‹ Le concordat de 1801 et les articles organiquesChapitre 13 sur 13 · DE ROMANI PONTIF1CIS INFAL- DU MAGISTÈRE INFAILLIBLE · texte numérisé non relu

DE ROMANI PONTIF1CIS INFAL- DU MAGISTÈRE INFAILLIBLE

LIBILI MAGISTERIO. DU FONTIFE ROMAIN.

Ipso autem Apostolico Que dans la primauté primatu, quem Romanus apostolique sur toute l'É- Pontifex tanquam Pétri glise qui appartient au ponprincipis Apostolorum suc- tife romain comme succescessor in universam Eccle- seur de Pierre, prince des siam obtinet, supremam apôtres, la suprême puisquoque magisterii potesta- sance du magistère soit tem comprehendi , hœc aussi comprise , c'est ce Sancta Sedes semper te- que ce Saint-Siège a tournât, perpetuus Ecclesise jours tenu, ce qui est cerusus comprobat, ipsaque tifié par l'usage constant de œcumenica Concilia, ea l'Eglise, ce qu'ont déclaré imprimis, in quibus Oriens les conciles œcuméniques cum Occidente infidei cha- eux-mêmes, etsurtoutceux ritatisque unionem conve- où l'Orient s'unissait à l'Ocniebat, declaraverunt. Pa- cident dans la communion très enim Concilii Constan- de la foi et de la charité, tinopolitani quarti, majo- En effet, les Pères du quarum vestigiis inhœrentes, trième concile de Constanhanc solemnem ediderunt tinople, marchant sur la professionem : Prima salus trace des ancêtres, émirent est, rectse fidei regulam cette profession solennelcustodire. Et quia non po- le : « Avant tout, le salut test Domini nostri Jesu exige qu'on garde la règle

Christi praptermitti senten- ♦tiadiscentis: Tu esPetrus, et super liane petram aedificabo Ecclesiam meam , haie, quaa dicta sunt, rerum probantur effectibus, quia in Sede Apostolica immaculata est semper catholiea réservât a religio^ et sancta celebrata doctriiia. Ab hujus ergo fide et doctrina separari minime cupientes, speramus, ut in una com- ' munione , quam Sedes Apostolica pra?dicat, esse mereamur, in qua est intégra et vera Christian»

religionis soliditas. Approbante vero Lugdunensi Concilio secundo, Grœci professi sunt : Sanctam Romanam Ecclesiam summum et plénum piïmatum et principatum super universam Ecclesiam catholicam obtinere, quem se ab ipso Domino in beato Petro Apostolorum principe sive

de la vraie foi. Et comme la parole de Notre-Seigneur Jésus-Christ disant : Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, ne peut être vaine, elle a été vérifiée par les faits ; car, dans le siège apostolique,la religion catholique a toujours été conservée immaculée et la saine doctrine toujours enseignée. Désirant donene nous séparer en rien de sa foi et de sa doctrinemous espérons mériter d'être dans cette unique communion que prêche le siège apostolique, en qui se trouve l'entière et vraie solidité de la religion chrétienne. » Avec l'approbation du second concile de Lyon, les Grecs ont professé : « Que la sainte Église romaine a la souveraine et pleine primauté et principauté sur l'Église catholique universelle ,

vertice , eujus Romanus Pontifex estsuccessor,cum potestatis plenitudine récépissé veraciter et humiliter recognoscit ; et sicut prae cseteris tenetur fidei veritatem defendere, sic et, si quae de fide subortse fuerint quaesliones, suodebent judicio definiri. Florentinum denique Concilium definivit : Pontifîcem Romanum, verum ChristiVicarium, totiusque Ecclesise caput et omnium Christianorum patrem ac doctorem existere ; et ipsi in beato Petro pascendi, regendi ac gubernandi universalem Ecclesiam a Domino nostro Jesu Christo plenam potestatem traditam esse.

principauté qu'elle reconnaît, en toute vérité et humilité, avoir reçue avec la plénitude de la puissance du Seigneur lui-même, dans la personne du bienheureux Pierre, prince ou chef des apôtres, dont le pontife romain est le successeur ; etde même qu'elle est tenue plus que toutes les autres de défendre la vérité de la foi, de même, lorsque s'élèvent des questions relativement à la foi, ces questions doivent être définies par son jugement. » Enfin, le concile de Florence a défini : « Que le pontife romain est le vrai vicaire du Christ, la tête de toute l'Église, et le père et docteur de tous les chrétiens, et qu'à lui, dans la personne du bienheureux Pierre, a été livré, par Notre-Seigneur Jésus-Christ, le plein pouvoir de paî-

