduit vers cinq heures à la Sixtine, après que les cardinaux eurent entendu la lecture et juré l'observation des Constitutions pontificales. Il parut revôtudeThabitde patricien romain (justc-au-corps et collerette Henri IV) et, s^agenouillant sur les degrés de Tautel, il jura de veiller à la sécurité des cardinaux (J). Ses quatre officiers, son gentilhomme, son intendant, son secrétaire et son chapelain, jurèrent à sa suite. Après eux, ce fut le tour des officiers de la garde suisse, de la garde palatine et de la gendarmerie du palais apostolique. Le Majordome, Mgr Ricci, se trouvant malade, le Cardinal camerlingue se rendit dans son appartement pour recevoir ses serments.
Les cardinaux, accompagnés chacun d'un garde noble, quittèrent alors la Sixtine et se rendirent à leurs cellules respectives, dont les tentures — suivant Tusage traditionnel — étaient violettes pourles « créatures » du Pontife défunt, vertes pour les autres. Tandis qu'ils prenaient ainsi possession de leurs demeures, le Camerlingue, assisté du cardinal di Pietro, sous-doyen, recevait vers 7 heures — toujours à la chapelle Sixtine et assis devant Taulel, — le serment
(1) Voici la formule du serment: « Ego Marius princeps Chisius marescalcbus perpetuus Conclavis, capitaneus ad custodiam Patatii apostolici deputatus, promitto et juro quod lidelis ero Sacro Col- Iej(io Ëminentissimoriim et Reverendissimorum DD. S. Romaïur Ecclesiae Cardinalium etdiligenteracridelitcr custodiam dictum palatium et conclave pro electione futuri pontificis ordinatum, nequo permittamvel consentiamEmineutissimos et Reverendissimos DD. Cardinales, Hutaliquem eorumvelcum eis existentes ullomodogravari ultra tenorem constitutionum sanctorum patrum de eleclione roraanorum pontificum edîtarum.
Sic me Deus adjuvet et haec sancta Dei Evangelia.
des coDclavistcs ecclésiastiques agenouillés. La forule était lue par un cérémoniaire, Mgr Cataldi ; elle )rtait que les concidvistes ne révéleraient rien de ce l'ils pourraient voir ou savoir dans le Conclave et j cherclieraient jamais à entraver l'élection. Les !ux cardinaux passèrent ensuite de la Sixtine aux ges de Raphai'l,où les employés du Conclave etles itres conclavistes laïques étaient réunis pour semalle cérémonie.
Tout ce personnel, à genoux, jura lui aussi, sur le li- •e des Evangiles et sur le crucifix, de garder un se- -et absolu sur tout ce qu'il verrait ou entendrait au onclave. Un garçon de cuisine ne s'étant pas trouvé , au moment voulu, fut exclu de ta réclusion.
Cette première journée se termine toujours par la oture officielle. Grégoire XY, dans son cérémonial, 'escrit que « sur l'ordre du Cardinal-doyen, une clolette donnera par trois fois, savoir vers la première,
deuxième et la troisième heure dcnuit, le signal delà irtie des étrangers, et qu'alors le Conclave sera fermé 1 dedans et au dehors. Les clefs devront en être imlédiatement remises au Cardinal camerlingue, au lEÎtre des cérémonies et aux gardiens du conclave w.
Il y a à observer ici que, d'après les coutumiers, les nbassadeurs et représentants des gouvernements rangers accrédités près le S. Siège, sont uu nombre îs personnes autorisées à péuiSlier dans les locaux 1 Conclave, jusqu'au moment de la clôture définive (!}.
(1) Au conclave qui vlut Gi-égoire XV, en 1631. l'ambassadeur de 'ance prolongea »a présence et ses onlreliens avec les cardinaux lis jusqu'à la neuvième heure de nuit, c'ea t-il- dire vers deux ou iiA ïieures du matin.
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« Après la clôture, reprend le cérémonial, les cardinaux Chefs d'ordre et le Camerlingue, accompagnés du maître des cérémonies, parcourent, à la lueur des torches, tous les recoins du Conclave, afin de constater qu'aucun étranger ne s'y trouve caché. Sont autorisés à y demeurer les familiers des cardinaux et les employés indiqués par la Bulle de Pie IV. De môme, un domestique au service des maîtres des cérémonies et un autre à celui du secrétaire du S. Collège. Et pour qu'il n'y ait, parmi ces conclavistes, aucun intrus, ils seront tous passés en revue à la Chapelle dans l'après-midi du lendemain... ». Le Conclave fermé, les prescriptions de la Bulle de Pie IV doivent être observées en ce qui concerne les conversations, les correspondances, les repas ; de môme en ce qui regarde les cardinaux qui n'entrent pas au Conclave^ ou ceux qui en sortiraient ».