Huic pastorali muneri ut satisfacerent, Praedecessores Nostri indefessam semper operam dederunt, ut salutaris Christi doctrina apud omnes terras populos propagaretur, parique cura vigilarunt, ut, ubi recepta esset, sincera et pura conservaretur. Quocirca totius orbisAntistites nuncsinguli, nunc in Synodis congregati, longam ecclesiarum consuetudinem et antiqua* régulas formam sequentes , ea prassertim pericula, quœ in negotiis fidei emergebant, ad hanc Sedem Apostolicam retulerunt, ut ibi potissimumresarcirentur damna fidei , ubi fides non potest sentire defectum. Romani autem Ponlifices,prouttemporum et rerum conditio suade-

tre, de régir et de gouverner TÉglise universelle.

Pour remplir les devoirs de cette charge pastorale, nos prédécesseurs ont toujours ardemment travaillé à propager la doctrine salutaire du Christ parmi tous les peuples de la terre, et ils ont veillé avec une égale sollicitude à la conserver pure et sans altération partout où elle a été reçue. C'est pourquoi les évêques de tout Punivers, tantôt dispersés, tantôt assemblés en synodes, suivant la loague coutume des Églises et la forme de l'antique règle, ont toujours eu soin de signaler à ce siège apostolique les dangersquiseprésentaient, surtout dans les choses de foi, afin que les dommages causés à la foi trouvassent leur souverain remède là

bat, nunc convocatis œcumenicisGonciliis aut explorata Ecclesiae per orbem dispersae sententia, nunc per Synodos particulares, nunc aliis, quaa divina suppeditabat providentia, adhibitis auxiliis, ea tenenda definiverunt , quse sacris Scripturis et apostolicis Traditionibus consentanea Deo adjutore cognoverant.

Neque enim Pétri successoribus Spiritus Sanctus promissus est, ut eo révélante novamdoctrinam patefacerent, sed ut eo assistente traditam per Aposto los revelationem seu fidei depositum sancte custodirent et fideliter exponerent . Quorum quidem apostolicam doctrinam omnes venerabiles Patres amplexi et sancti Doctores orthodoxi venerati atque secuti sunt ; plenissime scientes, hanc sancti Pétri Sedem

où la foi ne peut éprouver de défaillance.

De leur côté, les pontifes romains, selon que leur conseillait la condition des temps et des choses, tantôt en convoquant des conciles œcuméniques , tantôt en consultant l'Église dispersée dans l'univers, tantôt par des synodes particuliers, tantôt par d'autres moyens que la Providence leur fournissait, ont défini qu'il fallait tenir tout ce que, avec l'aide de Dieu, ils avaient reconnu conforme aux saintes Écritures et aux traditions apostoliques. En effet , aux successeurs de Pierre le Saint-Esprit ne fut pas promis pour qu'une nouvelle doctrine révélée par lui fût publiée par eux, mais afin que, par eux, grâce à son assistance, la révélation transmise par les apôtres

ab omni semper errore ou le dépôt de la foi fût . illibatampermanere,secun- gardé saintement et exposé dumDominiSalvatorisnos- fidèlement. Tous les vénétri divinam pollicitationem rables Pères ont effectivediscipulorum suorum prin- ment embrassé, et les saints cipi factam : Ego rogavi docteurs orthodoxes ont prote, ut non deficiat fides vénéré et suivi leur doctua, et tu aliquando con- trine apostolique, sachant versus confirma fratres parfaitement que ce siège tuos. de Pierre reste toujours

exempt de toute erreur, selon cette divine promesse du Maître notre Sauveur, faite au prince de ses disciples : « J'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas ; et toi, lorsque tu seras converti, confirme tes frères. »

Hoc igitur veritatis et Cette grâce de la vérité fidei nunquam deficientis et de la foi qui ne faillit pas charisma Petro ejusque in a été divinement accorhac Cathedra successori- dée à Pierre et à ses sucbus divinitus collatum est, cesseurs dans cette chaire, ut excelso suo munere in pourqu'ilsremplissent leur omnium salutem fungeren- haute charge pour le salut tur; ut universus Christi de tous, afin que par eux grex per eos ab erroris tout le troupeau du Christ,

venenosa escaaversus, cœlestis doctrina? pabulo nutriretur, ut sublata schismatis occasione Ecclesia tota una conservaretur, atque suo fundamento innixa firma adversus inferi portas consisterez

At vero cum hac ipsa œtate, qua salutifera Apostolici muneris efficacia vel maxime requiritur, non pauci inveniantur, qui illius auctoritati obtrectant; necessarium omnino esse censemus, prœrogativam, quam unigenitus Dei Filius cum summo pastorali officio conjungere dignatus est, solemniter asserere.

Itaque Nos traditioni a fidei Christianse exordio perceptœ fideliter inhaerendo, ad Dei Salvaloris nostri gloriam, religionis catholicae exaltationem et

tenu loin des pâturages empoisonnés, eût pour nourriture la doctrine céleste ; et que, l'occasion de schisme étant enlevée, toute l'Église demeurât une,etque,appuyéesur son fondement, elle résistât inébranlablement aux portes de l'enfer.

Mais parce que, dans le temps même où nous sommes, ce temps où plus que jamais la salutaire efficacité du pouvoir apostolique est nécessaire, on trouve, et non en petit nombre, des hommes qui combattent son autorité, nous jugeons tout à fait nécessaire d'affirmer solennellement la prérogative que le Fils unique de Dieu daigna joindre à Foffice suprême de pasteur. C'est pourquoi nous attachant fidèlement à la tradition reçue dès l'origine de la foi chré-

Christianorum populorum tienne, pour la gloire de ♦ salutem, sacro approbante Dieu notre Sauveur, pour Concilio, docemus et divi- l'exaltation de la religion nitusrevelatumdogmaesse catholique, pour le salut definimus : Romanum Pou- des peuples chrétiens, avec tificem, cum ex Cathedra lo- l'approbation du saint conquitur, id est, cum omnium cile, nous enseignons et Christianorum Pastoris et définissons que c'est un Doctoris munere fungens, dogme révélé de Dieu: Que pro suprema sua Apostoliea lorsqu'il parle ex catheauctoritate doctrinam de fide dra, c'est-à-dire que lorsvel moribus ab universa que, remplissant l'office de Ecclesia tencndam définit, pasteur et docteur de tous per assistentiam divinam, les chrétiens, le Pontife ipsi in beato Petro promis- romain, en vertu de sa sam, ea infallibilitate pol- suprême autorité apostolique, quadivinus Redemptor que, définit qu'une doc- Ecclesiam suam in défi- trine touchant la foi et les nienda doclrina de fide vel mœurs doit être crue par moribus instructant esse vo~ toute l'Eglise, jouit pleineluit; ideoque ejusmodi Ro- ment, par l'assistance dimani Pontificis definitiones vine qui lui a été promise ex sese, non autem ex con- dans la personne du biensensu Ecclesiœ irreformu- heureux Pierre, de cette biles esse. infaillibilité dont le divin

Rédempteur a voulu que son Église fût pourvue en définissant la doctrine tou-

chant la foi ou les mœurs; et, par conséquent, ces définitions du Pontife romain, par elles seules, et non pas en vertu du consentement de TÉglise, sont indéformables.

Si quis autem huic Nos- Que si quelqu'un, ce qu'à

trse definitioni contradi- Dieu ne plaise, avait la té-

cere, quod Deus avertat, mérité de contredire notre

prœsumpserit ; anathema définition ; qu'il soit ana-

Datum Romse in publica Donné à Rome, en ses-

Sessione in Vaticana Basi- sion publique célébrée so-

lica solemniter celebrata lennellement dans la basi-

anno Incarnationis Domi- lique Vaticane, l'an de

nicse millesimo octingen- l'Incarnation du Seigneur

tesimo septuagesimo, die mil huit cent soixante-

decima octava Julii. dix, le dix-huitième jour de

Pontificatus Nostri anno juillet, de notre pontificat

vigesimo quinto. l'année vingt-cinquième.

Ita est. C'est ainsi.

sit.

thème.

Josephus,

Joseph,

Episcopus S. Hippolyti; secretarius Concilii Faticani.

Evéque de Saint-IIippolytc, secrétaire du Concile du Vatican.

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