Les cardinaux qui n'auraient pas reçu l'ordre du diaconat n'ayant pas, sauf privilège, voix à l'élection, leur présence doit être constatée et surtout vérification doit ôtrefaite du droit de vote qu'ils peuventtenir d'un induit pontifical, leur donnant, nonobstant et par prérogative personnelle, le droit de voix active. — Quant aux cardinaux créés avant la mort du Pontife, mais qui n'auraient pas été l'objet de la cérémonie de l'aperilio oris, une décision de Pie V du 24 janvier 1571 a résolu en leur faveur les doutes qui s'étaient élevés touchant leur qualité d'électeurs.
Enfin, « comme l'élection serait nulle, si elle ne se faisait pas dans un conclave clos, trois cardinaux vérifieront,deconcertavecleCamerlingue,silaclôture est effective, ce dont ils feront dresser un acte public par le maître des cérémonies. Si, dans la suite, il se pro-
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(luisait une ouverture de fait, cela n'annulerait Télcc- 1 qu'au cas où les deux tiers des cardinaux présents lareraient formellement avoir reconnu cette ou- ;ure «.
e soir du 1 S février 187S, le Camerlingue, cardinal ci, eut soin de prendre ses mesures pour que icuation des locaux de la clôture par les étrani se fit de bonne heure. Dès que les cardinaux eu- . assisté au serment des dignitaires du Conclave |uitlé la Sixline, l'architecte présenta au Calingue les clefs au nombre de quatre, dont X furent remises, par le cardinal, au Maré- I. L'ordre avait été donné à la foule d'évacuer ocaux du Conclave vers cinq heures et demie ; toutes les issues avaient été murées, sauf la ide porte de la sala Rogia, au sommet de l'es- •r del tnarescialla. C'est par là que les gardes ses firent sortir la foule. Vers 7 heures, le troîle coup de cloche donna le dernier signal et les 1res des cérémonies circulèrent partout, faisant ndre le cri rituel : Extra omni'.i. Alors, le Maréfcrma les deux serrures extérieures de la porte 1 fit dresser acte par un protonolaire apostoi.Le Camerlingue agit de mi^me au dedans et, en l'ésence.le Préfet des cérémonies rédigea l'acte iel de la clôture. Ces dernières formalités rem- ., le Camerlingue, .accompagné des trois cardi- : que la deraière congrégation pléniëre avait dés à la surveillance de la clôture, fit à la lueur orches, une dernière ronde pour s'assurer que était en ordre,
i dehors de l'unique porte qui se trouvait au haut 'sc&Yier delmaresciallo^\'Gn\vé(iAQ\&Sala Regia,
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il y avait, pour le passage des denrées et de la correspondance officielle, les quatre tours prescrits : l'un à l'entrée ordinaire de la cour de S. Damasc, gardé par les prélats de la Chambre apostolique ; l'autre, du coté du grand escalier qui monte à l'appartement du Pape, confié aux protonotaires ; le troisième, dans l'escalier de l'aile gauche qui conduit à la Salle Ducale, placé sous l'égide des évoques ; le quatrième enfin, du côté de l'atelier des mosaïques, surveillé par les prélats de la Signature.
Après la clôture du Conclave, le souper fut servi, aux cardinaux et à leurs conclavistes, dans leurs cellules respectives et puis, au personnel subalterne, dans un réfectoire commun. On remarqua beaucoup que la soirée se termina dans un silence de retraite bien différent de l'agitation que l'évacuation tardive du palais, par les visiteurs de la dernière heure, entretenait aux précédents conclaves jusque fort avant dans la nuit.
Lorsque les portes du Conclave se ferment, elles emprisonnent en réalité une population beaucoup plus considérable qu'on ne se le figure d'ordinaire. Le soir du 18 février 1878, près de deux cent cinquante personnes se trouvaient ainsi sous les verroux. Chacun des soixante cardinaux avait à son service un secrétaire ecclésiastique et un domestique laïque. Le vieux cardinal-doyen Amat, fort malade, était le seul à user du droit du troisième conclaviste. De ce chef, on ne comptait pas moins de 181 personnes.
Le Sacriste qui remplissait aussi le ministère de
nfcsscur, Mj^r Marînelli de l'ordre dos Augustîns et ■fiquede Porpliyre. était assisté de trois religieux de n ordre, outre lesquels deux frères convcrs étaîenl lécialcraent affectés au service des messes. Le Secrétaire, Mgr Lasagni, avait, comme les autres, n domestique et, de plus, son auditeur et le substit de la secrétairerie de la Congrégation consistoriale, mplissantles fonctions de clerc national llalieD. Six mnltres des cérémonies veillaient à l'ordre inrieur et au bon fonctionnement de tous les servi- Deux médecins, au nombre desquels le célèbre chîirgien Ceccarelli, un frère de S, Jean de Dieu chargé î la pharmacie, constituaient le service sanitaire. Outre les quatre barbiers, le menuisier, le maçon, serrurier, assistés chacun d'un aide, il y avait un trier et un plombier.
Le service des cuisines, installé pour la première is dans le Conclave, était confié à deux chefs d'office, latre cuisiniers et sept garçons. Enfin pour les ailes travaux domestiques, pour tous les services d'or- ■e et de propreté, il y avait vingt-quatre valets (6af/i, scopatores).
Ces 2a0 personnes vivant sous la ni^me clef (conavé) forment une véritable petite paroisse, dont le lus-sacrislc est en quelque sorte le curé. A des jours Sterminés il réunit tous les conclavisles pour cerins exercices de piété : récitation du chapele't et des tantes, exposition et bénédiction du S. Sacrement, lant du Te Deum ou daVrni Crefl(o/-.Ledimancbe,on t une messe pour le personnel laïque, et s'il arrive 1 jour de fôte,on célèbre quelque office spécial, préidé parfois d'une neuvaine ou d'un tridmim, alors
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surtout que le Conclave se prolonge el que Télection devient plus laborieuse.
La direction, la discipline et la police de ce personnel, tout ce qui concerne Tordre intérieur engendrai, relève — on le sait — du Camerlingue et des trois cardinaux Chefs d'ordre qui forment avec lui le pouvoir exécutif. Les divers membres du Sacré Collège se succèdent, dansces fonctions, à tourde rôle, de trois jours en trois jours, et selon Tordre d'ancienneté; et cela de manière à ce qu'il y ait toujours, en môme temps, un cardinal-évèque, un cardinal-prètre et un cardinal-diacre. De là, résulte, durant tout le Conclave, un grand effacement du rôle du Doyen du Sacré Collège. Par contre, le Camerlingue a vu son importance augmenter au dernier Conclave, et vraisemblablement il en sera de môme à Tavenir.
Ses aides et suppléants sont le secrétaire du Conclave et le Préfet des cérémonies. Le premier assiste, chaque soir, à la congrégation particulière des Chefs d'ordre dans laquelle sont traitées toutes les affaires courantes, soient qu'elles viennent à être résolues là immédiatement, soit qu'en raison de leur gravité on les soumette à Tassemblée générale. Le Secrétaire, assisté de ses deux adjoints, veille à Texéculion de toutes les décisions du Directoire exécutif et remplit les fonctions d'un véritable ministre.
Le Préfet des cérémonies reçoit du Camerlingue et de la congrégation directive toutes les instructions relatives à Tordre du service administratif et du matériel. Responsable vis-à-vis du Camerlingue, son autorité s'étend à tous les détails du mouvement domestique et de la direction du personnel. Son rôle est délicat, il exige une grande expérience, beaucoup de
Ivoyancc et une imperturbable présence d'espril. "Ihosc assez étrange ! il n'y a pas de fonclioiinaire ■cialemenl préposé au service économique ci finanr, poinl (l'emploi qui équivale à celui de l'économe du procureur dans les grandes communautés. Les ponsabilitésde ce service se partagent entre le Setairo, le Préfet des cérémonies et le Camerlingue i ne perd pas sa qualité de Pra^fcclus et quaestor %rii, cuslos pecunite publicfE.
\ est vrai que le service des aubsisteaices et foiirnitusefait surtout en dehors de la clôture. A l'intérieur provisions indispensables sont préparées d'avance : :iui pourra devenir nécessaire, dans la suite, sera nandé, apporté, introduit pur les préposés au vice extérieur des « tours ». Jadis, ce soin se pareait entre le Commissaire et le Gouverneur du Qclave,
L)ès le premier jour des not'ff»i(//rt/i, le Camerlingue iignail le Commissaire, qui devait d'abord surveilles travaux du Conclave et examiner les comptes tous les ouvriers et fournisseurs, comptes destinés Lre mis plus tard sous les yeux du Chef de laChani- I apostolique et du futur pape; et puis, il continuait fonctions pendant le Conclave. C'était d'ordinaire, chose assez singulière — l'un des avocats consisiaux auquel était confié ce rôle de comptable et ispecteur. On mettait à sa disposition un apparient à proximité de l'entrée de la clôture. Mais dernier Conclave, le Cardinal camerlingue consi- ■a ce rouage comme inutile. Durant l'interrègne, fonctions du Commissaire furent cwrcées, en :, par l'architecte chargé de la construction du aclave ; et, pendant la période de clôture, elles
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se confondaient avec les attributions du Gouverneur. Ce dernier pourvoyait, en réalité, à tout ce qui pouvait devenir nécessaire au fonctionnement du service intérieur et demeurait, ainsi, dans son rôle ordinaire de Majordome ou de Préfet du palais apostolique.
Hors des portes du conclave le service d'ordre et de surveillance se restreignait, en 1878, à Tenceinte du palais pontifical. On n'avait plus à se préoccuper directement des questions de sécurité et d'ordre public dans Rome. Les « Conservateurs » ou autorités municipales n'avaient plus la garde d'une « Roue ». Des prélats et des évoques exerçaient seuls cette surveillance, à tour de rôle, comme des sentinelles qui se relèvent de faction.
Pour radministration ecclésiastique de la ville, le Cardinal-vicaire prend, avant d'entrer en réclusion, les dispositions convenables et délègue les pouvoirs nécessaires au Vice-gérant, sorte d'évôque auxiliaire ou coadjuleur, qui l'assiste dans l'administration épiscopale du diocèse de Rome. Rappelons, pour mémoire seulement, la procession quotidienne que faisait en temps de conclave, le clergé de Rome. Chaque matin prêtres séculiers, moines et confraternités se réunissaient dans une église voisine du Vatican, plus tard dans la Basilique des XII Apôtres au pied duQuirinal, et de là se rendaient processionnellement au palais, jusqu'à la « Roue » des auditeurs de Rote. Le président du collège des curés de Rome demandait si le pape était fait: Habemus-Jie Pontificeml Sur la réponse négative, la procession s'en retournait à l'église voisine au chant du Veni Creator, C'était là,
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«pour les Romains^ un des spectacles les plus caractéristiques des temps de conclave.
Le soir du 18 février 1878, le Cardinal-vicaire fit afficher, à la porte des églises, une ordonnance portant que, vu Timpossibilité de faire la procession quotidienne, les fidèles étaient engagés à visiter Tune ou l'autre des dix-huit églises dans lesquelles était prescrite l'exposition du Saint-Sacrement. Cette cérémonie qui commençait dès le matin, se terminait le soir par la bénédiction solennelle, le chant des litanies et les prières pro eleclione ponti/icis. Des prières semblables devaient être récitées, à l'issue de l'office du matin, dans toutes les églises paroissiales, collégiales et conventuelles de la ville.
Quantau service d'ordre, à l'entrée ordinaire du Vatican, rien ne fut changé. Les gardes suisses continuèrent à surveiller la Porte de Bronze par laquelle, d'ailleurs, on ne pénétrait que jusqu'à l'appartement du Majordome ou du Maréchal. Le Musée des antiques continua d'être accessible par l'avenue qui longe le jardin ; les custodes et les gendarmes y faisaient leur service habituel.
Tout ce qui concernait l'accès du Palais, la clôture, les « Roues », était placé sous la surveillance et la direction du Prince maréchal et du Majordome exerçant, pour la circonstance, les fonctions de gouverneur du Conclave.
Il y a là, en apparence, un mécanisme compliqué ; mais à Rome tous ces rouages enchevêtrés fonctionnent et les complications n'étonnent ni ne déroutent. Le Maréchal, principalement chargé de surveiller les abords extérieurs, dispose de tout le personnel spécial à cette surveillance ; mais c'est le Majordome